"C'est ma plus belle victoire de la saison". Max Van Heeswjk peut faire de l'humour. Après des mois d'attente et de doutes, le Hollandais a enfin vaincu le signe indien. Chez lui, aux Pays-Bas, il a enlevé jeudi sa toute première victoire de l'année. La plus belle, donc, forcément... La saison dernière, à pareille époque, il avait déjà épinglé une dizaine de succès.
Le mot libération ne lui semble donc pas trop fort pour exprimer son sentiment. "Cela faisait longtemps que j'attendais ce moment, mais je peux désormais en profiter pleinement", soupire le coureur de la Discovery Channel, par ailleurs très reconnaissant envers son équipe. "Je leur dois beaucoup, avoue-t-il. Ils ont été formidable. Johan va certainement m'appeler. Lance aussi, peut-être. Il m'enverra sûrement un sms."
"J'ai connu une terrible période"
Un soulagement à la hauteur des tourments de ces derniers mois. "Au début de la saison, ça allait bien, mais bien vite, tout a basculé , raconte-t-il. A Gand-Wevelgem, je n'en pouvais plus mentalement. Après 25 km, je pleurais sur mon vélo et j'ai abandonné." Physiquement, tout allait bien. Mais des problèmes de couple ont énormément perturbé le natif de Hoensbroeck. Max et sa femme, Mélanie, se sont séparés fin 2004. Une rupture dont ce garçon hyper-sensible a eu de mal à se relever.
"J'ai connu une terrible période, poursuit MVH. Et quand la tête ne va pas, les jambes ne tournent pas non plus. Vous devez rouler, vous roulez beaucoup, mais vous pensez toujours à autre chose. Je me suis plus entraîné cette saison sans résultat que l'an passé et pourtant les succès s'enchaînaient alors. Quand votre mental n'est pas au mieux, vous n'êtes nulle part. Même si vous avez la volonté, le corps ne suit pas."
Au début du printemps, Van Heeswijk n'était plus que l'ombre d'un professionnel. Ses meilleurs amis dans le peloton, Erik Dekker ou encore Servais Knaven, ont dû le secouer à plusieurs reprises pour qu'il reparte à l'entraînement. Max navait plus goût à rien, et certainement pas au vélo. "Seul, chez moi, je devenais fou, j'avais envie de me taper la tête contre les murs", confesse-t-il.
"Vivre au jour le jour"
Il lui aura fallu près de six mois pour que son corps se remettre à suivre sa volonté. "Vous dépendez de plusieurs facteurs. Nous ne sommes pas des machines", dit-il encore en s'excusant presque. En arrivant sur le Tour du Benelux, Van Heeswijk a retrouvé, pour la première fois, des sensations de vainqueur: "J'avais de bonnes jambes et compte tenu du bon prologue disputé la veille, ça m'a donné des ailes".
A nouveau menaçant, Max aborde la suite avec l'esprit apaisé. "Je vais à présent vivre la course au jour le jour. Avant que la bataille ne reprenne dès vendredi, je souhaite avant toute chose profiter pleinement de ce moment merveilleux", affirme le Batave. Je veux finir très bien la saison, notamment en pensant au Mondial de Madrid. Ça a mis longtemps avant de venir, mais maintenant, j'espère que la série est partie." Quelque chose lui dit qu'il n'aura pas à attendre aussi longtemps, cette fois...
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