Tous les jours, un regard de spécialiste mêlant érudition et second degré sur les clubs et les championnats étrangers.
Leverkusen : ravalement de façades !
Le moins que l'on puisse écrire, c'est que Paul Breitner a eu la main bien lourde, lors du tirage au sort des huitièmes de finale de ligue des Champions en opposant le tenant du titre, le FC Barcelone, qui est en passant juste la référence mondiale, au club du groupe pharmaceutique Bayer. Si, en plus, nul n'ignore que les dissensions en interne sont légion dans le club allemand…
Huitième de finaliste de l'Europa League l'exercice précédent, huitième de finaliste de la Champions League cette saison, l'équipe de Rhénanie du Nord Westphalie semblait glisser sur des roulettes. Sauf que la tendance s'est inversée et que le Bayer Leverkusen se perd dans d'insondables tourments.
Ballack en tournée d'adieu…sur le banc !
C'était l'un des bides de l'année passée. Le retour de Ballack au Werkelf était alors annoncé en grande pompe ! Malheureusement, le Bayer version 2010-2011 n'avait pas besoin d'un leader charismatique. Entre blessures récurrentes, bouderies et conflits larvés avec Heynckes, Michael vécut une saison plus qu'en demi-teinte dans l'ombre d'un Arturo Vidal omniprésent.
Le jeune gardien Leno est-il seul à avoir pris conscience de l'importance dans l'équipe, cet exercice, de l'ancien capitaine de la Nationalmannschaft ? Lui qui réclame le retour du "Capitano" sur le terrain. Pas tout à fait, car depuis les gradins la grogne s'organise et les cris scandés "Ballack ! Ballack !" des supporters font leurs apparitions. Ne l'oublions pas, si l'ancienne gloire fut inutile la saison passée, c'est bien elle, en 2011-2012, qui porte à bout de pieds l'équipe première ! Leverkusen encaisse un but à Stamford Bridge (0-2), 27 secondes après la sortie critiquée et critiquable de Ballack. Au BayArena, qui remporte les duels au milieu de terrain pour relancer un Leverkusen en perdition contre le FC Valence en League des Champions (2-1) ? Ballack et seulement Ballack !
Titularisé pour la reprise contre Mainz 05, le "Capitano" fut sorti à l'heure de jeu après une prestation médiocre. Depuis il n'est plus apparu sur un terrain au point qu'un départ immédiat (Autriche, MLS) était mentionné en janvier. Ballack cire le banc alors que tout le monde sait qu'il a besoin de temps de jeu, que c'est un diesel compte tenu de son gabarit, et que des mauvaises prestations après une préparation, même hivernale, font partie du lot quotidien de ce type de joueur.
La Direction (Hölzhauser, Völler) a décidé d'"allumer" Ballack et son orgueil démesuré, en prétextant que ce dernier n'avait pas auprès des jeunes joueurs de l'équipe le rôle de "grand frère" qu'on pouvait attendre de lui. Ce n'est pas une surprise lorsque l'on connaît le personnage. Il n'en demeure pas moins que cette année, Leverkusen a deux visages et l'on préfère celui sur lequel figure la moue de Ballack. Mais la blessure musculaire de ce dernier clôt le débat. Il manquera donc la double confrontation contre Barcelone.
Une chasse aux sorcières ?
Sauf que voilà, le cas de la star de 35 ans n'est pas isolé. Cela est passé presque inaperçu mais, durant le mercato hivernal, l'ancien international allemand Hanno Balitsch a été libéré de ses fonctions et cherche aujourd'hui à se relancer au FC Nürnberg. S'il est de notoriété publique que les relations entre Balitsch et son coach, n'étaient pas des plus courtoises, on oublie toujours de mentionner que le joueur de 31 ans était l'un des chouchous du BayArena, non pas pour son jeu "à la Messi", mais plutôt grâce à son engagement sur le terrain. Ce qui en faisait un homme influent dans le vestiaire et un des relais d'Heynckes la saison passée.
Plus surprenant encore est la rapidité avec laquelle la direction du Bayer Leverkusen a trouvé un remplaçant au gardien René Adler ! Recruter Leno n'est pas une erreur en soi puisque c'est un grand espoir annoncé comme le concurrent de ter Stegen dans la lutte pour détrôner Neuer. Oui, Adler était en fin de contrat et nourrissait certaines aspirations salariales (au dessus des capacités du club selon Völler) ; oui Adler s'est gravement blessé et n'a pas participé à un seul match de la saison en cours (il manque aussi la Coupe du Monde 2010 et perd ainsi sa place de numéro 1 en NM à cause d'une blessure) mais il restait un titularisable en puissance et son expérience aurait pu aider une jeune équipe. Stuttgart prêta Leno en juin 2011 (500.000 euros) puis vendit le gardien espoir pour la coquette somme de 7,5 millions d'euros au mercato hivernal. La conséquence directe des choix stratégiques du club, c'est qu'Adler partira libre en juin et qu'il se rapproche de plus en plus du Hamburger Sport Verein.
Autre exemple, l'autre capitaine (avec Ballack) du Bayer Leverkusen, Simon Rolfes, 30 ans, en course pour la nomination des 23 pour l'Euro 2012. Ce n'est pas un perdreau de l'année et pourtant après Adler, Balitsch, Ballack, des rumeurs persistantes font état d'une dégradation prochaine de l'international allemand.
Assiste t-on à un jeunisme déguisé fomenté par le staff technique du Bayer Leverkusen ? J'aurais tendance à répondre par l'affirmative.
Dutt est-il l'homme de la situation ?
