L'entrée des poids lourds

L'entrée des poids lourds
le 02/08/2012 à 23:38

Dur, dur de s'y repérer dans le programme sans fin de la journée olympique ? Pas de panique. Tous les matins, la rédaction d'Eurosport.fr vous proposera son "menu du jour" pour aller à l'essentiel. Tous les jours, une star, un Français, une bonne question, une carte postale de Londres et un focus sur l'athlète le plus "tweeté" du moment. Service compris. "Enjoy your meal."

LE FRANÇAIS A SUIVRE : TEDDY RINER (JUDO)

Par Philippe Da Costa

Après six jours de judo, un titre et cinq médailles de bronze pour le clan français, la cerise sur le tatami est attendue ce vendredi avec Teddy Riner chez les +100 kg. Un candidat à l’or olympique, rien d'autre. Même une médaille d'argent serait considérée comme un échec pour le judoka de 23 ans. Vous avez dit pression? Oui, sans doute. Mais peut-il en être autrement quand on domine outrageusement sa discipline depuis des années? Que l'on est quintuple champion du monde et que l'on a remporté 73 de ses 74 derniers combats? Non évidemment. Ce curriculum vitae n'appelle que le titre et c'est d'ailleurs ce que Riner est venu chercher sur les bords de la Tamise. "Je n'ai qu'une seule mission: décrocher le titre olympique, explique-t-il sur le site du Point ce jeudi. Il n'y a que cela qui compte et je n'ai rien d'autre en tête."

Il y a quatre ans, à Pékin, le Français n'avait pas 20 ans. Il faisait déjà figure de favori mais il avait buté sur l'Ouzbek Tangriev au troisième tour, pénalisé pour sa non-combativité. Une erreur de jeunesse dira-t-on qui lui avait valu une médaille de bronze et une très grosse déception. Cette fois, il doit en être autrement. Et Riner devra, au contraire de sa compatriote Gévrise Emane, éviter de faire un blocage. Qu'il n'y ait pas d'effet Jeux Olympiques sur lui. A l'écouter, c'est plutôt l'esprit de revanche qui l'anime "Tout ce que j'ai fait depuis 2008 n'a été rythmé que par cet objectif ultime, dit-il. Et tout se jouera le 3 août ! Sur une seule et unique journée, je mets sur la table les quatre dernières années que j'ai passées à me préparer."

Le natif des Abymes a donc plus à perdre à Londres. Mais il a aussi beaucoup à gagner comme devenir le premier judoka champion olympique français depuis David Douillet. S'il est son principal ennemi, il trouvera sur son chemin deux, trois judokas coriaces, prêts à tout pour le faire tomber. L'Allemand Andreas Toelzer (n°2 mondial), qui a déclaré s'être préparé "spécialement pour affronter Riner en finale" ou encore le Russe Alexander Mikhaylin, champion d'Europe en son absence, et dont on sait qu'il ne l'apprécie guère. En attendant, le premier combat du Français sera face au Polonais Janusz Wojnarowicz, 32 ans et médaillé de bronze aux championnats d'Europe depuis trois ans. En langage Riner, on appelle ça du menu-fretin.



LA STAR DU JOUR : SHELLY-ANN FRASER-PRYCE (JAMAÏQUE - ATHLETISME)

Par Maxime DUPUIS

Le rapprochement est tentant et inévitable. Usain Bolt - Shelly-Ann Fraser-Pryce. Roi et reine de Pékin en 2008, impériaux à Berlin un an plus tard, les deux bombes jamaïcaines sont tombées de leur piédestal à Daegu, l'année dernière aux Championnats du monde. 2012 sonne donc comme l'année de la reconquête pour le géant (1,96m) et la petite (1,57m), ex-patronne du sprint, redevenue la fille la plus rapide de la meute au début de l'été, quand elle a remporté les sélections jamaïcaines en 10''70. Un nouveau record national qui lui a permis, accessoirement, de devenir la quatrième sprinteuse la plus rapide de l'histoire derrière Florence Griffith-Joyner, Carmelita Jeter et Marion Jones.

