Tous les matins à l'aube, la rédaction d'Eurosport.fr vous propose son menu du jour en faisant le tri dans le gargantuesque menu olympique : quelle star suivre, quel Français célébrer, quel sport découvrir. On compte sur vous pour réagir...
Phelps et Emane : nos suggestions du jour
Dur, dur de s'y repérer dans le programme sans fin de la journée olympique ? Pas de panique. Tous les matins, la rédaction d'Eurosport.fr vous proposera son "menu du jour" pour aller à l'essentiel. Tous les jours, une star, un Français, une bonne question, une carte postale de Londres et un focus sur l'athlète le plus "tweeté" du moment. Service compris. "Enjoy your meal."
LA STAR DU JOUR : MICHAEL PHELPS
Par William-Alexandre PROUST
Michael Phelps est déjà dans la légende des JO. Avec ses 14 sacres, il est déjà l'athlète le plus titré de son histoire. Mais ce mardi, le nageur américain a l'opportunité d'égaler puis dépasser le record de breloques olympiques détenu jusqu'à présent par la gymnaste soviétique Larisa Latynina, médaillée 18 fois entre 1956 et 1964. Avant le 200m papillon (finale à 20h49) et le relais 4x200m (série à 12h02) de ce jour, le compteur de Michael Phelps culmine à 17 récompenses. Il aurait déjà pu rattraper la gymnaste mais sa campagne a débuté par une déconvenue, vendredi, sur 4x100m quatre nages.
"Juste une course de m...", lâchait-il, "frustré", après n'avoir accroché que la quatrième place. Dimanche, s'il n'a pas remporté un quinzième titre olympique au détriment de la France en relais 4x100m nage libre, il a tout de même glané une médaille d'argent. Sa toute première, curieusement, puisqu'il n'avait connu que l'or et le bronze depuis les jeux d'Athènes 2004.
Le 200m papillon, son premier rendez-vous du jour, est sa distance de prédilection, et il pourrait décrocher un troisième titre olympique sur la distance, ce qui ferait de lui le seul nageur de l'histoire à réaliser pareil exploit. Deux nageuses l'ont néanmoins déjà fait: l'Australienne Dawn Fraser (100m nage libre entre 1956 et 1964) et la Hongroise Krisztina Egerszegi (200m dos entre 1988 et 1996).
Lundi matin, Phelps a donné l'impression de s'économiser en séries du 200m papillon, épreuve dont il est également quintuple champion du monde. Cinquième temps en 1'55"53 : de quoi rester prudent même si le nageur de Baltimore se justifiait par un léger manque de sommeil. "Je me suis couché assez tard hier soir (NDLR: dimanche) et il fallait mettre cette nuit derrière moi. Mais je suis plutôt content de ma course et c'est tout ce qui compte", assurait-il en milieu de journée. Le soir, en demie, il a gagné exactement une seconde.
Sauf cataclysme, le record de Larisa Latynina devrait tomber cet été. Peut-être pas dès ce mardi, mais il restera encore le 200m quatre nages jeudi, le 100m papillon vendredi puis le relais 4x100m quatre nages samedi. Pour l'anecdote, le troisième athlète le plus médaillé est également un gymnaste soviétique (Nikolay Andrianov avec 15 breloques). Suivent, avec 13 médailles, l'escrimeur italien Edoardo Mangiarotti et... le gymnaste soviétique Boris Shakhlin.
LA FRANÇAISE DU JOUR : GEVRISE EMANE
Par Hadrien HIAULT
Pour ne rien vous cacher, le choix du Français du jour a été cornélien. Tony Estanguet en C1 ou les relayeurs du 4x200m en natation ont de solides chances de décrocher une médaille aujourd'hui. Mais Gévrise Emane, qui pourrait donner au judo français sa première médaille d'or des JO, possède une singularité et une histoire qui valent aussi le coup d'être mis en avant.