Qu'est ce qu'un grand entraîneur ? Vaste question. En tout état de cause, ce Bayer version Robin Dutt n'extasie pas les foules malgré un effectif des plus rutilants. On est loin du beau football prôné par Heynckes entre 2009 et 2011, où "Don Jupp" nous régalait avec ses changements de système. L'année dernière, Leverkusen y réalisait même un parcours de champion potentiel (2 points de moyenne par rencontre)…sauf que le BVB Dortmund des Bubis de Klopp traînait par là. "Neverkusen" quand tu nous tiens !
Dutt n'est pas un tendre, c'est bien connu, et cela pourrait expliquer les conflits actuels. Il a très bien réussi au SC Freiburg, un club qui n'a pas vocation à rester parmi l'élite, en remportant la 2Liga en 2009 puis en assurant le maintien en Bundesliga en 2010 avant de réaliser une superbe saison en 2011. Son arrivée à Leverkusen était prévue de longue date ("c'est notre premier choix depuis longtemps" Völler) et seul le départ anticipé de Jupp Heynckes au FC Bayern a accéléré son parachutage.
Sauf qu'encore une fois, Leverkusen n'est pas Freiburg, les attentes ne sont pas les mêmes. Et on oublie trop rapidement que la paternité de la réussite actuelle du SC Freiburg revient essentiellement à Volker Finke (16 ans au club), aujourd'hui directeur sportif au FC Köln. Si Dutt bénéficie fort logiquement d'une aura et d'une crédibilité certaines dans le monde des entraîneurs, il convient aussi de rendre à César ce qui revient à César.
D'ailleurs les problèmes de l'axe central du Bayer sont toujours présents. Un thème récurrent année après année, tellement il saute aux yeux ! Et ce n'est pas Ömer Toprak, lequel provient du SC Freiburg, qui dira le contraire. Aujourd'hui le "vieux" Manuel Friedrich retrouve du galon en défense centrale, après avoir longtemps ciré le banc mais ni Reinartz, ni Schwaab, ni Toprak donc, ne se sont révélés comme de grands Manndecker ! C'est donc pour cette raison que Philipp Wollscheid, un autre espoir allemand, débarquera la saison prochaine au club. Mais pourquoi avoir perdu un an afin de consolider un secteur de jeu déficient ? Personne de la direction technique n'a donc vu la double opposition contre Villareal en Europa League en 2011 ?
S'il est vrai que le Bayer Leverkusen n'a pas eu de chance depuis le début de la saison avec les blessures longues, (Adler, Barnetta, Sam, Renato Augusto, Derdiyok, …), on comprend cependant mal certains choix tactiques : pourquoi préférer systématiquement en pointe un Kiessling en manque de réussite au lieu d'un Derdiyok plus souvent décisif ? Comment se fait-il qu'un Schürrle, si flamboyant à Mayence (équipe de contre), soit si discret dans le 4-5-1 de Dutt, ou tout du moins qu'il ne pèse pas plus sur les défenses adverses ?
"L'objectif à minima, c'est l'Europa League"
C'est donc le regard grave, suite à la défaite sans combattre (1-0) contre le Borussia Dortmund, que le directeur sportif, Rudi Völler, a revu les objectifs du club à la baisse en mentionnant que "l'objectif à minima est une qualification en Europa League". Une déclaration qui montre bien la déception actuelle. Alors que l'Allemagne, dans son intégralité, se réjouit d'accueillir la référence mondiale des dernières années question football, le Bayer Leverkusen voit aussi fondre sur lui ses poursuivants en Bundesliga.
POLO
Chroniqueur et éditorialiste spécialiste du football allemand sur RMC, Polo a choisi son pseudonyme en hommage au grand défenseur et esprit libre Paul Breitner, buteur lors de deux finales de Coupe du Monde et meilleur joueur étranger dès sa première saison au Real Madrid. Observateur de la saga de la Bundesliga, de ses grandes et de ses petites histoires, Polo a passé une grande partie de son existence outre-rhin à y écumer les stades.
























2- bundesliga
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5-ligaLe 14/02/2012 à 19:50
-->REGARDES BAYER - BARCELONE SUR PREMIERSHIP . ALTER VISTA . O R G
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PS: La Bundesliga n'est sous estimée, elle est tout simplement à sa place :D
Vive notre L1 xDLe 14/02/2012 à 18:19
J'ai vécu plusieurs années en Allemagne, j'en ai profité pour voir quelques matchs de Bundesliga, et l'ambiance est vraiment bon enfant, et ça joue vraiment au Foot !
J'espère que dans les prochaines années, les gens commencerons à s’intéresser à la Bundesliga, parce qu'ils ratent vraiment quelque chose ! :)Le 14/02/2012 à 16:59
REGARDES LA LIGUE DES CHAMPIONS SUR PREMIERSHIP . ALTER VISTA . O R G
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Ici seul les dirigeants semblent vouloir écarter les "vieux" comme ballack. Et l'avis des supporters comptent quand même beaucoup.Le 14/02/2012 à 16:14
As-tu une idée d'entraineur compétent qui pourrait le remplacer ? Juste des noms d'entraineurs qui te semblent en mesure de venir l'an prochain et que tu aimerais voir entrainer ce club ;) Pas forcement des rumeurs qui circulent.Le 14/02/2012 à 15:38
Tu dois habiter un endroit paumé du Perigord. Il vaut mieux que tu t'intéresses aux clubs de la Ligue 1 [...]
P.S. : Un peu d'humilité ne te fera pas de mal.Le 14/02/2012 à 14:55