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Profession entraîneur, nationalité argentine
16/01/2012 - 16:43

Profession entraîneur, nationalité argentine

Pendant la trêve des confiseurs en Espagne, deux hommes ont fait couler beaucoup d’encre : Diego "el cholo" Simeone et Marcelo "el loco" Bielsa. Le premier est arrivé comme le messie à l’Atletico de Madrid et le second, actuellement à Bilbao, est pressenti pour prendre la suite de Guardiola, le jour où Pep aura décidé de passer le flambeau.

D’habitude, en Espagne, ce sont plutôt les joueurs argentins qui font la Une des médias. Messi, Higuain, Di Maria, Banega, Mascherano, etc. Partout où ils passent, les compatriotes de Diego Maradona déçoivent rarement, car ils ont tout pour réussir : technique, mental, sens de l’adaptation, savoir-faire tactique et excellente condition physique. Bref, ils ont été formés dans les règles de l’art par des entraîneurs qui connaissent bien leur métier.

Un bilan assez maigre

Mais si les joueurs sont, chaque saison, plus nombreux à quitter leurs terres pour tenter l’aventure européenne, les entraîneurs, eux, ont bien du mal à s’exporter sur le vieux continent. Carlos Bianchi par exemple, 15 titres au compteur, légende vivante au pays, n’a jamais réussi à s’installer confortablement sur un banc européen. Ses expériences à l’AS Roma et à l’Atletico de Madrid ont été des cuisants échecs. Idem pour Alfio Basile l’un des cadors des DT (Director Technico) argentins, qui n’est resté que 13 matches sur le banc de l’Atletico de Madrid… Et puis c’est tout. Au final, le seul qui a su tirer son épingle du jeu ces dernières années, c’est Hector Cuper. Mais depuis son passage à Valence (deux finales de la Ligue des Champions), le Poulidor argentin (deux défaites en finale de la Ligue des Champions en 2000 et 2001) a disparu de la circulation.

Le bilan est, il faut l’avouer, assez maigre pour l’un des grands pays du football. La dernière Coupe du monde a pourtant redonné quelques espoirs aux Argentins. Martino (Paraguay), Bielsa (Chili) et Maradona (Argentine) ont hissé leur sélection, au moins, jusqu’en huitièmes de finales. Aucune nation n’a été aussi bien représentée à ce stade de la compétition sur les bancs de touche en Afrique du Sud. Si Diego Maradona est allé garnir un peu plus son compte en banque à Dubaï, Gerardo Martino et Marcelo Bielsa ne se sont pas arrêtés en si bon chemin. Le premier est retourné au club de ses premiers amours (Newell’s Old Boys) et le second a posé ses valises à l’Athletic Bilbao. Les deux hommes, très proches, font partie de la génération de la cinquantaine triomphante en Argentine. Dans ce groupe de DT d’élite, on peut y ajouter Ricardo Gareca (53 ans), le coach de Velez Sarsfield et Jorge Sampaoli (51 ans) celui de l’Université du Chili. Ils sont les dignes représentants de la vieille école "romantique" des coachs argentins. Des héritiers de Cesar Luis "el flaco" Menotti. L’attaque, l’animation offensive est au centre de leur préoccupation.

Et puis, il y a des entraîneurs plein d’avenir comme Diego Simeone (41 ans), Diego Cagna (41 ans) ou encore Matias Almeyda (38 ans). Eux sont dans la lignée des deux Carlos, Bilardo et Bianchi. Ils sont plus pragmatiques. Ils prennent moins de risques. Ils ont été élevés à la rigueur européenne, où lorsque seule la victoire est belle.

L’Espagne est déjà tombée amoureuse de Marcelo Bielsa. Un entraîneur, comme son surnom l’indique (el loco = le fou), obsédé par le ballon rond, obnubilé par le détail. Ses équipes ont toujours pratiqué un jeu résolument tourné vers l’attaque. "Je suis obsédé par l’attaque. Je regarde beaucoup de vidéos pour trouver des nouvelles idées de jeu offensif. Vous savez quelle est ma philosophie défensive ? Il faut courir tous ensemble. Le travail de récupération du ballon se limite à quelques schémas inébranlables. Alors que le football offensif, lui, est infini, inépuisable. C’est pour cette raison qu’il est plus facile de défendre que d’attaquer. Courir c’est le fruit de la volonté alors que créer demande du talent." Partout où il est passé, Marcelo Bielsa, a laissé son empreinte et de beaux souvenirs. Ses joueurs l’adorent. Et pourtant, l’homme est très exigeant. Lorsqu’il était sélectionneur du Chili, il a, par exemple créé 27 tactiques différentes sur les touches. Pour ceux qui le prennent pour un fou, il a une réponse est toute trouvée : "un homme avec des idées neuves est un fou jusqu’à ce que ses idées triomphent."