En 2008 à Pékin, la jeune fille de 25 ans n'avait pourtant fait qu'un petit tour, battue pour son entrée dans la catégorie -70kg. Un vrai traumatisme pour la championne d'Europe et du monde 2007 qui nourrissait beaucoup d'espoirs. Après cet échec, elle en a profité pour se remettre en question. Mais aussi pour changer de catégorie. Une évolution rendue nécessaire aussi par la montée chez les -70kg de la grande Lucie Décosse. Gévrise Emane a, elle, choisi de faire l'inverse et de passer en -63kg. Un pari audacieux et risqué qui n'a pas payé tout de suite. En 2009, elle échouait aux Mondiaux de Rotterdam. Mais elle a insisté et a finit par retrouver les honneurs avec plusieurs victoires en tournoi du Grand Chelem en 2010 et un nouveau titre européen en 2011. Dans la foulée, elle le titre mondial et un statut de judokate à battre.
Depuis le début de l'année, elle concentre tous ses efforts sur les JO mais a dû renoncer au Tournoi de Paris, victime d'un problème de santé. Mais elle a conservé son titre de championne d'Europe en avril dernier. Idéal pour faire le plein de confiance avant les Jeux, le seul titre qui manque encore à son palmarès. "Il ne faut pas oublier que les Jeux, c'est une fête avant tout, lance-t-elle avant de poursuivre. Bien sûr, j'ai envie d'y participer mais pas que... Je veux gagner." Quatre ans après son échec pékinois, l'histoire bégaye. Elle se présente une nouvelle fois avec les titres continentaux et mondiaux en poche. Mais à tout juste 30 ans - elle les a eus le 27 juillet -, Emane n'a plus de temps à perdre. Elle n'aura peut-être plus d'autres occasions de décrocher l'or olympique.
LA QUESTION : COMMENT GAGNER UN COMBAT DE JUDO ?
Par Stéphane VRIGNAUD
Si vous avez prévu d'assister aux combats masculins (-81 kg) et féminins (-63 kg) du jour, sans être un spécialiste du judo, voici quelques clefs pour comprendre, de visu, sur quoi se joue un combat, qu'il soit court ou à rallonge. En fait, il est impossible de gagner un combat sans faire du judo. Son judo. Le postulat de la victoire passe par une bagarre de chiffonniers pour poser ses mains comme on l'aime sur le kimono adverse. Mais "prendre sa garde", c'est dans l'idéal empêcher le rival d'en faire autant. Une main sur un col, une autre sur la manche opposée pour que tout commence. Ce travail de sape explique des débuts de combat pas très beaux. Pour user, on peut aussi amorcer des balayages pour suggérer à l’autre une faille dans son équilibre. Au pire, c'est toujours un coup parti dans un tibia, une cheville.
Lorsqu'on contrôle enfin le haut de l'adversaire, il faut attaquer sans délai pour miser sur l'effet de surprise, profiter de tous ses atouts. Et y retourner, inlassablement. Les "reprises de garde" sont des moments forts, propices. Question mental, le combattant pense souvent à son "spécial", le mouvement qu'il aime le plus et réussit le mieux. Parfois jusqu'à l'obsession. Heureusement, le feu de l'action crée des opportunités variées. Après, c'est chacun son style : on peut préférer l'attaque ou provoquer la faute par feinte, faire "action-réaction". Etre capable d'esquiver une attaque pour riposter de façon définitive s’appelle "l'attaque dans l'attaque" ; un instant jubilatoire.
Et puis quand l'horloge tourne, la fatigue pointe et il faut aussi savoir filouter : lancer une ou deux fausses attaques sans exaspérer l'arbitre, le tromper en suivant au sol sans véritablement vouloir immobiliser ou étrangler. Se rhabiller pendant un temps mort. Dans ces moments, il faut encore plus écouter le coach non loin de là ; il est la part de lucidité qu'on a perdue sur le tapis.
