Tous les jours, un regard de spécialiste mêlant érudition et second degré sur les clubs et les championnats étrangers.
Allemagne : foot pro, leçon d'économie ! (1)
Le 25 janvier dernier, le rapport d'activité du monde professionnel germanique, soit la Bundesliga et la 2Liga, pour l'exercice 2010-2011 a été publié. Et comme de bien entendu la bonne gestion des 36 clubs de l'élite a été mise en avant. La perte constatée, il y a deux ans, était donc un épiphénomène. Mais comment la DFL, la ligue de football professionnel, a t-elle réussi ce tour de force dans un environnement européen moribond ? Première partie.
Ne vous inquiétez pas ! Je ne me lance pas en politique à l'approche de l'élection présidentielle ! Je ne vais pas faire semblant de découvrir ce qui se passe outre-Rhin et d'en faire un modèle. Puisque j'y souscris depuis longtemps. Et je vais tenter de dresser un panorama européen.
Rappel historique :
Euro 2000, la Nationalmannschaft se fait piteusement éliminer pendant la phase initiale et doit sortir sous les quolibets. Le ressenti en Allemagne, terre de football, est terrible. Le naphtalinien dinosaure Ribbeck est évincé, Völler bouche les trous suite à l'affaire du consommateur de cocaïne Daum. Le football allemand est à la rue !
15 novembre 2003, dans la superbe enceinte de Gelsenkirchen, le Coq met une raclée, aussi bien technique que physique, à l'Aigle ! L'équipe de France pulvérise celle d'Allemagne. La Coupe du monde 2002, cauchemardesque pour les Bleus, miraculeuse pour la NM, est oubliée des deux côtés. Hoeness vocifère : "le foot allemand, c'est de la m… !". Les trois finales perdues de 2002 (Coupe du monde, Ligue des Champions et Coupe de l'UEFA) sont immédiatement jetées à la poubelle. La Germanie redescend de son petit nuage. Les problèmes structurels sont persistants. Le football dominateur des seventies et des eighties est bien mort. Le Kaiser est dans les bureaux, Breitner ne fait plus la fête depuis bien longtemps, "tripoter" les cartes, un cigare au bec, avant de montrer sa classe sur le terrain en tripotant le ballon ; la NM ne peut plus se permettre de se priver d'un "Ange blond" Schuster trop indépendant, et même avec ses deux genoux en marmelade, Rummenigge n'est plus là pour empiler les buts. La gueule de bois est brutale… Dans le jeu, l'Euro 96 est italien, pas allemand. le foot pro a changé… Sacchi est passé par là !
Panorama européen
"C'est la meilleure deuxième division d'Europe ! Les stades sont remplis" Qui affirme cela ? Juste l'ancien messin, formé à Bordeaux, Romain Brégerie ! 35.000 spectateurs de moyenne à Francfort, 28.000 à Düsseldorf, 26.000 à Dresde où joue Romain, 24.000 à Sankt Pauli ainsi que dans l'autre club historique de Munich, 1860 ! Le foot pro allemand se conjugue au pluriel.
Mais regardons rapidement ce qu'il se passe en Europe avant de nous plonger dans les comptes allemands ... En Italie, vous enlevez les mécènes, que reste t-il ? L'Inter Milan réalise alors en 2010, 200 millions de chiffre d'affaire soit 50% de moins que le Bayern Munich. Pourtant de quel côté joue un Ballon d'or oublié, Eto'o lors de la finale de LDC ? En Espagne, la moitié des clubs de l'élite est à l'agonie et si la Liga était au nord de l'Europe, les liquidations judiciaires auraient déjà eu lieu. La Premier League a perdu, l'année dernière, un demi milliard d'euros, sans oublier que la moitié des clubs sont sous pavillon étranger. Doit-on parler de l'Eredivie ou bien du football belge, du football portugais ? En France, et ce malgré une DNCG, les pertes sont importantes, le modèle hexagonal, basé sur la formation est tari : le ticketing, le merchandising et le sponsoring sont ridicules comparés à d'autres pays.
C'est la faute à la crise ? Trop facile ! Même si elle impacte le football espagnol lié étroitement à l'industrie du bâtiment, c'est une économie en plein marasme. Le marché du football est en pleine mutation, il est en train de se concentrer comme n'importe quel secteur d'activité classique. A chaque pays de s'adapter : l'arrivée d'argent frais en provenance de certains pays du Golfe nous est vendu médiatiquement, comme une conséquence de la globalisation. C'est faux, archi-faux ! La vérité est que l'Europe du football est malade. C'est un cimetière que les excès du foot business ont rempli de fosses et de pierres tombales. Les investisseurs étrangers se servent. Nuance ! La vérité est ailleurs ! Les joueurs sont les grands gagnants des vingt dernières années : prenons un exemple : trois professionnels, dont les deux premiers ont marqué l'histoire du Real Madrid. Kopa, Breitner et Anelka. Le premier, idole des 50's et des 60's, dans son autobiographie, nous rappelle que le football provient essentiellement des classes populaires et "que le ballon rond lui a évité la mine". Le second, icône des seventies à son corps défendant, écrit, avant la coupe du Monde 1982, "nous n'étions que cinq en Bundesliga à gagner 400.000 DM par an" (environ 200.000 euros). Le dernier, Anelka, joueur des années 2000, gagne mensuellement, net d'impôts, plus ce qu'un Français moyen pourra capitaliser tout au long de sa vie.
