Tous les jours, un regard de spécialiste mêlant érudition et second degré sur les clubs et les championnats étrangers.
Stuttgart en mode sinusoïdal
Actuellement quatrième au classement, le VfB Stuttgart joue à merveille son rôle d’outsider. Cependant, sa réputation d’équipe chroniquement malade la précède. Entre le désir de revenir à un haut niveau et ses interrogations sur le terrain, le club-phare du Bade-Württenberg, champion depuis 2007, reste bien mystérieux.
6 août 2011, c’est l’ouverture du championnat et les Schwaben corrigent les Königsblauen 3-0. Ce score leur permet d’être co- leaders de la Bundesliga et d’effacer le souvenir du parcours chaotique de l’année dernière. Mais c’est oublier trop facilement que Schalke 04 prend régulièrement des roustes lorsqu’il se déplace dans le Bade-Württemberg. Pourtant, à l’image des équipes capables de concurrencer le Bayern Munich, le VfB souffle le chaud et le froid.
Les montagnes russes
C’est un grand classique en Bundesliga ! Le VfB Stuttgart ne sait sur quel pied danser. Ce club appartient pourtant aux grands Vereine allemands prêts à rivaliser avec le FC Bayern. Une de ces entités, réalisant plus de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires, à l’image de Dortmund, Schalke, Hambourg et le Werder. Un seul défaut cependant : le manque de régularité dans les performances. Depuis le titre de 2007, le parcours du VfB est digne d’un mauvais tracé d’une étape de montagne du Tour de France, où la plus grande difficulté de la journée apparaît lors du premier col hors catégorie pour continuer par des « bosses » de moins en moins délicates à franchir.
L’entraîneur victorieux du Meisterschale en 2007, Armin Veh, est démissionné à la 14e journée de la saison 2008-2009. Stuttgart est alors onzième. Son successeur, Markus Babel, réalise l’exploit d’emmener l’équipe à la troisième place, synonyme de tour préliminaire de la Ligue des champions, avant de s’écrouler l’année suivante. Le Suisse Gross récupère le club barragiste à mi-championnat en 2009-2010, pour à nouveau amorcer un rebond fabuleux puisqu’il qualifie le groupe pour l’Europa League… avant de choir à son tour. Après l’intermède Keller, Bruno Labbadia prend en charge les professionnels en position de relégable et assure la pérennité du club en Bundesliga. Le VfB a donc une formidable capacité de réaction, sauf que les coaches successifs se voient attribuer lors de chaque reprise en main une équipe moins performante.
A chaque année son grand départ !
60.000 supporters dans le stade contre les Knappen ! Le Mercedes-Benz Arena, nouvelle version, affiche complet. La célèbre Cannstätter Kurve est rouverte après deux ans de travaux et les ultras donnent de la voix. Cet agrandissement, aussi bien que cet embellissement, constitue l’une des principales raisons qui expliquent la baisse de qualité de l’effectif. Le financement s’est fait sur le dos du secteur sportif et chaque mercato estival voit un membre éminent quitter le club. Ce fut Gomez, puis Khedira et maintenant Träsch. Si la balance des transferts est positive depuis plusieurs années, ce qui est rare pour un club affichant plus de cent millions d’euros de chiffre d’affaires, la qualité intrinsèque de l’équipe a perdu de sa valeur. Mais aussi une certaine identité. Si des noms sont arrivés dans cette région (Boulahrouz, Molinaro, Kuzmanovic, Pogrebnyak, Marica), leur empathie pour le maillot du VfB est moins importante que celle que ressentait la génération des Hildebrand, Hitzlsperger, Hilbert… et du Français Delpierre.
Bobic : la fin du « Zick-Zack-Kurs » ?
L’arrivée de l’historique Fredi Bobic en tant que directeur sportif, en juillet 2010, sonne la fin de la récréation : Stuttgart se recentre sur ses valeurs. Marica est éjecté et les hauts salaires sont pointés du doigt. Aujourd’hui, Delpierre, plus que souvent blessé, Boulahrouz et Pogrebnyak sont en fin de contrat et leur avenir n’est pas assuré.
Il faut en finir avec le « Zick-Zack-Kurs », cette ligne sinusoïdale de résultat. Formidable machine à former des joueurs, la meilleure école du pays, les Schwaben se sont éloignés de leurs fondamentaux. Lors du petit derby contre le TSG Hoffenheim, pas moins de sept joueurs ayant porté le maillot du VfB étaient dans l’équipe adverse, notamment l’international Beck et l’espoir Rudy. Bobic lance le cri de ralliement et appelle ses anciens pensionnaires à revenir au bercail. Beck, libre en 2012, préfère prolonger. Un râteau qui laisse songeur quant à la politique des transferts. Autre exemple, le cas du jeune portier Bernd Leno, prêté au Bayer Leverkusen, qui n’est pas sûr de revenir à Stuttgart. Encore plus explicites sont les négociations délicates avec Träsch. Alors que le club assurait à ce dernier une place de titulaire au poste d’arrière droit, favorisant sa sélection en équipe nationale, un doublement de son salaire et un contrat à long terme, le joueur a finalement opté pour l’exil à Wolfsburg.
Troisième journée, Stuttgart s’incline à domicile contre Leverkusen puis à l’extérieur à Berlin, avant d’enchaîner 4 victoires en 5 rencontres. La stabilité n’est pas encore au programme, mais comme Dortmund, Brême, Leverkusen, Schalke sont dans le même cas de figure, cette façon chronique de tanguer, derrière le Bayern, passe pour la norme…
POLO
Chroniqueur et éditorialiste spécialiste du football allemand sur RMC, Polo a choisi son pseudonyme en hommage au grand défenseur et esprit libre Paul Breitner, buteur lors de deux finales de Coupe du Monde et meilleur joueur étranger dès sa première saison au Real Madrid. Observateur de la saga de la Bundesliga, de ses grandes et de ses petites histoires, Polo a passé une grande partie de son existence outre-rhin à y écumer les stades.
























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finit les velines ?Le 27/10/2011 à 11:17
nous avons une expression en France :
on sait ce qu'on perd mais pas ce qu'on gagne
c vrai que c francais alors peut etre que cela s'adapte a la mentalité germaine aussi bien qu'un appareil electro ménager europeen aux States...Le 27/10/2011 à 11:17