Tous les jours, un regard de spécialiste mêlant érudition et second degré sur les clubs et les championnats étrangers.
Nouvelle génération, nouvelles ambitions
Dur de faire tomber les préjugés ! Encore plus quand l’élite a tout mis en œuvre pour faire perdurer des clichés peu avantageux. À la réputation de techniciens expérimentés mais frileux, représentés par Capello, Ranieri et Lippi, la nouvelle génération d’entraîneurs tente de répondre avec un soupçon de séduction et d’impertinence. Sans renier l’héritage de ceux avec qui ils ont évolué durant de nombreuses années, la nouvelle garde affirme, à qui veut l’entendre, sa volonté de jouer et de miser sur un football spectaculaire pour redonner l’envie aux gens d’aller au stade. Oui, il faut redimensionner le pouvoir du Catenaccio et son rayonnement au sein de la botte. Car l’entraîneur italien est maintenant jeune et tourné vers l’offensive.
Ils gèrent la pression et dirigent leur groupe avec autorité
Quand Massimiliano Allegri a débarqué à Milanello en juin 2010, un échec très rapide était largement envisagé. Comment un si jeune entraîneur allait-il pouvoir résister à la pression d’un Berlusconi aimant dicter les schémas de jeu ? Arriverait-il à gérer un groupe composé de sénateurs, de joueurs expérimentés et de fortes têtes ? Ce choix n’était-il pas celui par défaut, faute d’avoir réussi à convaincre un entraîneur plus titré ? Les questions méritaient d'être posées et les réponses ont levé toute ambiguïté.
Car Allegri ne venait pas de n’importe où, mais de Cagliari. Le club du bouillant président Cellino qui, à lui tout seul, alimente le cimetière des entraîneurs chaque saison, avec pas moins de vingt-quatre changements de coachs depuis 2000. Alors, tenir deux ans (2008-2010) dans ce club était un bon exercice avant de débarquer à Milan. Allegri a convaincu tout le monde en remportant un scudetto pour sa première année à l’AC Milan, titre qui lui échappait depuis 2004. Certes peu bavard, il responsabilise énormément ses joueurs et a la chance de pouvoir compter sur des éléments d’expérience. Il a su faire cohabiter Zlatan, Cassano et Boateng sur le front de l’attaque, trois joueurs orgueilleux et caractériels, qui lui ont rendu bien des services. L'intégration tactique des plus jeunes comme Aquilani et Nocerino, amenés à remplacer les "vieux" Gattuso, Ambrosini et Seedorf, s'est déroulée très rapidement.
À la Juve, Antonio Conte a remis le club sur le droit chemin. Auteur d’un véritable travail de fond, en ciselant aussi bien l’état d’esprit des joueurs que la façon d'évoluer sur le terrain, Conte a redonné à la Juve sa réputation de machine à gagner. À peine arrivé, il avait édicté une dizaine de commandements à ses joueurs, du plus important (l’alimentation) au plus strict (interdiction de rigoler à l’entraînement). La pression, il la connaît. Joueur à la Juve lorsque celle-ci était au sommet, Conte a aussi entraîné à Bari (2007-2009, club instable et chaud), Bergame (2009-2010) et Sienne (2010-2011), avec à la clé, deux montées en Serie A. Rien que ça.
Autre élément "nouveau" dans le paysage du football italien, Vincenzo Montella. L’ancien buteur d’Empoli, du Genoa, de la Samp et de la Roma a profité de ses blessures à répétition en fin de carrière pour accélérer son apprentissage. Devenu entraîneur dans les équipes de jeunes de la Roma, il a d’abord remplacé Ranieri, avec un certain succès, avant de prendre la direction de la Sicile et les rennes de Catane. Là encore, et pour le moment, une belle réussite. Le club de Catane est 8e de Série A et surtout un véritable poil à gratter pour les grosses écuries : l’Inter et Naples ont perdu, la Juve et la Lazio y ont laissé des plumes. Montella n’hésite pas à piocher dans toutes ses expériences de joueur pour se construire : Capello, Spalletti, et aussi son séjour à Londres avec Fulham d’où il a ramené quelques méthodes, comme les GPS à l’entraînement pour mieux suivre les joueurs au jour le jour.
Le "je" et le jeu
Plus expérimenté que les trois autres, mais seulement âgé de cinquante ans, Walter Mazzarri met lui aussi l’Italie à ses pieds. Encore que sa rhétorique devant la presse et son côté sûr de lui et de ses connaissances peuvent agacer. En témoigne son interview mardi au Corriere dello Sport où après une première demande banale, trois questions successives ont fusé sur son côté "prétentieux, antipathique et susceptible". Trois éléments qui caractérisent également cette nouvelle génération qui ne se laisse plus dompter par les médias. Les Conte, Montella, Mazzarri, à un degré moindre Allegri, sans oublier l’espagnol Luis Enrique, tous ont en commun cette aptitude à refuser la remise en cause. Cette génération du "moi je sais, je fais les entraînements, pas vous" peut paraître prétentieuse, à raison, mais elle ne connaît pas le doute et est sûre de ses qualités. Un élément important pour survivre aujourd’hui dans le foot italien. Et les résultats semblent leur donner raison : Juve premier, Milan deuxième, Roma sixième, Naples septième, Catane huitième.