A 25 ans, la première jamaïcaine sacrée lors d'un 100 mètres olympique arrive donc à Londres - où elle entamera la défense son titre dès ce matin -  avec la pancarte de favorite. Et l'envie de définitivement tourner la page d'un contrôle positif à l'oxycodone, analgésique dont elle s'était servie pour calmer une rage de dents. Oubliant de le signaler à l'IAAF et aux autorités compétentes, elle a été attrapée à Shanghai en mai 2010 et avait dû purger une suspension de six mois qui lui a sans doute coûté les Mondiaux l'année suivante (4e). Shelly-Ann Fraser-Pryce a retenu la leçon et, surtout, assumé sa faute.

"Je suis une athlète professionnelle et je suis censée montrée l'exemple. Par conséquent, c'est à moi de prendre la responsabilité de ce que j'ai fait", expliquait-elle à son retour à la compétition. Depuis, "Pocket rocket" s'est remise à travailler. Comme toujours. Chez elle, c'est un leitmotiv. La Jamaïcaine n'est pas née avec une cuillère d'argent dans la bouche. Elevée par sa mère qui a toujours veillé à ce que ses rejetons ne franchissent pas la ligne jaune, Shelly-Ann Fraser-Pryce se veut à son tour un exemple pour la population jamaïcaine. Ambassadrice de l'UNICEF, elle sait que le message passera nettement mieux avec de l'or autour du cou.



LA QUESTION : LA TABLE DE COTATION, C'EST QUOI ?

Par Maxime DUPUIS

Une semaine après la superbe cérémonie d'ouverture des Jeux, le Stade Olympique rouvre ses portes pour l'athlétisme. Dès ce matin, entre les séries du 100 mètres féminin et les qualifications du lancer du poids, les filles de l'heptathlon vont commencer à en découdre. Qui succédera à Nataliya Dobrynska, sacrée aux Jeux Olympiques 2008 ? Pour le savoir, il faudra patienter jusqu'à dimanche soir et sortir les calculettes. Comme pour le décathlon, les positions et les classements se calculent à l'aide d'une table de cotation qui "transforme" les temps, les distances et les hauteurs en points.

Cette table, qui a évolué au fil du siècle dernier, compare les performances. Le principal écueil tient au poids donné à chacune des prouesses de ces athlètes herculéens. En 1985 notamment, il a fallu modifier les barèmes car les performances réussies dans certaines épreuves avaient rendu le barème caduc. Aujourd'hui, en décathlon, un coureur qui courrait aussi vite que le record du monde de Bolt sur 100 mètres (9''58) marquerait 1202 points. Les 8,95m de Mike Powell en saut en longueur valent 1312 points. Evidemment, aucun décathlonien n’approche les marques des ultra-spécialistes.

LA CARTE POSTALE DE L'ENVOYE SPECIAL

Par François-Xavier RALLET

Il fallait une pincée de courage et beaucoup d'amour pour la balle orange pour assister au match entre la France et la Lituanie, jeudi matin. Tôt. Très tôt. 9h, heure locale. A Londres, les nuits sont courtes, mais les JO n'ont lieu que tous les quatre ans, alors on en profite. A fond. On dormira plus tard. Les vacances sont faites pour ça. Pour se rendre à la Basketball Arena, je monte donc à bord du "Javelin" vers 8h05, ce train qui relie la gare de St Pancras/King's Cross au parc olympique en six minutes chrono.

Moins impressionné à mon arrivée dans la salle que la première fois, lors de France-Etats-Unis, je m'installe en tribune de presse. Les joueurs s'échauffent. Le public est déjà bien chaud. Le speaker a visiblement pris de la vitamine C en intraveineuse. A majorité lituanienne, l'Arena a déjà choisi son camp. Derrière moi, deux journalistes "vert et jaune". Je comprends rapidement que la partie ne va pas être si plaisante que ça. Tout en retenue, le duo est à l'image de leurs compatriotes supporters : bruyant !

