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Rome apprend le mot patience
17/12/2011 - 16:04

Rome apprend le mot patience

(Retrouvez la première partie consacrée à Luis Enrique)

Projet. Certainement le mot le plus utilisé par toutes les gazettes sportives depuis maintenant cinq mois lorsqu’il s’agit de parler de l’AS Roma. Dans toutes les langues et à toutes les sauces, le projet des américano-espagnols fait débat. À chaque défaite, il est remis en cause. À l’inverse, chaque point pris doit conforter les dirigeants dans leur vision de l’avenir. Mais qu’en est-il vraiment ? Des dirigeants à l’entraîneur, en passant par les coulisses, le mercato et l’influence barcelonaise, état des lieux d’un joyeux désordre où le mot « patience » est roi. De quoi conforter tous les adages de la Ville Eternelle, de « A Rome, on vit à la Romaine » à « Rome ne s’est pas construite en un jour ».

Inculquer la patience et la vision à long terme

En quelques jours, on a vu le meilleur et le pire des tifosi Giallorossi. Contre Lecce fin novembre, la Curva Sud affichait une banderole « mai schiavi del risultato » (jamais esclaves du résultat) pour montrer qu’ils sauraient être patients. Un acte touchant pour Daniele De Rossi expliquant alors qu’il était « très étonné par la patience montrée par les tifosi » dans une ville qui n’en a jamais fait preuve. Mais cela n’a pas duré, deux défaites plus tard, à Udine et Florence, certains supporters ont réclamé le départ de Luis Enrique, d’abord à l’Artemio Franchi, puis à la gare de Termini lors du retour des joueurs dans la Capitale. Une preuve de plus que la patience a ses limites et que le technicien souffle le chaud et le froid sur les rives du Tibre.

Début juillet, toutes les parties (dirigeants, entraîneur, joueur) avaient pourtant négocié habilement la médiatisation de ce nouveau projet. Luis Enrique avait affirmé qu’il ne ferait aucune promesse, sinon celle de jouer la carte de l’offensive. Tom Di Benedetto, nouveau propriétaire, avait lui parlé d’une simple envie européen sans fixer des objectifs trop compliqués à atteindre. Tout le monde avait joué la carte de la couverture… au cas où. Surtout, pour calmer l’euphorie des tifosi, ravis de voir des propriétaires fortunés arriver, après des années d’austérité sur la fin du règne de la famille Sensi.

Lors du mercato estival, les dirigeants ont confirmé le projet sur l’avenir et ont misé sur de jeunes joueurs : Lamela (19), Borini (20), Bojan (21), Pjanic (21), Kjaer (22), José Angel (22), Osvaldo (25), Gago (25). Autant d’immaturité que l’on retrouve aujourd’hui en Série A. Incapables de gérer un match, la Roma se fait souvent rejoindre et se fait avoir par son manque d’expérience. Ce projet d’envergure porte sur plusieurs années et l’administrateur délégué, Fenucci, a même expliqué que la Roma n’avait pas prévu de gagner avant 2014. Puis s’est un peu ravisé devant les réactions allergiques à un tel manque d’ambition. Sans pour autant revenir sur les deux mots d’ordre « confiance » (envers l’entraîneur) et « patience » avant d’obtenir des résultats.

Des dirigeants sur tous les fronts

A Rome, il n’y a jamais de période de calme. Les nouveaux propriétaires américains s’en sont rapidement rendu compte.  A la crise de résultats et au scepticisme de la presse sont venues se mêler plusieurs brouilles comme entre Totti et Enrique, ou entre Osvaldo et Lamela. Le buteur italo-argentin, justement, a certes marqué cinq buts depuis le début de saison mais fait surtout parler de lui en dehors du terrain. Après s’être brouillé avec Lamela dans le vestiaire à Udine, il a remis ça avec Heinze à l'entraînement avant de filer tout droit au vestiaire après son remplacement contre la Juve. Une attitude loin d’être professionnelle mais pas si surprenante. Renseignements pris auprès de François David, journaliste français basé à Barcelone, et également rédacteur sur Euro-visions, Osvaldo n’a pas laissé un souvenir impérissable du côté de l’Espanyol : égo énorme, relations compliquées avec des partenaires, départ comme un voleur…

