Tous les jours, un regard de spécialiste mêlant érudition et second degré sur les clubs et les championnats étrangers.
Allemagne : foot pro, leçon d'économie ! (2)
L'Europe du football voit courir les rumeurs concernant la situation économique des clubs et les rachats se multiplient. De son côté, l'Abbé Platoche continue sa croisade et défend mordicus son fair-play financier. Pendant ce temps-là, alliant santé financière et attractivité sportive, le football professionnel allemand continue sa progression. Deuxième partie de notre saga.
Un chiffre d'affaire en croissance, un résultat net (53 millions d'euros en 2010-2011) structurellement positif depuis une décennie, faisant fi de la perte conjoncturelle de l'année passée. Plus de 42.000 spectateurs en moyenne dans les stades à chaque journée et surtout une troisième place au coefficient UEFA, piquée à la barbe du Calcio lui permettant de continuer sa révolution.
Leçon 1 : "ne jamais mettre ses oeufs dans le même panier" ou le quatre-quart allemand
Cela n'a l'air de rien mais la Bundesliga vient à nouveau d'établir un record en ce qui concerne ses recettes. Pour la septième année consécutive, les feux sont au vert, flirtant pour la première fois avec les deux milliards d'euros, le chiffre d'affaire progresse de 9,7%. Soit le second le plus élevé d'Europe derrière la Premier League. Mais ce qui est le plus intéressant à noter, c'est que les recettes sont diversifiées : 21% proviennent du ticketing, 27% de la publicité-sponsoring, idem pour les droits TV, 25% autres (merchandising, transfert, autres). Soit le fameux quatre-quart à l'allemande. Si l'un des revenus s'écroule, le reste permet d'amortir le choc. Doit-on comparer avec la L1, laquelle perd structurellement de l'argent et est suspendue aux droits TV ?
Leçon 2 : Les "30 Glorieuses" des joueurs de football
On l'a tous appris à l'école et, quelque part dans ce monde en crise, Jean Fourastié est le dernier des poètes économiques, lorsqu'il développe son thème des "trente glorieuses". Sauf qu'alors que l'Europe doit se serrer la ceinture, la masse salariale des joueurs, elle, a galopé à grandes enjambées, durant des années ! Et même si quelques signes font état d'une stagnation voire d'une régression de l'enveloppe globale des salaires ainsi que de l'émolument médian, une tendance lourde ne s'est pas encore dessinée. Au passage, égratignons les clubs de mécènes, lesquels avec leurs puissances économiques, favorisent la bulle inflationniste pour attirer les joueurs et créant, de plus en plus, des écarts avec le commun des clubs, donc, in fine, une concurrence amoindrie sur le terrain. Le "syndrome Federer" guette le football européen. Médiatiquement, ce phénomène est déjà présent.
Leçon 3 : investir toujours plus dans les centres de formation
Une idée communément acceptée, et qui fait le buzz (donc par définition kleenex), est que l'attractivité d'un championnat est liée notamment à une composante : la balance et l'activité des transferts ! Chaque année, on nous sort le récapitulatif et on nous classe les pays par ordre décroissant des sommes investies. Dans ce classement l'Allemagne n'est jamais la première, on écrit même qu'elle recule, voire qu'elle a des problèmes financiers (cf. les articles dans la presse spécialisée à chaque début d'exercice). Mais pourquoi acheter, à prix d'or, des joueurs si la Buli produit ses propres joyaux ? Pourquoi devrais-je aller au marché remplir mon panier de légumes si mon propre potager répond à ma demande ?
Car c'est là la grande force du football allemand : la Buli (ainsi que les divisions inférieures) est devenue un gigantesque centre de formation. La conséquence directe ? On le voit en Nationalmannschaft avec les Özil, Kroos, Schürrle, Boateng, Müller, Götze, Hummels, Badstuber, sans oublier celui qui sera certainement le joueur de l'année cette saison, Marco Reus. Tous oscillent entre 19 et 23 ans. Sans parler de leur polyvalence sur le terrain. Cette dernière notion est d'ailleurs intéressante culturellement : en France, cela est perçu comme un désavantage où il faut "se fixer à un poste". En Allemagne, c'est un atout puisqu'on peut s'adapter à l'adversaire, à différents schémas de jeu. L'équipe nationale dispose aujourd'hui d'une palette tactique allant du 4-2-3-1 de la coupe du Monde 2010 (Özil en n°10, Khedira, Schweinsteiger en milieux relayeur) au 4-4-2 (Gomez, Klose en pointe), en passant par le 3-5-2 ancestral (Hummels en libéro décroché, Boateng, Badstuber ou Mertesacker derrière, en stoppeur) ou au 4-1-4-1 (Kroos, Özil en meneurs de jeu, Schweinsteiger en n°6).
