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City : où sont les Chefs ?
Il y avait un petit air d’Arsenal chez Manchester City lors de la défaite à domicile face à Everton (1-2), lundi. Dominateur au vu de la possession de balle mais finalement battu par une équipe courageuse mais de plus faible qualité, City n’a pas été capable de s’assurer la victoire qui l’aurait hissé au sommet du classement. Il y avait également un air de City, du ‘vieux’ City : indéniablement offensif mais victime du manque d’abnégation et d’engagement de certains joueurs, que même un champion du monde espagnol ne peut faire oublier à lui tout seul.
Une vieille idée reçue fait penser que les stars de l’effectif des Citizens apportent un véritable leadership. Leur réputation d'hommes, de vrais, apporte ce sentiment. Mais qui sont ces ‘grosses personnalités’ à Manchester City, mis à part Carlos Tevez, Mario Balotelli et leurs égos surdimensionnés ? Ici nous avons un mélange des ‘meilleurs du pire’ (les meilleurs joueurs de clubs médiocres venus à City pour monter d’un cran) et des ‘pires du meilleur’ (des joueurs talentueux mais qui n’étaient pas des premiers choix dans leur ancien club), ou encore des joueurs à la personnalité incompatibles avec leurs anciens employeurs.
Dans la première catégorie, on retrouve des joueurs tels que Vincent Kompany, Aleksandr Kolarov, James Milner, Gareth Barry, Pablo Zabaleta et même David Silva, tandis que dans l’autre se retrouvent Mario Balotelli, les frères Touré et Tevez lui-même (plus Emmanuel Adebayor, s’il jouait plus). Les cadres de l’équipe, Gareth Barry et Kolo Touré en tête, ont la fâcheuse habitude de disparaître lorsqu’ils sont sous pression : Barry (qui a rendu une bonne copie lundi) l'a montré lors du match contre l’Allemagne pendant la Coupe du monde et Touré a préféré partir que de subir la pression de Gallas à Arsenal.
Besoin d'hommes loyaux, de "chiens de garde"
Un club qui espère lutter pour le titre a besoin de joueurs talentueux, techniquement et physiquement. Mais il a également besoin d’un groupe de cinq ou six ‘chiens de garde’, des hommes forts, loyaux et qui possèdent des affinités avec le club, en tant que supporter ou produit du centre de formation. Bien sûr, on ne demande pas à tous les joueurs de remplir ces critères, juste quelques-uns. Toutes les équipes performantes possèdent ce genre de joueurs : Barcelone, le Real Madrid lorsqu’ils gagnaient des trophées, la Juventus durant ses années fastes, Manchester United, Chelsea, Liverpool lorsqu’ils s’en donnent les moyens et même Arsenal.
Ces joueurs sont aussi nécessaires un soir d’hiver, contre une équipe de travailleurs bien organisée et qui peut également jouer au ballon, qu’à l’occasion de grand rendez-vous domestiques ou européens. Et cela prend plus de temps qu’une stratégie de marketing agressive pour insuffler un tel état d’esprit au sein d’un groupe. Ça passe par un programme de formation rigoureux où l’apprenti est encadré sans être gâté, puis utilisé plutôt que mis de côté au profit d’un mercenaire, aussi talentueux qu’il puisse être.
Manchester City a besoin de leaders différents de ceux qui règnent sur son vestiaire aujourd'hui. Et cela implique aussi un entraîneur qui comprend cette mentalité : un Ferguson, un Wenger ou un Guardiola, à qui l’on donnera le temps de faire fructifier un talent, ou un Jose Mourinho, voire un Brian Clough, qui lancera directement le jeune dans le grand bain pour le faire progresser. Roberto Mancini donne l’impression d’être vaguement concerné. En même temps, la Premier League est un tel chantier en ce moment qu’il pourrait très bien ramener le titre (ou à défaut l’Europa League) à Manchester en fin de saison.
Mais en regardant de plus près l’effectif de Manchester City et les capacités mentales de ses stars, on est en droit de se demander si son classement actuel (troisième, mais avec ses concurrents directs ayant des matches en retard à jouer) reflète vraiment la qualité des joueurs à la disposition de Mancini : le top 4 oui, mais pas un véritable prétendant au titre.
EARLY DOORS (traduction : Edouard Austin)
Early Doors est le blog à succès, au ton typiquement british, publié sur le site britannique d'Eurosport (eurosport.uk). Collectif, ce blog n'est pas incarné par un journaliste sur son nom. "Comme la plupart des joueurs de Premier League, Early Doors ne parle de lui qu'à la troisième personne" dit-on à Londres. Le texte original est ici.
























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