Les journalistes d'Eurosport.fr partent à la recherche des joueurs de demain.
Cabella, "le petit jobard"
Rémy Cabella explose depuis quelques mois à Montpellier. Sa spontanéité et son insouciance en font désormais l'un des hommes de base du onze des dauphins du PSG. Le chouchou de Louis Nicollin vise très haut. Et compte bien un jour, se faire l'égal de son idole, Cristiano Ronaldo.
Coups de rasoir dans les sourcils, coiffure soigneusement étudiée, gros bolide orange barré de ses deux initiales sur le coffre : Rémy Cabella partage avec son idole Cristiano Ronaldo le goût du bling bling et de l'apparence. Les dérives de la jeunesse dorée nourrie aux millions du foot business ? Le raccourci est facile et n'épouse que partiellement les contours de la personnalité du jeune Montpelliérain. Car, à 22 ans, Cabella est bien loin des stéréotypes qui collent aux jeunes footballeurs. "Le petit jobard", comme aime le surnommer Louis Nicollin, respire le plaisir du jeu et prend un malin plaisir à enchainer les concours de jongles. Quand beaucoup de ses camarades baissent la tête devant les micros ou tirent la tronche à l'entrainement, Cabella chambre, sourit et parle. Beaucoup.
Voilà ce qui fait sa force car sa joie de vivre rejaillit sur le terrain."On aime sa personnalité. Il a un excellent état d'esprit. Sa spontanéité et son enthousiasme sont rafraichissants. En match, il est pareil", s'enthousiasme Eric Mombaerts qui en a fait l'une des pièces maîtresses de son onze chez les Espoirs. "Il a toujours l'innocence qui colle à son âge. Il est un peu fou-fou. Pour lui, le foot, c'est jouer avec ses copains, faire des gris-gris s'amuser. Voilà pourquoi il a percé", renchérit Faruk Hadzibegic qui l'a lancé dans le grand bain de la L1 la saison dernière à Arles-Avignon.
"Cabella, je l'adore"
Ce plaisir de s'amuser avec le ballon, Cabella l'entretient depuis ses trois ans où il débute le football à l'AC Ajaccio. Ce Corse pure souche passera par le Gazélec avant d'atterrir à 14 ans dans l'Hérault. "Ce sont des amis corses qui m'ont appelé pour qu'on se penche sur son cas", se souvient Louis Nicollin qui doit faire face à une rude concurrence. Mais Cabella, devenu l'un des chouchous de "Loulou", termine bien sa formation du côté du MHSC. Un choix que ne regrette pas l'emblématique président : "Cabella, je l'adore", synthétise-t-il.
Il fait partie de la génération dorée de Montpellier. Le cru 1990 dans lequel figurent également Younes Belhanda et son pote Benjamin Stambouli. Des hommes qui ont déjà une ligne au palmarès : la Coupe Gambardella 2009. Au Stade de France, Cabella se régale ce jour-là face à Nantes (2-0) et scelle le score d'un enchainement crochet extérieur-balle piquée qui porte son empreinte. Une blessure aux ligaments croisés du genou droit contrarie sa progression et retarde son éclosion chez les professionnels. Belhanda et Stambouli lui grillent la politesse et Cabella doit s'exiler chez le promu Arles-Avignon pour exister.
Son gabarit, un obstacle ?
Face à Nancy, le 4 décembre 2010, il débute enfin en Ligue 1. Faruk Hadzibegic se souvient : "Il n'avait pas peur de provoquer et il nous a amenés beaucoup de fraicheur. Techniquement, il est au-dessus du lot. Ses changements de rythme nous ont fait un bien fou." Cabella ne ratera que 4 matches de la phase retour et inscrira trois buts. De retour à Montpellier, il joue les doublures d'un Belhanda devenu incontournable. Mais quand le Marocain file à la CAN, le Corse explose. Le retour de Belhanda dans le onze n'y change rien. Cabella a gagné sa place. "Il a une grande confiance en lui et des aptitudes mentales au-dessus de la moyenne. Il prend des risques et assume ses responsabilités", note Mombaerts.
Sa devise : "Si tu ne vise pas la lune, tu ne pourras jamais toucher les étoiles." Qu'est-ce qui pourrait faire obstacle à son ascension ? "Il doit progresser dans la lecture des différentes situations de jeu et dans ses décisions. S'il se heurte à un mur, il doit arrêter d'y rentrer dedans", prévient Mombaerts. "Son gabarit (1,71m) pose question", continue Hadzibegic. Mais l'entraineur bosnien est persuadé que Cabella peut aller très loin : "Il créé son propre style, toujours avec le sourire et sans souffrance. C'est l'un des rares joueurs qui peut toujours vous surprendre." Lui se dit prêt à se rapprocher de Cristiano Ronaldo. Sur le terrain et plus seulement dans les apparences.
Martin MOSNIER