Simeone, premier défi

Dans le milieu, sa renommée est internationale. D’ailleurs, avant de se lancer dans le grand bain, Pep Guardiola avait fait le voyage jusqu’en Argentine pour le rencontrer. Bielsa lui avait alors ouvert en grand les portes de sa maison. Les deux hommes, après avoir mangé un bon asado (grillades argentines) avaient discuté pendant plus de 11 heures non-stop. Pep s’en souvient encore. Alors lorsque le nom de Bielsa a été évoqué pour le remplacer le moment venu, Guardiola n’a pas hésité à donner son feu vert. Sur le marché, ils ne sont, en effet, pas nombreux à réfléchir et encore réfléchir sur le jeu d’attaque.

Ce n’est pas encore le cas de Diego Simeone. Depuis qu’il a débuté sa carrière d’entraîneur, en 2006, au Racing Club d’Avellaneda, il savait qu’un jour où l’autre il prendrait place sur le banc de l’Atletico de Madrid. Son début de carrière est prometteur. Il a déjà remporté deux championnats d’Argentine avec deux clubs différents (Estudiantes, ouverture 2006 et River Plate, fermeture 2008). Et son premier passage en Europe, à Catane, la saison dernière a été une franche réussite. Il a récupéré une équipe moribonde en milieu de saison pour la hisser jusqu’à une historique 13e place. L’Atletico de Madrid est le premier grand défi de sa carrière. Parce que le Cholo est une idole "colchonera". Il y a joué trois saisons et c’est lui, qui portait le brassard de capitaine, lors du doublé Coupe-Championnat en 1995. Les supporters l’ont donc accueilli les bras ouverts. Ils étaient 2500 lors de son premier entraînement au stade Vicente Calderon. Simeone sait que la tâche est ardue dans un club grand consommateur d’entraîneurs (il est le 25e depuis la saison 1998/1999). Il ne prendra donc certainement pas de risques inconsidérés. D’ailleurs, lors de sa présentation, il a déclaré : "J’ai beaucoup de pression sur les épaules, mais ça ne me dérange pas. Moi, ce que je veux, c’est une équipe agressive, physique, compacte et rapide en contre-attaque. Il faut d’abord bien défendre avant de penser à attaquer." N’est pas Bielsa qui veut…

Alexandre JUILLARD
Journaliste indépendant, spécialiste du football latino-américain, Alexandre Juillard a passé presque sept ans sur les bords du Rio de la Plata, à Buenos Aires, dans la ville où le football coule dans les veines de tous ses habitants. Réalisateur, il a écrit une biographie sur Diego Maradona, "un magicien mais aussi la plus grande gueule que le football a mis au monde", dit-il.

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6 Commentaires
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  • 6.
    nessah56@ lacro_bate : peut être parce que Helenio Harrera a été naturalisé français!
    Néanmoins, c'est clair qu'il a sa place dans l'article, demandez à l'Inter Milan ce qu'ils en pense ;)
    Le 17/01/2012 à 23:29
     
     
     
  • 5.
    nonda243k0bus17, la question sur Bielsa a été posée à Guardiola qui a donné son avis, et non Rossel.
    Sinon bel article, mais qui zappe superbement Pochetino qui est entrain de faire un bon boulot cette saison avec l'Espanyol malgré un budget transfert maigre !
    Le 17/01/2012 à 22:37
     
     
     
  • 4.
    pikachchiotteLe 17/01/2012 à 20:36
     
     
     
  • 3.
    lacro_bateComment ne pas parler d'Helenio Herrera!!Le 17/01/2012 à 18:27
     
     
     
  • 2.
    k0bus17Alexandre JUILLARD, je suis pas d'accord avec toi Sandro Rossel veut Löw et personne d'autre apres GuardiolaLe 17/01/2012 à 18:23
     
     
     
  • 1.
    Carglassrepart-CarglassremplaceMerci pour ce sujet très intéressant sur les coachs argentins. Juste une précision, le doublé coupe-championnat de l'Atletico a eu lieu en 1996.

    En tout cas, merci d'informer les amateurs de foot de toutes ces choses dont on parler trop rarement
    Le 17/01/2012 à 18:17
     
     
     
 
 
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