Les investissements 2010-2011 s'établissent à 71 millions d'euros et continuent de progresser d'année en année (49 millions en 2008, 55 en 2009, 66 l'année dernière), soit une moyenne de 4 millions d'euros d'investissement par club et par centre.
La conséquence se voit directement sur le taux de masse salariale. Depuis des années, il oscille entre 39% et 45% du chiffre d'affaires global. Il s'établit à 41% en 2011, un ratio connu dans le métier pour équilibrer les comptes d'un club. Comme par hasard, Manchester United a le même ratio d'exploitation.
En outre, j'ajoute un autre ratio d'importance si un jour vous devenez propriétaire d'un club professionnel : les frais de personnel (administratif, commercial, autres) ne doivent pas dépasser les 5% de vos recettes globales.
Leçon 4 : le capitalisme rhénan : non à l'endettement !
Alors que la grande majorité des clubs de l'Europe cherche le moyen de rembourser ses dettes, la Bundesliga, elle, le fait déjà puisque cette dernière a réduit son encours de 8% passant de 645 millions en 2012 à 594 millions d'euros en 2011. Comme par hasard, la DFL avait, dans son rapport d'activité précédent, alerté sur une possible dérive des emprunts. La recommandation a été suivie des faits par les gestionnaires des clubs. Cetelem peut rougir et aller se rhabiller ! Ah ! J'oubliais, dans les trois autres grands championnats européens, les dettes se comptent en milliards, lorsqu'elles ne dépassent pas le chiffre d'affaires global d'une année. Alors c'est la globalisation qui voit apparaître des fonds d'investissements étrangers en Europe ? Non, juste une gestion des clubs européens déplorable.
La conclusion est assez simple. La Bundesliga est aujourd'hui en terme d'attractivité le deuxième championnat d'Europe mais, à la différence de la Premier League, équilibre ses comptes. Economiquement, seuls les clubs de mécènes, ou les grosses institutions (Real, Barca, ManU, au passage les trois plus gros chiffre d'affaires européens) peuvent résister à la puissance économique allemande, c'est le fameux "plafond de verre", et qui explique, en grande partie, pourquoi les clubs de Bundesliga ne remportent plus de coupe d'Europe. La DFB, la fédération allemande, après avoir largement dépassé le Calcio, a fixé de nouveaux objectifs : passer au coefficient UEFA devant l'Espagne à moyen terme, histoire d'être à l'unisson avec la médaille d'argent des recettes.
POLO
Chroniqueur et éditorialiste spécialiste du football allemand sur RMC, Polo a choisi son pseudonyme en hommage au grand défenseur et esprit libre Paul Breitner, buteur lors de deux finales de Coupe du Monde et meilleur joueur étranger dès sa première saison au Real Madrid. Observateur de la saga de la Bundesliga, de ses grandes et de ses petites histoires, Polo a passé une grande partie de son existence outre-rhin à y écumer les stades.
























Et pour Dortmund (comme schalke d'ailleurs c'est principalement l'achat du stade qui a créé la dette)Le 05/02/2012 à 03:23
on sais qu'en france pas mal de stades vont changer d'ici le prochain euro
mais bon sera t'on sur que ces derniers seront pleins??
je pense pas perso
les structures c'est une chose mais la culture foot dans un pays ça s'achete pas et de ce coté la on sera toujours à la ramasse completLe 03/02/2012 à 20:56
il est clair qu'aujourd hui les clubs doivent alleger leurs masses salariales
sans parler des autres clubs en europe mais rien qu'en France c'est hallucinant les salaires de certains joueurs de ligue 1 !!!
