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Alessandrini, des fourmis dans les jambes
A 23 ans, le nouveau milieu offensif du Stade Rennais entend mettre le feu aux défenses de Ligue 1, après avoir malmené celles de Ligue 2.
Pierre Dréossi, le manager général du Stade Rennais, "recherchait un gaucher". Il l'a trouvé en la personne de Romain Alessandrini. Jeudi, le milieu offensif de 23 ans s'est engagé pour quatre saisons avec le club breton. Au nez et à la barbe de Sochaux, Lille, Saint-Etienne et même de quelques écuries étrangères. Car Alessandrini était un homme courtisé. Ses prestations clermontoises ne sont pas passées inaperçues. Sous le maillot auvergnat, il a donné le tournis aux défenses de Ligue 2. Ses 22 buts et 11 passes décisives lors des deux dernières saisons en ont fait un incontournable de l'équipe-type du Championnat.
L'été dernier, déjà, Alessandrini attisait les convoitises. Il se voyait déjà côtoyer l'élite du football français. Son départ de Clermont semblait acté. Il ne s'est pas concrétisé. Sur le coup, la pilule a été dure à avaler. Avec du recul, "cette année supplémentaire en Ligue 2 m'a fait encore plus de bien", admet le néo-Rennais. "Maintenant, je pense que c'est le bon moment. Je suis prêt pour la Ligue 1."
Recalé par l'OM
Auparavant, le natif de Marseille avait connu un parcours sinueux, semé d'embûches. Alessandrini a grandi dans le quartier des Chartreux, au Nord-Est de la cité phocéenne. Ses premiers pas dans le foot, il les effectue à Plan-de-Cuques. A 9 ans, il intègre l'OM. Problème : le club olympien voit en ce poids plume un latéral gauche. Pas un milieu offensif. Quand d'autres camarades de promo intègrent le centre de formation, Alessandrini, lui, reste à quai. Il a 15 ans, et songe déjà à ranger ses crampons. Eté 2004 : le FC Gueugnon lui tend la main. Il est finalement élevé à l'école bourguignonne.
Pour Alessandrini, la relégation des Forgerons en National est une aubaine. En 2008, Hubert Fournier et René Le Lamer le lancent dans le grand bain professionnel. Sa première saison lui ouvre de nouveaux horizons. Vite assombris par une rupture des ligaments croisés du genou, en août 2009, lors d'un premier tour de Coupe de la Ligue face au Paris FC.
"Il doit apprendre à fermer sa gueule"
A son retour, la concurrence s'appelle Giovan Vairelles, le frère de Tony, qui a pris les rênes du FC Gueugnon. Alessandrini joue les derniers matches de la saison. Marque deux fois. Et convainc Clermont, en quête d'un remplaçant à Yacine Brahimi... reparti à Rennes. Michel Der Zakarian découvre un joueur "techniquement au-dessus du lot", devenu depuis "une valeur sûre". Qui mesure sa chance, savoure sa vie de footballeur. "Quand je rentre sur le terrain, c'est un amusement, un sport avant tout", insiste-t-il.
A Rennes, Alessandrini sait qu'il devra se faire une place au milieu des Kembo, Pitroipa, Boukari et... Brahimi. "Plusieurs ont le même profil que le mien, reconnaît-il. Mais je vais essayer d'apporter mon pied gauche car il n'y a pas beaucoup de gauchers dans cet effectif. J'aime bien percuter et, bien sûr, il faudra que j'essaye de marquer le plus possible." Il lui faudra aussi maîtriser ses nerfs. Provocateur balle au pied, Alessandrini n'hésite pas à montrer au front lorsque les arbitres ne lui accordent pas les coups francs recherchés. La saison passée, ce tempérament lui a valu huit cartons jaunes et un rouge. Michel Der Zakarian n'a qu'un conseil à lui donner : "Il doit apprendre à fermer sa gueule, à prendre exemple sur un garçon qui prend des tampons tout au long d’un match sans rien dire : Lionel Messi."
Gil BAUDU (Twitter : @gbaudu)























