Guilavogui, la pieuvre des Verts

Guilavogui, la pieuvre des Verts
le 08/11/2012 à 20:18

Il y a une semaine, il fut le prince du Parc. Sans doute le meilleur Stéphanois avec Pierre-Emerick Aubameyang face au PSG (1-2). Ce n’est pas la première fois que ses grandes cannes font la loi dans l’entrejeu mais le week-end dernier, Josuha Guilavogui a éclipsé Marco Verratti, Clément Chantôme, Blaise Matuidi puis Mathieu Bodmer.  A 22 ans, il s’est installé comme un rouage indispensable du onze des Verts et son profil de milieu relayeur, rapide, fin techniquement et doté d’une bonne vision du jeu, en fait l’un des plus grands espoirs de L1 à son poste.

Guilavogui a disputé toute les rencontres de l’ASSE depuis août et a d’ores et déjà égalé son nombre de buts sur une saison (2). Sa grande force ? Sa capacité à déchirer les lignes adverses qui n’est pas sans rappeler la référence internationale à son poste de milieu relayeur, Yaya Touré. Cette saison, la pieuvre stéphanoise jouit "de plus de liberté" au sein d’un 4-3-3 taillée pour ses qualités : "Je sais qu’il y a toujours un milieu derrière moi pour couvrir mes montées". Du coup, il rayonne.

Cette ascension fulgurante, il la doit à trois hommes. D’abord son père, ancien attaquant de l’USAM Toulon, qui lui a refilé le virus. Puis à Christophe Galtier. Barré sous les ordres d’Alain Perrin, cantonné à la CFA au point de "réfléchir à un prêt en Ligue 2", le jeune milieu défensif a profité de la prise de pouvoir de Galtier pour faire ses débuts chez les professionnels en janvier 2010. Guilavogui lui en sera à jamais reconnaissant : "Il va compter dans ma carrière, il m’a fait passer dans la vie professionnelle. J’ai beaucoup de respect et d’estime pour lui." Galtier ne s’est pas trompé. Il l’a fait grandir peu à peu, tentant de gommer son jeu de quelques scories (une tendance à concéder beaucoup de coups francs). "Je l’ai lancé il y a deux ans et demi lorsqu’on jouait le maintien, c’était une saison très compliquée. Mais Joss’ avait donné satisfaction", note aujourd’hui le coach des Verts dans les colonnes de Var Matin.

Repéré par Anigo, protégé par Gomis



Le véritable ange-gardien de Guilavogui n’est pas Christophe Galtier mais bien Bafétimbi Gomis, "plus qu’un grand frère". Alors que José Anigo lui avait laissé sa carte, que Strasbourg et Grenoble le suivaient de près lorsqu’il évoluait à Toulon, il choisit, à 14 ans, le Forez pour rejoindre Gomis. "C’est lui qui m’a incité à venir à Saint-Etienne. Il vient du même quartier de Toulon que moi", raconte ce pur produit de la formation stéphanoise. "Aujourd’hui encore, on se voit toutes les semaines."

Guilavogui ne regrette pas son choix. "Ici, j’ai la confiance de tout le monde, des dirigeants à mes coéquipiers, en passant par le coach, ça aide", souligne-t-il. Au sein d’une formation séduisante et qui prône l’offensive, il se régale. Son talent lui a permis de goûter aux sélections nationales dont il a souvent été capitaine grâce à sa tête bien faite et à son tempérament de leader. "Il est instruit, intelligent et passionné par ce qu’il fait", s’enthousiasme Galtier qui prédit à ce "joueur de haut niveau, un bel avenir". En équipe de France ? Guilavogui n’a toujours pas tranché entre les Bleus et la Guinée. Son aventure avec les Bleuets s’est terminée sur un couac en Norvège, "le plus grand regret de (s)a jeune carrière."

Fan du "Arsenal de Henry, Bergkamp, Overmars et Vieira" dans sa jeunesse, il rêve de fouler un jour les pelouses de Premier League ou de Bundesliga, là où "les stades sont pleins avec une grosse ambiance." En attendant, il espère mener l’ASSE en Europe. Son volume de jeu sera un atout précieux dans la course au top 5. A le voir progresser de semaine en semaine, il pourrait bien emporter dans son sillage des Verts toujours plus séduisants.

Martin MOSNIER (@MM_eurosportfr)

 
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