et en plus il n'y a aucune coherence avec le palmares et les performances du joueurs
cLe 03/02/2012 à 20:53
L'Allemagne a profité de la Coupe du Monde 2006 pour rénover ses stades sans plomber les finances des clubs. Alors bon, expliquer que le système allemand va dominer l'Europe sous peu, j'ai de sérieux doutes.Le 03/02/2012 à 16:24
Et qu'es qu'un tennisman a à voir dans cet article ??Le 03/02/2012 à 16:14
Par contre si ce que tu dit est vrai, reconnait tout de même que c'est aussi par un endettement énorme des clubs espagnols et anglais qu'ils sont aujourd'hui sur le toit de l'Europe.Le 03/02/2012 à 15:08
On peut discuter de l'Espagne, se dire qu'après Real et Barça, c'ets le néant ... Les victoires en EL, elles ne comptent pas ? L'Atlético, Seville (2 fois) et Valance l'ont gagnée ces 10 dernières années (en fait, l'Espagne a gagné 4 des 8 dernières éditions, dont une finale 100% espagnole). Qu'on ne vienne pas me dire que l'Allemagne ne la joue pas à fond, c'est là que l'Allemagne a dépassé le Calcio au coefficient UEFA, pas en LDC. Les Allemands ont joué 2 finales (perdues) en 10 ans .....Le 03/02/2012 à 14:57
Enfin passons à la "leçon 4" ( je ne m'arrête pas sur la leçon 2 car je le trouve sans intérêt à part sur la remarque tout à fait juste concernant la bulle inflationniste). Elle est cruciale dans la situation actuelle selon moi et l'auteur montre bien le nerf de la guerre, la gestion catastrophique des gros clubs qui s'endettent. Mais cette situation est notamment du à la surenchère constanste des clubs de mécène qui pèse sur l'économie du football.
Bref un article ...Le 03/02/2012 à 14:33
Sur la "leçon 3" je trouve l'argument un peu facile et empilé des grands noms, peut se faire de la même manière dans tous les championnats et il suffit de regarder la formation espagnole...Le 03/02/2012 à 14:29
Le seul probleme dans ce championnat c'est le prix des jeunes joueurs .
Özil à 15M€
Sahin à 10M€
alors que Pastore a été vendu 42 millions . Il y'a de plus en plus de footix qui pensent qu'un joueur plus cher est forcément meilleur .Le 03/02/2012 à 11:50
Au niveau du jeu... je pense que si l'on mélangeait ces deux championnats, on aurait Barca real devant tout le monde, mais ensuite on trouverait beaucoup de clubs allemands avant de retomber sur des espagnols.Le 03/02/2012 à 11:36
Mais sérieusement l'Espagne???!!! OK tous les ans ils nous proposent les 2 plus Gros matchs de la Planète... Real Barça et Barça Real... mais en dehors de ça.... franchement le niveau est bas.... très bas...
C'est sur qu'avec le Barça et le Real, le championnat va se maintenir encore quelque temps devant l'Allemagne (coefficient UEFA)Le 03/02/2012 à 11:20
Ma seule objection sera sur cette phrase "La conclusion est assez simple. La Bundesliga est aujourd'hui en terme d'attractivité le deuxième championnat".
Je pense qu'en l'etat actuel des choses, L'Espagne et surtout l'Angleterre sont devant l'Allemagne si on parle en terme d'attractivit. Ces deux championnats reposent en parties sur des dettes structurelles et le systeme tend s'puiser dans les procoahines années donc l'Allemagne pourra progresser car c'est celle quiaisLe 03/02/2012 à 10:19
Toutefois on pourraoit parler de la structuration de la dette, du cas de Valence qui est surprenant, de newcastle, du salary cap des club anglais comme les Spurs...
Le Talent oui c est vrai mais pour quoi faire. Reus est tres bon. mais au dessus c est quoi? J en sais rien.Le 02/02/2012 à 21:36
Lecon 1:
Sponsoring...Qui? N est ca pas une forme de Mecenat
Lecon 2: Ah bon? City est qualifier en LDC? L Inter est ou? C est quoi le mecenat? on revient a la lecon 1 d ailleurs.Le 02/02/2012 à 21:27