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Atalanta : avec des "six"...
Six points de pénalité. C’est ce que l’Atalanta a récolté en août dernier après un énième scandale de matchs truqués en Italie. Comme si la sanction n’était déjà pas assez dure pour un promu en Série A, le club de Bergame a également vu sa bandiera suspendue pour 42 longs mois suite à son implication dans ce nouvel épisode "mafieux". Le constat devait être sans appel : six points de moins et Cristiano Doni en retraite anticipée, c‘était la promesse d’un retour évident en Série B. Sauf que les hommes de Colantuono surprennent. Les Nerazzurri pointeraient à la cinquième place du classement sans les six points retirés avant le début du championnat. Et si l’Atalanta réussissait l’impossible ?
L’histoire ne dit pas si les joueurs de l’Atalanta auraient eux-mêmes misé sur un maintien confortable lorsque la sanction de la Cour Fédérale de Justice de la FIGC est tombée mi-août. On imagine néanmoins que les joueurs ont évité tout ce qui touche aux paris sportifs après le scandale qui a condamné leur club et leur capitaine à de lourdes sanctions. Mais la situation étonne. Prendre 22 points sur 42 possibles, comment est-ce possible? Les éléments de réponse sont sans appel, à commencer par un travail bien fait.
Un mercato réussi
De nombreux techniciens réputés ont affirmé que les futurs succès se basaient à 70% dans le travail d’avant-saison, au sein duquel, le recrutement tient une place très importante. Et l’Atalanta l’a parfaitement réussi, sans folies. Comme plusieurs autres clubs de "second rang", l’Atalanta a misé sur deux profils : des joueurs expérimentés cherchant à se relancer, et un ou deux joueurs prometteurs, capables d’exploser rapidement et qui auront dans quelques mois, au pire quelques années, une forte valeur marchande.
Vainqueur du championnat de Série B la saison passée, le club de Bergame a su identifier ses lacunes. Le poste d’avant-centre est rapidement devenu une priorité pour les dirigeants. Sans représentant dans le Top 10 des meilleurs buteurs de la seconde division, l’Atalanta a misé sur un joueur que personne ne voulait, l’argentin German Denis, auteur d’une saison galère à l’Udinese. En lui donnant une confiance dont il n’avait jamais bénéficié depuis son arrivée en Italie, Denis a répondu aux attentes. Et mieux encore, puisqu’il est le co-leader du classement des buteurs avec dix réalisations, aux côtés d’un certain Toto Di Natale.
Pour lancer la grande opération sauvetage, le club avait donc besoin de joueurs expérimentés. Outre Denis, l’Atalanta a fait revenir au bercail Cigarini (ex-Séville) et Brighi (ex-Roma), deux revanchards à la recherche de temps de jeu. Les dirigeants ont également su pêcher chez les relégués avec les arrivées de Lucchini (Sampdoria) et Masiello (Bari), le tout pour presque rien avec des joueurs libres et prêtés. Pour les jeunes joueurs prometteurs, l’Atalanta a juste eu à ramener de prêt le jeune Gabbiadini, souvent brillant avec les espoirs italiens, et a fait mouche avec l’argentin Maximiliano Moralez. Dans le trio des joueurs les plus petits de Série A (derrière Giovinco et Gomez), le Trequartista fait des merveilles et enchaîne les excellentes prestations (quatre buts, deux passes décisives). Le président Percassi a pris un vrai risque en recrutant ce joueur près de 5M€ à Velez alors qu’il avait raté sa première expérience européenne en 2007 à Moscou. Il est pour le moment récompensé de son audace.
Travail, rigueur et passion
L’Atalanta n’aurait pas pu trouver mieux que Stefano Colantuono pour mener à bien cette opération sauvetage. L’homme fait l’unanimité à Bergame. Il n’a pas eu besoin de se faire à l’environnement, il le maîtrise parfaitement. C’était autant de temps gagné en début de saison. Et les supporters l’adorent. Un exploit tant la « tifoseria » est exigeante et dont ses excès ont souvent fait la Une en Italie, comme ce jour de Novembre 2007 où, après l’annonce de la mort du tifoso laziale Gabriele Sandri, ils font tout pour faire arrêter le match face à Milan, défonçant le plexiglas à coups de plaque d’égout, ou lors de ces manifestations contre la mise en place de la Tessera del Tifoso par le ministère de l’Intérieur.