Le fort caractère des entraîneurs semble suivre la courbe des égos des footballeurs. Est-ce pour autant une surprise ? Pas du tout. Face à "ces jeunes milliardaires, avec leurs luxueuses Ferrari et leurs caleçons Dolce et Gabbana" (pour reprendre une expression de la Gradinata Nord du Genoa), les techniciens doivent savoir leur tenir tête sous peine d’être débordés, comme le pauvre Gasperini en début de saison à l’Inter. Et dans ce petit jeu, les dirigeants ont une grande responsabilité. Regardez comme Luis Enrique a été défendu par les dirigeants de la Roma face aux attaques incessantes de la presse et de quelques accrochages en interne. Un modèle d’unité.
Le jeu, lui, a aussi évolué. Dans la bouche de Mazzarri, Conte, Montella et d’autres, le mot "spectacle" revient en permanence. Du beau jeu pour reconquérir le public, élément essentiel dans un projet à long terme (mot qui refait son apparition dans le foot italien), tant sur l’image que pour le business. Tactiquement, la nouvelle génération a été à la bonne école et les risques pris sont souvent payants. Antonio Conte a par exemple rapidement laissé tomber son 4-4-2 devant le faible rendement des ailiers, pour un 4-3-3 plus explosif. Citons également le repositionnement de Lodi "à la Pirlo" à Catane, la défense à 3 de Mazzarri, la promotion du 4-3-1-2 à Milan, système qu’avait mis en place Allegri à Cagliari, etc.
Que ce soit dans le management des joueurs ou dans la volonté de remettre le spectacle au cœur des matchs, la nouvelle génération des entraîneurs italiens est en passe de réussir son pari. Ce n’est pas seulement les clubs concernés qui doivent apprécier ce renouvellement sur les bancs de touche, mais toute l’Italie, des amateurs de foot aux instances officielles, puisque le changement de regard que les gens portent sur le Calcio, l’envie de réinvestir dans le foot italien et la confiance dans l’avenir passeront par eux.
PS : N’oublions pas Giuseppe Sannino qui fait un excellent boulot à Sienne et dont Luciano Spalletti affirmait, dans la presse italienne, être sa curiosité de la saison en cours.
PS2 : En Série B, de nombreux jeunes entraîneurs travaillent très bien et dans la lignée de ce que font leurs collègues de Série A. Citons Mandorlini (51 ans, Hellas Vérone, 2ème, et revenu d’une expérience couronnée de succès à Cluj), Fulvio Pea (44 ans, Sassuolo, 3ème, arrivé cette année en provenance de la Primavera de l’Inter, certainement mon coup de coeur), Dal Conto (36 ans, Padova, 5ème et première expérience au haut niveau) et enfin Maran (48 ans, Varese, 8ème et qui a redressé en trois mois son équipe, après le passage catastrophique de Benito Carbone).
Johann CROCHET (twitter : @roycod)
Fondateur de coupfranc.fr, blogueur, Johann Crochet a l'habitude de dire qu'une bonne journée commence par une revue de presse italienne et qu'une bonne année se mesure au nombre de matches de Serie A vus dans les stades. Par goût, il suit aussi le foot néerlandais et les championnats scandinaves.
























Juste une année supplémentaire et en Espagne sa parle déjà du prochain coach du barcaLe 13/01/2012 à 00:16
Il entraine depuis prsk 10ans
La lazio la fiorentina plusieurs année a linter
Plus dannees derrières lui que mazarri qui est plus âgé pourtant me semble t'ilLe 12/01/2012 à 23:57
Pck conte a su s adapter (bari atalanta sienne et mtn la Juve et tjr avc un certain succès )
Et je pense que guardiola , que j'aime bcp, ne pourra réussir ailleurs qua Barcelone
Pck il a le barca dans le sang , il va cartonné avec il je pense il sera bof bof avec les autres (si autre il y a et aussi pck avec le succès fou du barca on s attendra tjr a la meme chose ailleurs je pense)Le 12/01/2012 à 16:50
Dans l'article il est dit que Conte a fait monter deux équipes en Série A, preuve que son talent d'entraineur ne se résume pas qu'a manager des grands joueurs, et qu'il réussit aussi avec des petites équipes
Par contre je te rejoins sur un point: pour l'instant l'équipe est invaincue, tout va bien.... Comment cela se passera t il quand ça ira moins bien?
Rappelons que l'an dernier la Juve était 2nd a la trêve et s'était écroulée en deuxième partie de saisonLe 12/01/2012 à 14:49
Le championnat italien pourrait faire valoir plus de concurrence que les autres championnats s'il continue (Naples, Parme, Milan, Inter, Juve,...)Le 12/01/2012 à 14:32
on verra à la première anicroche ce qu'il va advenir de ces entraineurs "gâtés" par leur groupe de bons joueurs.
Pour l'instant ilo n'a que le championnat à gérer, on verra l'année prochaine avec en plus la Ligue des Champions et la pression internationale; ce pourrait être bien différentLe 12/01/2012 à 14:12
forzaaaaaaaaa juveeeeeee la leggenda siamo noi !!!!Le 12/01/2012 à 14:05