Les journalistes d'Eurosport.fr partent à la recherche des joueurs de demain.
Knockaert, l'impatient anglais
Révélation de Guingamp la saison passée, Anthony Knockaert, 20 ans, a tenté un pari en rejoignant Leicester, club de D2 anglaise. Un palier à franchir avant de découvrir cette Premier League qui attire tant l'ailier international Espoirs.
A 20 ans, Anthony Knockaert n'est pas encore comblé. Mais il a déjà réalisé plusieurs rêves. Celui d'être footballeur professionnel, à côté duquel il aurait pu passer sans le soutien décisif de son père. Le Nordiste a vu un autre souhait se réaliser cet été en traversant la Manche. Il aurait pu faire le chemin inverse et rejoindre Montpellier, qui voulait le recruter. Il a finalement signé pour Leicester, en Championship, l'équivalent de la Ligue 2 en Angleterre. Pour beaucoup, cela pourrait s'apparenter à un choix par défaut, pour d'autres à un pari. Pas pour Knockaert.
Le petit ailier n'était cependant pas insensible au challenge montpelliérain après avoir explosé à Guingamp l'an passé. Sa vivacité, sa technique en mouvement et son sens de la finition ont plu au champion. Mais son aventure avec le MHSC s'est arrêtée dès le stade des contacts. "Cela n'a pas pu se faire car le président demandait beaucoup d'argent pour me laisser partir", révèle l'international Espoirs, appelé pour la première fois dans le groupe d'Erick Mombaerts à la fin du mois d'août. Des intérêts de Newcastle et de Marseille ont également été évoqués dans les médias. Mais c'est finalement à Leicester, un club moins prestigieux évoluant en division inférieure, que Knockaert a posé ses valises. "J'en ai longuement discuté avec mon agent, j'ai beaucoup étudié le club et ça m'intéresse parce qu'ils vont essayer de monter en Premier League cette année", explique-t-il.
Il suffit de l'écouter parler de sa nouvelle terre d'accueil pour comprendre que le championnat anglais est un moteur dans la carrière de Knockaert. "Dans le foot, j'ai toujours préféré la Premier League. C'était un rêve, un objectif. Là c'est le Championship, mais ça me fait plaisir de jouer ce championnat. En Angleterre, le foot c'est la vie. C'est ce qui me plaît", confie le nouvel ailier des Foxes. Même s'il n'est arrivé que cet été, il a déjà pu se rendre compte de l'écart qui existe entre le football français et anglais. "Il y a un décalage entre la D2 française et la D2 anglaise. Sur le plan des installations par exemple. Ça donne envie de donner le maximum. Le stade, les infrastructures, le staff... Tous ces petits détails qui font la différence, même si je n'ai pas connu beaucoup de clubs de Ligue 2.Les choses sont faites pour qu'on soit au mieux dans nos têtes et sur le terrain", résume-t-il.
"Si mon père n'avait pas été là, j'aurais arrêté"
Knockaert aurait pu ne jamais découvrir cette terre de foot qui l'a pourtant toujours attiré. En fait, il aurait pu ne jamais devenir footballeur professionnel. Après une première année à Wasquehal, et un crochet par Leers, le natif de Roubaix a signé cinq ans à Lens. Mais il n'a pas été conservé par des dirigeants qui ont considéré qu'il était trop petit. "A la sortie de Lens, j'ai failli arrêter. J'étais écoeuré de finir comme ça après cinq ans là-bas, un peu écoeuré du milieu aussi. C'est mon père qui m'a poussé à continuer", raconte-t-il. "Mon père me disait que si je me donnais les moyens, c'était possible. C'est vrai que s'il n'avait pas été là à un moment donné, j'aurais arrêté. J'ai eu la chance d'avoir un père qui adore le foot, en fait il ne vit que pour ça", reconnaît Knockaert, parti ensuite relancer sa carrière à Mouscron durant deux saisons.
Après la Belgique, le Nordiste a trouvé un point de chute dans sa région natale, à Lesquin. "J'ai fait ma première année chez les moins de 18 ans, après c'était partagé entre les moins de 18 ans et la CFA. Ce n'était pas évident mais je me suis dit que c'était le moment où jamais. Je n'ai rien lâché. C'est là que Guingamp est venu me chercher ", se rappelle-t-il. Et c'est un ancien attaquant de l'équipe de France est venu le trouver. "Xavier Gravelaine me suivait depuis un petit moment à Lesquin. Il m'a proposé un essai en décembre (2008), de 15 jours. Ça s'est bien passé. Ils m'ont recontacté en avril pour me proposer un contrat de stagiaire pro de deux ans, et j'ai accepté. J'ai fait ma première année en CFA, la deuxième année j'ai signé pro directement. Le club venait de descendre en National. J'ai fait ma première année pro en National et on est remonté directement."
De retour en Ligue 2 l'an passé, Guingamp a pris une belle 7e place à laquelle Knockaert n'a pas été étranger. Auteur de 11 buts, l'ailier de poche (1,72 m) a même terminé meilleur buteur du club. Ses performances sous le maillot breton lui ont ouvert les portes de la Grande-Bretagne. A Leicester, Nigel Pearson l'aligne le plus souvent en tant que remplaçant avant de le lancer en cours de match. Knockaert a brûlé quelques étapes pour arriver si jeune en Angleterre, et c'est désormais avec patience qu'il apprend ce football qui l'a toujours tant attiré. Sans oublier ce qu'il a vécu pour en arriver là. "Par rapport à ce que j'ai traversé quand j'étais plus jeune, c'est une belle revanche. C'est ça aussi qui me pousse à me surpasser. C'est bien de pouvoir montrer que je me suis accroché", apprécie-t-il. Une qualité essentielle pour réaliser son prochain rêve : évoluer en Premier League.
Vincent BREGEVIN (Twitter : @VB_eurosport)























