Tous les jours, un regard de spécialiste mêlant érudition et second degré sur les clubs et les championnats étrangers.
L'Ajax, sept ans de malheur
Il y a quinze ans, son seul nom faisait trembler l’Europe entière. A cette époque, l’Ajax Amsterdam marchait sur son championnat, envoyait ses meilleurs joueurs dans les plus grands clubs européens et son jeu rapide au sol faisait fantasmer tous les techniciens. Le modèle Ajax a inspiré plus d’un club et son académie a longtemps été étudiée afin de mieux la copier et la transposer en Angleterre, en Espagne ou en France. Aujourd'hui, à l'heure de recevoir Lyon pour la 1re journée de la Ligue des champions, l’Ajax ne rêve plus d’Europe et se concentre sur une reconstruction. Importante et nécessaire, après un long passage à vide.
La fin d’une génération
En l’espace de six mois, le club d’Amsterdam a perdu quatre membres influents de son groupe. En janvier dernier, Suarez et Emmanuelson ont quitté le club, imités quelques semaines plus tard par le gardien Stekelenburg et le dynamiteur Demy De Zeeuw, marquant ainsi la fin de la « génération Huntelaar ». Ce qui pouvait ressembler à un suicide sportif s’est en fait révélé une excellente affaire. Financièrement, bien entendu, mais aussi sportivement afin de laisser la nouvelle génération prendre ses marques. Si, pour le poste de gardien, le doute est présent avec Kenneth Vermeer, la relève sur le champ est assurée par les jeunes De Jong, Eriksen, Ebecilio et Anita. Ces jeunes – tous moins de 23 ans – perpétuent la tradition de formation de l’Ajax, et du jeu, véritable marque de fabrique du club néerlandais : une défense centrale athlétique mais douée balle au pied, des latéraux offensifs et techniques, un milieu dense et doué, et une attaque créative et même opportuniste quand il le faut. La recette est toujours la même mais elle fonctionne à nouveau. Et elle devrait permettre au club de bien se structurer pour affronter les prochaines années et d’éviter les erreurs commises pendant une demi-décennie.
De manière incompréhensible, l’Ajax a renié sa tradition durant une bonne partie des années 2000. Après son dernier titre de champion des PaysBas en 2004, le club a passé son temps à recruter des vieilles gloires partout en Europe. Ainsi, les Rommedahl, Atouba, Pantelic et Oleguer sont venus prendre la place de jeunes qui auraient dû avoir la confiance des entraîneurs. Mais voilà, l’Ajax a aussi raté son recrutement d’entraîneurs et en a usé huit en sept ans. Soit un de plus que les vingt-six années précédentes. Impensable pour ce modèle de stabilité. Malgré les échecs de Blind et Van Basten, les dirigeants ont souhaité renouveler l’expérience d’un joueur ayant connu le club comme joueur pour le poste d’entraîneur. C’est ainsi que Frank De Boer est devenu le nouveau technicien des Amsterdammers en décembre dernier après la démission de Martin Jol.
De Boer a amené l’Ajax au titre de champion. Un titre qui lui fut quelque peu offert par ses rivaux, tant le PSV s’est écroulé en deuxième partie de saison, ne parvenant plus à gérer le championnat et l’Europa League. Même cause, même conséquence pour Twente, autre quart de finaliste de la Ligue Europe, alors 2e du championnat. Les deux clubs comptaient cinq points d’avance sur les hommes de De Boer à mi-parcours avant de s’écrouler pour finir respectivement 3e et 2e. D’où cette sensation générale de titre par défaut, même si le parcours en 2011 de l’Ajax reste honorable. Ce titre pourrait donner l’impression d’une reconstruction déjà achevée. Elle ne fait en réalité que commencer. Et tout le monde au club en est conscient. Ce parcours a permis au club de se qualifier pour la seconde fois consécutive en Ligue des Champions, faisant à peine oublier l’humiliation, pour le quadruple vainqueur de la compétition, de plusieurs années d’impasse durant ce trou noir de sept ans, entre 2004 et 2011.
