Tous les jours, un regard de spécialiste mêlant érudition et second degré sur les clubs et les championnats étrangers.
Malouda, joueur de l'année 2010
LE JOUEUR DE L'ANNEE : MALOUDA
Wayne Rooney a connu trois bons mois, Thomas Vermaelen six. Et, comme la plupart des Français, le joueur qui décroche le titre cette saison a vécu un véritable calvaire au mois de juin en Afrique du sud. Or, pendant le reste de l’année 2010, Florent Malouda a été magnifique, pour certains même la raison pour laquelle Chelsea a réalisé le doublé. Il a inscrit 12 buts et délivré autant de passes décisives ; sa puissance, sa vitesse et son envie ont déteint sur les Blues.
Ce qui est d’autant plus frappant sur cette année 2010, c’est que bon nombre d’observateurs et même de supporters de Chelsea l’ont longtemps considéré comme une mauvaise pioche. L’un des derniers achats de Jose Mourinho est arrivé à Londres à l’été 2007 et avant même d’avoir terminé son intégration, il a souffert des déboires internes du club. Avram Grant, qui remplaça Mourinho, lui préférait notamment Joe Cole ou Salomon Kalou sur le côté gauche. Et même si l’Israélien l'a titularisé pour la finale de la Ligue des champions en 2008, beaucoup le voyaient quitter la capitale l’été suivant.
Ce n’est seulement une fois que Carlo Ancelotti est arrivé au club pour remettre un peu d’ordre à Stamford Bridge qu’on a commencé à voir le meilleur de Malouda. Le replaçant un peu plus dans l’axe, sur le côté gauche d’un milieu en losange, le technicien italien a trouvé la bonne formule pour exploiter au mieux la vitesse et le contrôle de balle du français. La confiance et la force retrouvée de Malouda a éclaté au grand jour lorsqu’il enrhuma avec une facilité déconcertante Darren Fletcher pour offrir un but tout fait à Joe Cole, lors du match pour le titre à Old Trafford la saison dernière. C’est là où le choix de Mourinho de le faire venir à Chelsea prit tout son sens.
Jamais nous n’aurions dû en douter.
LE MATCH DE L'ANNEE
Sans doute pas le match de la saison – on laissera ce titre à la victoire de United dans le derby de
Manchester (4-3) avant Noël – mais celui de l’année 2010 a eu lieu dans une enceinte inhabituelle : le
DW Stadium. Le comeback extraordinaire de Wigan dans les dix dernières minutes pour s’imposer face
à Arsenal (3-2) fut mémorable pour les téléspectateurs, tant pour les propos du consultant et ex-
Gunner Paul Merson, qui avait clamé avant la rencontre que les Latics ne jouaient pas un assez
bon football pour espérer se maintenir, que pour la capacité qu’a la Premier League à offrir de tels
scénarios.
Tous les ingrédients étaient réunis : un script que Hollywood considèrerait trop favorable à l’outsider,
des buts magnifiques et la décomposition progressive d’Arsène Wenger sur le banc de touche. Cette
rencontre d’une telle intensité, jouée à un rythme effréné, aurait dû être mise en bouteille le jour-
même. Quel spectacle!
LE JOUEUR A SUIVRE
Adam Johnson, Manchester City. Cela dit, seulement si Roberto Mancini décide de le faire jouer un
peu plus souvent. Des remplaçants qui font la différence, cela peut faire partie d'un choix tactique légitime, mais dans ce cas précis, le choix de l’Italien de préserver autant l’ailier anglais parait autodestructeur. A chacune
de ses rentrées, Johnson bonifie le jeu de son équipe et se montre toujours menaçant. Donnez-lui enfin le temps de jeu qu’il mérite, et Manchester City aura de meilleures chances de
devenir le prétendant au titre qu’il souhaite être.
Jim WHITE (traduction Edouard AUSTIN)
Plume du Daily Telegraph, pour qui il a couvert les plus grands événements sportifs, Jim White est l'une signatures les plus respectées de la presse anglaise. Ancien reporter pour Radios 4 et Radio 5, il est encore consultant pour la BBC et pour Sky, pour qui il a réalisé et présenté des documentaires sur Jose Mourinho et Sven-Goran Eriksson. Jim White tient une chronique sur eurosport.uk. Le post original est ici.
























Vous êtes authentifié comme journaliste :