A chaque fois, une armada de dirigeants s’est relayée pour éteindre les incendies. L’organigramme pose aussi question. Derrière le président Tom Di Benedetto, se trouvent un administrateur délégué (Fenucci), un directeur général (Baldini) et un directeur sportif (Sabatini). Autant dire que ce n’est pas simple et que l’on peine à savoir qui fait quoi. Même flou artistique au conseil d’administration. Réuni jeudi après-midi, il a vu deux nouvelles têtes arriver, un ancien d’HSBC, Mark Pannes et l’ex-directeur exécutif de Goldman and Sachs, Brian Klein. Les deux vont récupérer des prérogatives de Di Benedetto qui se retrouve du coup un peu en difficulté, malgré les démentis du jour. Pannes aura notamment pour mission de s’occuper du marketing, des droits TV et des relations commerciales. Encore un changement. Toujours pas de stabilité. Le si beau projet est-il déjà cassé ? Rome, capitale du monde mais déjà Kaputt ?

Le projet sportif de la Roma autour de Luis Enrique est aussi économique. Les nouveaux propriétaires veulent rendre le club "fair-play financier compatible". Au mercato hivernal, plusieurs joueurs devront partir. En haut de la liste figurent Simplicio, Juan et Borriello, soient trois membres du loft. Dans l’autre sens, plusieurs joueurs arriveront. "Prometteurs" a déjà annoncé Walter Sabatini. Histoire de rajouter un peu plus d’inexpérience à cette équipe et montrer que le projet s’inscrit bien dans la durée. Les tifosi, quant à eux, devront être encore un peu plus patients mais après tout, "Rome ne s’est pas faite en un jour". Reste à réapprendre aux Romains l’histoire de leur ville…

Johann CROCHET
Fondateur de coupfranc.fr, blogueur, Johann Crochet a l'habitude de dire qu'une bonne journée commence par une revue de presse italienne et qu'une bonne année se mesure au nombre de matches de Serie A vus dans les stades. Par goût, il suit aussi le foot néerlandais et les championnats scandinaves.

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7 Commentaires
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  • 7.
    Forzamilan 14@3 oui et c des soldes d hiver pour les autres clubs....ils peuvent avoir ces joueurs à des prix plutôt intéressant!Le 18/12/2011 à 22:12
     
     
     
  • 6.
    barcelonamanL ambiance labas a l air particulierement bizarre ^^Le 18/12/2011 à 20:32
     
     
     
  • 5.
    MathieU-57120Luis Enrique devrait faire confiance à Borriello ...
    Et si ils vendent Juan ils ont interet à trouver un bon remplacant !
    Le 18/12/2011 à 20:00
     
     
     
  • 4.
    ayoub061David Pizarro on se demande ques qui faitLe 18/12/2011 à 17:42
     
     
     
  • 3.
    JohannCNon, le loft rassemble les joueurs sur qui ne compte pas Luis Enrique et qui devraient partir au mercato d'hiver : Simplicio, Borriello, Cicinho et Juan.Le 18/12/2011 à 12:33
     
     
     
  • 2.
    realgunnersfedc est une image pour montrer ds joueurs anciens au club je penseLe 18/12/2011 à 00:43
     
     
     
  • 1.
    Dr. FunkensteinBonjour,
    Pour commencer, bravo pour ce très bon double-article, très instructif. Et je voulais savoir si vous pouviez en dire un peu plus sur cette histoire de loft pcq j'ai pas bien compris de quoi il s'agit...
    Le 17/12/2011 à 20:13
     
     
     
 
 
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