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Khazri, la pépite corse
Wahbi Khazri s'est imposé à 21 ans comme le stratège du Sporting Club de Bastia qui lui doit une bonne partie de son accession en L1.
Un enfant d'Ajaccio qui fait l'unanimité à Bastia. Ce n'est pas commun mais tel est le destin de Wahbi Khazri, le jeune milieu offensif corse, qui, à 21 ans, a porté sur ses épaules le Sporting Club de Bastia cette saison. Au bout, un titre de champion de Ligue 2 et l'élite. En deux ans, le voilà qui passe du National à la Ligue 1, sans ciller avec un aplomb et une confiance en lui qui pourraient l'amener loin. Quand d'autres prennent les escaliers, lui s'installe dans l'ascenseur. Une ascension fulgurante qui semble charmer certaines grosses écuries de l'élite.
Il faut dire que Khazri est en fin de contrat. Ce qui a tendance à tendre Frédéric Hantz, son coach en Corse : "La semaine dernière, on s'est assis tous les deux à l'entraînement. Il me dit : "Coach, vous resignez ou pas ?" Je lui ai répondu : "Et toi ?" et il m'a dit qu'il attendait que je prolonge pour resigner", s'amuse Hantz. Avant de râler : "Il m'a cassé les pieds toute l'année. Ça fait plus d'un an que je veux qu'il prolonge et il ne l'a toujours pas fait." Pourtant, Khazri clame que son souhait premier est de rester fidèle à son club formateur : "Pour tout joueur de foot, découvrir l'élite avec le club qui l'a formé, c'est beau. Moi ça me plairait de rester à Bastia", annonce-t-il malgré les appels du pied de Lille, Marseille ou Montpellier. En janvier, ce sont les Blackburn Rovers qui avaient proposé 1,2 millions d'euros pour s'attacher les services du joyau. En vain.
"Un joueur rare"
Il faut dire que Khazri a du talent plein les pattes. "C'est un joueur qui a pris une autre dimension cette saison", continue Hantz. "C'est un joueur rare car il fait la différence. Il a marqué des buts, fait des passes décisives." Voilà ce qui fait sa force. Milieu gauche, Khazri est un joueur décisif. Le 20 février 2009 pour son premier match chez les professionnels, il délivre face à Amiens une passe décisive. Bastia s'impose au stade de la Licorne (0-1). Une semaine plus tard, pour son premier match à Armand-Cesari, il inscrit sur coup franc le seul but de la rencontre face à Montpellier (1-0). C'est le début de la Khazri-dépendance.
Neuf buts et sept passes décisives à 21 ans et pour sa première saison dans l'antichambre de l'élite : le potentiel est énorme. Ses changements de rythme et sa qualité sur coup de pied arrêté en font une pièce maitresse du collectif corse. Derrière, Fethi Harek, il est celui qui a disputé le plus de matches cette saison avec le Sporting en L2 (31). Son entraineur encore : "Ce fut une saison difficile à vivre pour lui parce qu'il était en fin de contrat et objet de beaucoup de sollicitations et de pression pour qu'il prolonge. Mais il a été capable de rester efficace et régulier", se réjouit-il. "C'est le signe d'un joueur qui arrive à maturité malgré son jeune âge."
Comme Belhanda à Montpellier ?
Son coach en est persuadé, Khazri peut mettre la Ligue 1 à ses pieds l'an prochain et suivre la trajectoire d'un Belhanda. "Chez les jeunes, il faut faire attention car tout peut vite basculer", se méfie tout de même Hantz, conscient que Khazri n'a pas encore tout à fait terminé sa formation. "Il lui reste beaucoup de choses à travailler. Il doit être meilleur dans la prise d'information", note le coach bastiais. "Ses atouts : la technique, la force et sa capacité à finir les actions. Il est très bon sur les coups de pieds arrêtés. Il doit voir plus vite et gagner en volume athlétique pour être plus constant sur la durée d'un match."
Sélectionné chez les Bleuets, cette année, il n'a toujours pas fait son choix entre la sélection tricolore et la Tunisie. Autant dire qu'entre son club et sa sélection, Khazri est au carrefour de ses ambitions. "J'espère qu'il va rester chez nous", lance Hantz. "Ce serait utile pour lui car il apprécie le contexte et il sait qu'il jouera. Il prendra encore plus de valeur. Il vaut mieux cela que de partir cet été pour être trentième dans un groupe." L'heure est au choix. Pas encore celui du roi. Mais ça ne saurait tarder.
Martin MOSNIER (@MM_eurosportfr)