Aujourd'hui il y a un syndicat des joueurs, sauf que pour négocier, il faut être deux : le patronat est absent, puisqu'en souffrance. Ce fut le sens de mes questions posées lors des 50 ans de l'UNFP. Il se fait que je consulte énormément de chefs d'entreprises, proches du football, en ce moment, et que tous prédisent la fin de l'inflation des salaires, ils sentent que la bulle capitalistique va exploser, que la variation maximale des émoluments va devenir la règle. En résumé que le modèle allemand va s'imposer de lui-même.
A suivre…
POLO
Chroniqueur et éditorialiste spécialiste du football allemand sur RMC, Polo a choisi son pseudonyme en hommage au grand défenseur et esprit libre Paul Breitner, buteur lors de deux finales de Coupe du Monde et meilleur joueur étranger dès sa première saison au Real Madrid. Observateur de la saga de la Bundesliga, de ses grandes et de ses petites histoires, Polo a passé une grande partie de son existence outre-rhin à y écumer les stades.
























Une introduction, une conclusion...et pas d'argumentation !
Il manque "juste" un paragraphe au milieu expliquant pourquoi, on passe de "P1 : le foot Allemand au bord du gouffre" à "P3 : Le modèle Allemand va s'imposer en Europe"...où est ta "p2 : le foot Allemand se remet en question et accouche d'un nouveau modèle" ?????? Ah le journalisme...Le 02/02/2012 à 21:41
Le mec qui n'a rien prouvé c Reus ?Le 02/02/2012 à 21:31
Moi j attend les chiffre de 2011 2012 2013....surtout chez les gros.Le 02/02/2012 à 21:03
Tu parle de CA mais qui de l EBE (ou IBE) et du resultat net?
Les salary cap y en a en UK et France aussi C est pas nouveau....Le 02/02/2012 à 20:41
Concernant le football, oui il faut emprunter certaines idées de celui-ci mais certainement pas le calquer!
Et cette phrase polo : " En résumé que le modèle allemand va s'imposer de lui-même.", ça me rappelle étrangement ce bon vieux Karl, et sa théorie selon laquelle le communisme allait naturellement prendre la place du capitalisme, on sait ce qu'il en est advenu par la suite ...Le 02/02/2012 à 18:04
Tu parle , tu parle mais quan Schalke 04 a mis 3-0 a Lyon du disait quoi ?Le 02/02/2012 à 18:00
C'est vraiment un modèle l'Allemagne... sauf qu'ils gagnent jamais rien !Le 02/02/2012 à 17:46
h t t p : / / difuzfootv . blog spot . com (enlevez les espaces)
Aujourd'hui en direct:
Angleterre (Reserve League)
19:30 Manchester Utd - Swansea
Brésil Campeonato Paulista
22:30 Sao paolo - Guarani
...Le 02/02/2012 à 17:40
J'ai adoré les différences de salaire entre joueur légendaire et Anelka, s'est le point d'orgue de cet article !Le 02/02/2012 à 16:50
Un club incapable de trouver un budget doit assumer ses pertes, et s'il est incapable, c'est la liquidation. Ca remettrait tout ce beau monde sur les rails d'une certaine décence.Le 02/02/2012 à 16:48
garde quand même cette petite lueur a cause des transfert qu'ont le veuille ou non la politique des transfert dans le foot est une vrai pub pour un championnat , par exemple depuis que le Real ont acheté Christiano Ronaldo , ont a jamais parlé autant de la Ligua Espagnol , le duel Barça - Real n'a jamais été aussi grand , même si c'est l'arbre qui cache la forêt les gens sent foute tant qu'ils voient leur Ronaldo marque des triplé contre Almeira ou autre sa leur convient , le duel Messi - Ronaldo est un vrai cache sexeLe 02/02/2012 à 15:18
Malgré sa, ils depensent moins que les clubs de ligue 1 chaque été (a part peut etre le Bayern).
Et au final, ils ont de meilleurs resultats que nous en Coupe d'Europe chaque année.
L'equation "Plus de rentrées d'argent Egal moins d'argent depensés Egal meilleur resultat en Europe" est totalement irrationelle mais fonctionne.
Pourquoi? Telle est la question mais le constat est la et prenons exemple sur eux.Le 02/02/2012 à 15:01