Cela me donne une bonne occasion de parler de mes confrères étrangers présents à Londres. Dès la cérémonie d'ouverture, j'ai pu me rendre compte que certains d'entre eux avaient plus de mal à rester éveillés. Nos amis asiatiques, par exemple, décalage oblige, se permettent dès qu'ils le peuvent une petite sieste. N'importe où. J'en ai même vu un dormir debout au Media Press Center ! Nos voisins espagnols se croient souvent tous seuls dans les transports réservés aux médias et la légende qui veut qu'ils parlent fort n'en est pas une. Même chose pour les Russes et les Ukrainiens, qui semblent vendre du poisson frais dès qu'ils ouvrent la bouche. Et puis il y a les Français. Toujours souriants. Aimables. Polis. Parfaits. Comme d'habitude. Bah quoi ?



UN SOUVENIR DES JEUX :

Erwann Le Péchoux: "Ce sont surtout des souvenirs d'enfant, devant ma télé. Les Jeux, je les suis depuis que je suis tout petit, parce que j'adore le sport. Surtout les cérémonies d'ouverture. A chaque fois, ça me donnait vraiment envie de connaitre ça un jour. Mais paradoxalement, depuis que je suis devenu athlète de haut niveau et que j'ai découvert les Jeux de l'intérieur, je suis moins bluffé par la performance sportive. Mon regard a changé. Je suis toujours fan de sport et admiratif devant ce que peuvent faire les autres, mais j'y attache moins d'importance. Les deux Jeux auxquels j'ai participé, j'étais tellement concentré sur mon truc qu'en dehors de ma discipline, je ne retiens pas de truc vraiment fort."



LE BUZZODROME

C'est le grand jour de Teddy Riner et son nom revient comme par hasard en force sur Twitter. Le judoka français s'installe confortablement sur podium de notre application Twitter avec Tony Parker. Sur le plan international, Michael Phelps, qui vient de marquer encore l'histoire de la natation et des Jeux, dépasse ses homologues de la Team USA en basket, qui animent cependant la toile après leur démonstration historique contre le Nigéria.

A SUIVRE CE VENDREDI SUR NOTRE SITE

Forcement, Teddy Riner va attirer une grande partie des regards. Il va commencer sa quête à 10h30 et devrait être sur le tatami vers 17h10 pour la finale si tout se passe normalement. Mais ce n'est pas la seule attraction de cette journée. L'athlétisme entre ainsi en piste. Dès 11h40, Myriam Soumaré et Véronique Mang seront dans l'arène pour les séries du 100 mètres dames. Deux finales seront mêmes déjà à l'ordre du jour : le lancer du poids messieurs et le 10 000 m féminin (22h25). En sports collectifs, les filles reviennent. En basket, elles chercheront une quatrième victoire contre la Grande-Bretagne (21h).

En hand, les Bleues devront se méfier de la Corée du Sud, qui a accroché la Norvège (27-27) et partage en leur compagnie la première place du groupe. Et en football, les filles de Bruno Bini n'ont plus le droit à l'erreur avec un quart de finale contre la Suède (13h). Dans l’après-midi, le central de Wimbledon sera aussi au centre des attentions avec les demies du simple à partir de 13h00 (Federer-Del Potro suivi de Djokovic-Murray) et celles du double avec les deux paires françaises (Tsonga-Llodra et Benneteau-Gasquet) dès 13h30. Dans le bassin de l'Aquatic Center et en soirée, il faudra suivre les finales d’Alexianne Castel (20h30), Coralie Balmy (20h45), Florent Manaudou (21h09) et bien sûr celle de Michael Phelps (20h38)…

Dish of the day
Dish of the day

Tous les matins à l'aube, la rédaction d'Eurosport.fr vous propose son menu du jour en faisant le tri dans le gargantuesque menu olympique : quelle star suivre, quel Français célébrer, quel sport découvrir. On compte sur vous pour réagir...