Tous les jours, un regard de spécialiste mêlant érudition et second degré sur les clubs et les championnats étrangers.
L’Evangile selon Lucio
Le duel Lucio-Brandao risque de faire des étincelles. Les deux Brésiliens, généreux dans l’effort, durs au mal, ont un autre point commun : ils sont tous les deux évangéliques et fiers de l’être.
Les Brésiliens se sont regroupés autour du rond central, sur la pelouse de l’Ellis Park Staidum de Johannesburg. Ils ne font qu’un. Ils prient, tous ensemble. La plupart ont enlevé leur légendaire maillot jaune électrique et arborent fièrement des tee-shirts sur lesquels sont inscrits : "Jesus t’aime" dans toutes les langues. Comme pour mieux faire passer le message. De nombreux spectateurs et téléspectateurs n’en croient pas leurs yeux. Il faut dire que les scènes de prière collectives ne sont pas courantes dans le football. Quelques minutes auparavant, le Brésil a remporté la Coupe des Confédérations 2009 (3-2 contre les Etats-Unis) grâce à un but salvateur de Lucio à la 84e minute. "Avec quelques joueurs, pendant la compétition, nous nous réunissions pour prier et lire la bible, se souvient Lucio. Pendant ces réunions, nous avons décidé de faire quelque chose de spécial pour la finale afin de remercier Dieu, à qui nous devons tout."
Il est comme ça Lucimar da Silva Ferreira dit Lucio : évangélique et fier de l’être. Alors, dès qu’il le peut, il le fait savoir. Au Brésil, tout comme Brandao ou Kakà, il fait partie des Athlètes du Christ. Du nom d’un groupe de joueurs qui s’engagent à faire passer un message religieux à leurs supporters et à leurs coéquipiers. Ce sont des footballeurs missionnaires. Mais cela ne veut pas dire qu’ils doivent être des anges sur le terrain. D’ailleurs, Lucio n’est pas le genre à se cacher derrière la Bible lorsqu’il faut aller au mastic. Il aime le combat physique et s’engage toujours à 100%. Pourtant, certaines statistiques, étonnantes, montre que s’il joue dur, il le fait souvent dans les règles de l’art. Lors de la Coupe du Monde 2006, il a battu le record du Paraguayen Carlos Gamarra en étant le défenseur le plus "propre" d’une phase finale. En Allemagne, il n’a fait sa première faute qu’après 386 minutes de jeu. Une éternité pour un défenseur central. Et encore, il est tout pardonné, puisque sa première victime de la compétition n’était autre que Zinedine Zidane, alors sur un nuage.
Lucio est déroutant. Depuis ses débuts en 1996 avec la très modeste équipe de Planaltina, il est devenu l’un des meilleurs arrières centraux de la planète. Il a tout pour lui. Il est grand (1m88), rapide, physique, très bon de la tête, intelligent et il est doté d’une très belle technique individuelle. Logiquement, ses qualités tapent rapidement dans l’œil des recruteurs étrangers. Il n’a joué que deux saisons en première division brésilienne, à l’Internacional de Porto Alegre, avant de découvrir le vieux continent en 2001. Il passe d’abord trois saisons à Leverkusen, histoire de s’adapter au football allemand, de jouer et de perdre une finale de la Ligue des Champions contre un Zidane (encore lui !) des grands jours (sa fameuse reprise de volée du gauche). Après trois saisons de bons et loyaux services, il signe au Bayern Munich. Leverkusen fait une belle affaire. Il revend 12 millions d’euros un joueur acheté 1,3 million. En cinq saisons avec les Munichois, Lucio garnit un peu plus son palmarès et remporte trois titres de champion. "Mais en 2009, Van Gaal m’a fait sentir qu’il ne comptait plus sur moi. Je n’avais pas le choix : il fallait que je parte."
Lucio atterrit alors à l’Inter Milan à la demande de Jose Mourinho. Avec le technicien Portugais, il remporte enfin une Ligue des Champions, ce qui lui permet d’avoir tout gagné dans sa carrière. Quatre championnats (3 d’Allemagne et 1 d’Italie), une Ligue des Champions, une Coupe Intercontinentale, une Coupe du monde et deux Coupes des Confédérations. C’est l’un des Brésiliens les plus titrés du moment. Mais il ne le crie pas sur tous les toits. Peut-être parce qu’il ne veut pas s’arrêter en si bon chemin : "lorsqu’on a goûté à la victoire, on travaille dur, pour gagner à nouveau. Moi, je suis toujours très ambitieux. J’ai signé un contrat avec l’Inter (il touche 4,5 millions d’euros par an) jusqu’en 2014. Je veux honorer ce contrat en étant toujours au top." A 36 ans, l’heure sera alors venu de se retirer pour Lucio, si possible après avoir joué une Coupe du monde à domicile.
Car malgré le vent de renouveau qui souffle sur la seleçao, Lucio est toujours là. Mano Menezes lui a d’ailleurs confié le brassard de capitaine. Charge à lui de bien entourer la jeune génération de surdoués brésiliens (Neymar, Lucas, Damiao, Ganso and co). Lors de la dernière Copa America, il n’a pas hésité à hausser le ton. En pleine conférence de presse, il a déclaré, sans trembler : "Mes coéquipiers doivent comprendre qu’ils ne feront pas la différence tout seul. La force de la Seleçao a toujours été son jeu collectif. Tout le monde doit prendre conscience que lorsqu’un joueur enfile ce maillot-là, il doit le respecter et s’en montrer digne." Et Lucio sait de quoi il parle, car, sans faire de bruit, il est monté sur le podium des joueurs qui ont porté le plus de fois le plus célèbre des maillots jaunes. Avec ses 103 sélections, il est seulement devancé par Cafu (142 sélections) et Roberto Carlos (125). Alors, même s’il n’est pas exempt de tous reproches depuis quelques matches avec l’Inter, les Marseillais et Brandao en particulier doivent se méfier. Lucio n’a pas dit son dernier mot.
Alexandre JUILLARD (twitter @axjuillard)
Journaliste indépendant, spécialiste du football latino-américain, Alexandre Juillard a passé presque sept ans sur les bords du Rio de la Plata, à Buenos Aires, dans la ville où le football coule dans les veines de tous ses habitants. Réalisateur, il a écrit une biographie sur Diego Maradona, "un magicien mais aussi la plus grande gueule que le football a mis au monde", dit-il.
























quel privilège !
Que Dieu les bénisses abondement et qu'il proclament encore la Vérité qui sauve!Le 24/02/2012 à 11:02
Laisse moi rire c'est pour se donner bonne conscience mais deriière il va pécho des mineures et viol des femmes...Le 22/02/2012 à 18:22
Certainement l'association la plus lamentable après celle du national avec le socialisme!!!Le 22/02/2012 à 17:21
Pas mal l'article mais Lucho qui est ou été l'un des meilleures axiaux au monde blague, il est brouillon , monte à foison et quitte sa ligne, ( moins avec mourinho) ... Mais loin dêtre un des meilleurs defenseurs axxiaux au mondeLe 22/02/2012 à 17:16