Etes -vous heureux de la composition de votre équipage en 2010, avec Franck Montagny et Nicolas Minassian ?
S.S. : On a déjà fait Le Mans ensemble en 2002 (ndlr: dans une Dallara-Judd) et on se connaît depuis l'âge de 12 ans. On est très potes depuis toujours et c'est sympa de se retrouver tous les trois. Je suis très heureux d'être avec ces deux gars qui sont des mecs géniaux, qui vont très vite et qui roulent avec la tête. L'endurance c'est notre vie, pas seulement une course dans l'année, et c'est pareil pour toute l'équipe. Nous avons la chance de piloter pour Peugeot et c'est fabuleux !
La pression est-elle plus grande, après le doublé de 2009 ?
S.S. : Depuis trois ans, on est montés en puissance. Ce doublé de 2009 était génial pour l'équipe, il a donné encore plus de motivation à tout le monde. Les mécanos se sont libérés, travaillent encore plus sereinement. Il y a toujours une grosse pression mais elle est habituelle, quand on roule pour un grand constructeur. C'est une pression qui fait avancer, qui fait qu'on se dépasse, qu'on donne le maximum. C'est une très bonne équipe, comme une famille, et ça fonctionne plutôt pas mal. On va continuer comme ça et essayer d'être encore très forts au Mans cette année.
Quel rôle va jouer le nouveau règlement ?
S.S. : En fait, chaque fois qu'on bride un peu plus les moteurs diesel, en libérant un peu plus les moteurs essence, Peugeot travaille énormément sur tous les points techniques, les réglages, l'aérodynamique et le moteur. On va perdre plusieurs secondes au tour au Mans, mais ce sera pareil aussi pour Audi, donc l'important c'est qu'on travaille mieux qu'eux et qu'on soit encore devant cette année. A Spa (ndlr: début mai, pour les 1000 Km), on aura une bonne idée de la performance des Audi, et de ce qui peut se passer au Mans.
La 908 est-elle en bout de développement ?
S.S. : Ce qui est surprenant avec la 908, c'est qu'elle a encore beaucoup progressé. J'ai fait deux rallyes cet hiver (ndlr: le Var et le Monte-Carlo), donc pas beaucoup de séances d'essais dans la 908, mais quand je suis remonté dans la voiture j'ai vu qu'il y avait eu des petites évolutions partout. La balance est encore plus efficace, la voiture dégrade encore moins les pneus. Peugeot n'arrête pas de bosser, c'est comme un bulldozer.
Les voitures à moteur essence pourront-elles jouer la victoire ?
S.S. : Les Lola Aston-Martin étaient déjà très rapides en 2009 et là elles vont encore gagner 30 à 40 CV (ndlr: grâce à de nouvelles brides d'admission, le nouveau règlement visant à diminuer l'avantage des moteurs diesel), donc ça va être très dur d'aller les chercher en ligne droite. Il n'y a pas de gros constructeur engagé avec une voiture à moteur essence, comme Peugeot et Audi, sinon ça ferait très mal. Ce sera encore mieux pour le spectacle, pour la magie du Mans.



Eurosport




