LA CARTE POSTALE DE L'ENVOYE SPÉCIAL
Par François-Xavier Rallet
Moby Dick, ça vous parle? Vous savez, cette fameuse baleine, sortie de l'imagination de l'auteur américain Herman Melville au milieu du dix-neuvième siècle. Et bien, il semble que l'architecte anglo-irakienne, Zaha Hadid, s'en soit inspirée pour concevoir... le bassin olympique. Dimanche soir, j'ai assisté à la session nocturne à l'Aquatics Center, au Parc olympique. Ce fameux soir où Camille Muffat a dézingué la concurrence sur 400m et où Ryan Lochte a subi la foudre de Yannick Agnel. J'arrive donc à la piscine avec l'espoir de prendre une claque comme lors du France-Etats-Unis à la Basketball Arena. Je ne suis pas déçu. Enfin... comment dire ? Quand on prend place et qu'on prend conscience de ce qui nous entoure, la sensation est étrange. A la limite du désagréable. Vertigineuse.
Les deux tribunes, qui contiennent 9000 places chacune, montent jusqu'au ciel. On a l'impression d'être assis à des kilomètres du bassin. Certains observateurs ont émis quelques critiques, notre consultante Sophie Kamoun notamment. Je partage son avis. Si vous avez la chance de venir voir de la natation à Londres, n'oubliez surtout pas vos jumelles. Conseil d'ami. Et puis, il y a ce toit courbé. Ce ventre de baleine qui empêche les deux tribunes de se voir, de se répondre. Et surtout d'avoir une vue d'ensemble sur la piscine (bassin et plongeon réunis). Enfin, il y a cette impression d'avoir été avalé par le mammifère. Il faut quelques minutes pour s'y habituer. De prime abord, ça peut paraître bizarre, mais on s'y fait finalement.
UN SOUVENIR DES JEUX :
Nikola Karabatic (Handball)
"On a gagné beaucoup de titres avec cette équipe, mais rien n'est plus fort que notre titre olympique à Pékin. Parce que nous avions vécu comme une grande frustration notre défaite en quarts de finale en 2004. Parce que les Jeux, c'est à part. On a partagé tout ça ensemble au Village Olympique. La Marseillaise, sur le podium, c'était incroyablement fort. Je pense que c'est quelque chose qui dépasse tout le reste."
LE BUZZODROME : AGNEL FAIT LE BUZZ
Au lendemain de sa victoire en finale du 4x100 mètres nage libre, Yannick Agnel a récidivé lundi en finale du 200 mètres nage libre. Pas étonnant donc que le Niçois soit en tête de notre classement des sportifs olympiques cités sur Twitter, Le premier double médaillé d'or français de la natation devance un autre nageur, Camille Lacourt. Le Marseillais fait le buzz pour sa contreperformance en finale du 100 mètres dos. Enfin le basketteur Tony Parker complète le podium, le jour du deuxième match des Bleus aux JO.
A SUIVRE SUR NOTRE SITE AUJOURD'HUI
Tous les jours, de la première à la dernière seconde de compétition, vous êtes informés de l'ensemble des épreuves dans notre multiplex quotidien. Dès mardi matin, ne ratez pas les débuts des purs sangs avec les séries du 100 mètres nage libre (10h00). Une heure plus tard, c'est le retour des relais avec les séries du 4x200 mètres nage libre (11h02). En début d'après-midi, Tony Estanguet peut écrire l'histoire devenant le premier français triple champion olympique en C1 (13h30: demi-finale, 15h06: finale). En judo, Gévrise Emane, tenante du titre mondial dans sa catégorie (-63 kg), est la grande favorite du tournoi (10h37). Du côté de Wimbledon où se déroule le tournoi olympique, Gasquet et Tsonga sont de retour. Le premier ouvre la journée face à Marcos Baghdatis (11h30). Le second joue contre le Canadien Miloas Raonic (12h). Ce mardi, retour également des équipes de France masculines de sport collectif. Avec deux belles affiches face à l'Argentine. Pour les basketteurs, battus par les Etats-Unis dimanche, il s'agit de réagir (21h). Les handballeurs, bien entrés dans leur tournoi, prennent le relais (22h15). Chez les féminines, les footballeuses affrontent la Colombie (18h15). Des matches à suivre en direct commenté.























