Que s'est-il passé entre les 6 Heures d'Imola et les 6 Heures de Silverstone ?
Bruno Famin : Malgré la période de congés nous avons maintenu une activité permanente chez Peugeot Sport en réalisant, entre autre, cinq séances d'essais, à Montmelo, au Castellet, à Aragón ainsi que sur les pistes d'essais PSA. Ces deux mois nous ont permis de mener un travail de fond. En début de saison avec une nouvelle voiture, nous avions clairement défini notre priorité : la fiabilité. Nous sommes donc arrivés au Mans avec une voiture fiable, mais qui en était au début de son développement. Cet été, nous avons donc mené un gros travail de réglages et effectué de nombreuses mesures sur les Peugeot 908, notamment lors d'essais en ligne droite. Le but est d'améliorer notre connaissance fondamentale de la voiture. Nous avions planifié ce travail en amont des 24 Heures du Mans, mais cela n'avait pas été possible du fait des deux accidents rencontrés lors des essais hivernaux.
La course de Silverstone sera marquée par une évolution de la réglementation technique. Qu'en est-il sur les Peugeot 908 ?
B.F. : Nous appliquons les deux mesures que la FIA et l'ACO ont rendues obligatoires au 1er septembre en vue de limiter les risques de décollage des prototypes. La première concerne une augmentation de l'ouverture des persiennes d'ailes avant. Elle n'a pas d'impact ici sur notre voiture car à Silverstone nous roulons avec des persiennes assez largement ouvertes du fait du niveau d'appuis aérodynamiques. La seconde mesure est beaucoup plus impactante : il s'agit d'augmenter de 5 mm l'épaisseur de la planche qui est sous la voiture (elle passe à 25 mm). Cela nous oblige à augmenter d'autant la hauteur de caisse et donc à revoir nos réglages mécaniques et aérodynamiques. En outre l'épaisseur de cette planche sera désormais contrôlée en fin de qualifications et en fin de course (ce n'était pas le cas jusqu'ici). Il convient donc de prendre de la marge pour être sûr de ne pas passer sous le seuil mini malgré l'usure et les passages parfois sévères sur les vibreurs. Ce n'est pas évident d'autant que cette année, la course est d'une durée de 6 heures soit – sur le sec - pas loin de 20% de plus que les 1000 km habituels.
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