Colantuono connaît la maison. Il avait déjà entraîné le club entre 2005 et 2007, le faisant monter en Série A et l’emmenant à la 8ème place, meilleur classement obtenu dans un championnat à trente-huit journées. L’entraîneur italien s’est appuyé sur ce qui avait fait sa force la saison passée en Série B : une rigueur tactique d’un autre temps (le repli défensif est une merveille) et des joueurs se projetant très rapidement devant. Avec les argentins Schelotto (désormais un Oriundo) et Moralez, deux « increvables », il a trouvé son bonheur, sans oublier le polyvalent Padoin de plus en plus à gauche. Le milieu de terrain de l’Atalanta est sa vraie force. Très technique, il récupère et ressort très vite (et proprement) le ballon pour les ailiers et le meneur de jeu Moralez. Le milieu axial Cigarino-Carmona est tellement performant que Matteo Brighi est un remplaçant de luxe. Sans oublier Bonaventura et Padoin qui s’échangent leurs postes avec réussite, tantôt à gauche, tantôt dans l’axe et parfois sur le banc. Au point où l’on se demande où aurait bien pu jouer la bandiera Cristiano Doni…
Colantuono réclame travail et rigueur. Les entraînements sont intenses et la discipline règne. Sur le terrain, aussi, puisque 44 cartons jaunes ont été récoltés. Indiscipline pour les uns, vraie discipline pour les autres, l’équipe est en tout cas accrocheuse. Le groupe est resté très uni, élément indispensable à la survie en Série A. L’excellent début de saison a fait oublier les six points retirés et a apporté de l’enthousiasme. Ces six points de pénalité auraient pu tuer l’Atalanta. Aujourd’hui, le plus « inquiétant » serait plutôt l’euphorie qui entoure l ‘équipe. D’autant que le calendrier des prochaines semaines est chargé.
Un calendrier favorable
Dernier élément qui explique le bon début de saison des Nerazzurri, le calendrier favorable. Jusque là, l’Atalanta a évité les plus gros, hormis le Napoli qu’elle a failli battre il y a quelques semaines. Mais tout finit par arriver. Les cinq prochains matchs de Bergame sont les suivants : déplacement à Florence, réception de Cesena, réception du Milan, déplacement à la Lazio et réception de la Juve. Autant dire que les cadeaux empoisonnés arriveront en nombre après Noël.
En attendant, l’Atalanta a pris les points face à des concurrents, là où tout se joue pour le maintien : victoire à Lecce et Parme, à domicile contre Novara et Cagliari, et matchs nuls à Vérone et Sienne. Le club s’est même permis le luxe d’accrocher le Genoa, l’Inter, l’Udinese et Naples. On ose désormais parler d’un sérieux test pour les équipes ambitieuses avant les rencontres face à Bergame.
Sûre de sa force actuelle, l’Atalanta veut garder les pieds sur terre malgré les agitations et les invitations médiatiques à annoncer de nouveaux objectifs. Tout juste peut-on arracher un « on récupèrera rapidement ces six points de pénalité » à l’argentin Moralez. Une assurance qui cache peut-être autre chose. La peur de la spirale négative à l’approche des grands rendez-vous. Et si la machine s’enrayait ? D’autant que la zone de relégation n’est qu’à quatre points. Ou comment ces six points de pénalité, suite au scandale des matchs truqués, contraignent le club à passer du rêve de la zone Europa League à la surveillance de la zone de relégation. Alors, quel sera le verdict à la fin de la saison ? L’Atalanta en A ou l’Atalanta en B ? On prend les paris ?
Johann CROCHET
Fondateur de coupfranc.fr,blogueur, Johann Crochet a l'habitude de dire qu'une bonne journée commence par une revue de presse italienne et qu'une bonne année se mesure au nombre de matches de Serie A vus dans les stades. Par goût, il suit aussi le foot néerlandais et les championnats scandinaves.
























Signe au PSG ou a la Juve mekkLe 16/12/2011 à 15:19
Le 9 août 2011, Cristiano Doni est suspendu pour 3 ans et demi par la commission disciplinaire de la Fédération d'Italie de football dans l'affaire des paris truqués qui agite l'Italie depuis le début de l'été. Reconnu coupable d'avoir influé sur les résultats de matches de Serie B.Le 16/12/2011 à 14:55