Cinq ans de patience ?
Entre ce titre de 2011 et le dernier de l’ère Koeman, sept années ont passé. Sept années pendant lesquelles l’Ajax n’a pas gagné de championnat, dépassé dans la hiérarchie par de nouveaux venus dans le panorama de l’Eredivisie. Le championnat des Pays-Bas est ainsi passé du trio PSV-Ajax-Feyenoord à un quatuor PSV-Ajax-AZ-Twente. Pendant que le club le plus titré du pays enchaînait les mauvaises décisions sportives et stratégiques, l’AZ et Twente appliquaient les bonnes recettes : formation de joueurs, cellule de recrutement compétitive et achat de jeunes joueurs à fort potentiel pour garantie sportive et financière.
Cette redistribution des cartes a obligé l'Ajax à se surpasser et repenser sa stratégie sportive. Aujourd’hui, le club est sain financièrement (contrairement à son rival du PSV) et peut compter sur des joueurs de grand talent aux dents longues, encore très jeunes. L’avenir continental s’annonce radieux. Quant à la Ligue des champions, l’Ajax a fini de rêver et sait qu’il faudra patienter plusieurs années pour espérer atteindre le dernier carré, le temps que cette génération mûrisse et gagne en expérience. A l’heure actuelle, il peut tout juste espérer jouer les troubles-fêtes dans un groupe à sa portée. Pas grave, il a bien fallu attendre 22 ans entre les deux dernières victoires dans cette compétition. Encore cinq ans de patience.
Johann CROCHET
Fondateur de coupfranc.fr, blogueur, Johann Crochet a l'habitude de dire qu'une bonne journée commence par une revue de presse italienne et qu'une bonne année se mesure au nombre de matches de Serie A vus dans les stades. Par goût, il suit aussi le foot néerlandais et les championnats scandinaves.
























3 finales gagnées sans prendre un seul but, le Real, le Bayern, l'Inter, la Juve...au tableau de chasse! La révolution en marche, avant que ses meilleurs joueurs partent en Espagne avec l'ouverture des frontières.
La plus belle équipe que j'ai vu jouer!Le 14/09/2011 à 20:01
pour ce soir, je ne vois pas qui va gagner. Mais pour moi, le milieu de l'Ajax a un avantage sur celui de Lyon avec deux très bon milieux offensifs (Eriksen et De Jong) et Janssen en milieu défensif. Reste à savoir si les latéraux seront en forme (V. der Wiel et Boilesen) parce que c'est sur les ailes que Lyon est le plus dangereux (Bastos notemment).Le 14/09/2011 à 18:35
le joueur de Nancy et celui de cannes sont deux joueurs hors normes plus doués que tout les joueurs formés par l'ajax,cité dans cette article,et ils ont été formés par des clubs français.c'est ce sue voulait dire meurtr3 à mon avis.Le 14/09/2011 à 17:10
Son centre de formation est pour moi meilleur que la Masia!
Seedorf, Sneijder, Van der Vaart, De Jong, Stekelenburg, Aldeweireid Stam j'en passe et des meilleurs
Mais malheureusement la génération actuelle n'est pas exceptionnelle!Le 14/09/2011 à 17:08
Tu viens un peu de te ridiculiser tout seul, tous les joueurs qu'il a cité(et il y a des tonnes l'ami) ont été formé par l'Ajax, et toi tu cites un de Nancy et l'autre de Cannes!Le 14/09/2011 à 16:56
Cruyff, Van Basten, Bergkamp... Plus 9 des 11 joueurs (!) vainqueur de la C1 en 95 (Davids, Kluivert, Seedorf, V.der sar, les freres De Boer, Overmars, Reiziger et Blind) sans parler des "jeunes", Sneijder, Van der vaart, Babel, Elia, Heitinga ou Van der wiel.
Quel club au monde peut se vanter de former autant de grands joueurs? Meme la Masia de Barcelone semble petite a coté...Le 14/09/2011 à 15:51