L'image restera sans doute comme un des grands moments des Jeux. Prostrée, en larmes, effondrée, Shin A Lam est assise seule sur la piste éclairée de vert de l'immense salle noyée de monde. Abasourdie et en désaccord total avec la décision arbitrale offrant la victoire à son adversaire en demi-finale olympique de l'épée alors qu'elle estimait que le chrono s'était écoulé, la Sud-Coréenne n'accepte pas de voir son rêve olympique s'envoler de cette manière. Pendant près d'une heure, cette jeune athlète a fait front en attendant que ses responsables parviennent à déposer une réclamation, finalement rejetée.
Pour arriver à cette scène ahurissante, un imbroglio autour du déclenchement du chronométrage officiel. Une panne a empêché pendant 20 minutes la seconde demi-finale de l'épreuve de l'épée dames de se terminer, alors qu'il ne restait plus qu'une seconde dans le duel opposant la Sud-Coréenne à l'Allemande Britta Heidemann. Les deux escrimeuses étaient à égalité 5 partout dans la minute supplémentaire. La Sud-Coréenne possédait la priorité et aurait donc gagné l'assaut si l'Allemande n'avait pas marqué. Or, au bout de quatre assauts partagés, l'Allemande parvenait à marquer le point vainqueur. Mais l'entraîneur de la Sud-Coréenne bondissait de son banc pour contester le déclenchement du chrono, estimant que la seconde restante était dépassée au moment de la touche de Heidemann.
La commission technique de la Fédération internationale se penchait sur le problème afin de déterminer la solution appropriée, laissant le match interrompu et les deux escrimeuses toujours sur la piste, faisant les cent pas. Après vingt minutes d'interminables négociations, la décision a finalement été prise de déclarer vainqueur l'Allemande. Au grand dam de cette Sud-Coréenne, restant en larmes toujours sur la piste, la tête dans les mains, refusant ou se montrant incapable de quitter les lieux. Dix minutes après avoir finalement accepté son sort, Shin est revenue sur la piste pour tenter de décrocher le bronze sous les vivas du public qui avait pris fait et cause pour la malheureuse... Elle s'inclinera finalement face à la numéro un 1 mondiale, la Chinoise Sun Yujie (15-11). Le sport est parfois cruel.




AFP





















