Welbeck, Danny le rouge

Welbeck, Danny le rouge
le 15/02/2012 à 23:48

100% mancunien, 100% Red Devil. Né à Manchester et supporter de toujours de MU, Danny Welbeck vit sa vie en forme de rêve. A 21 ans, l'attaquant anglais s'est fait une place au soleil parmi les stars d'Old Trafford cette saison. Cette seconde moitié de saison pourrait être la sienne, avec l'Euro 2012 en ligne de mire.

Danny Welbeck a toute une vie de football devant lui. A 21 ans, la nouvelle pépite de Manchester United n'est qu'à l'aube d'une carrière qui a tout pour être brillante. Pourtant, il a le sentiment d'avoir déjà vécu la plus grande émotion imaginable. A ses yeux, rien ne pourra jamais égaler ce qu'il a ressenti ce 15 novembre 2008. Pour son premier match en Premier League, à quelques jours de son 18e anniversaire, il entre en jeu à la place de Park Ji-Sung à une demi-heure de la fin. Quelques minutes plus tard, il marque son tout premier but. Une frappe d'une grande pureté, de 25 mètres, pleine lucarne. Un bijou comme certains n'en marqueront jamais. "Marquer devant la Stretford End, raconte-t-il, c'est ce dont j'avais rêvé chaque jour depuis que j'ai commencé à jouer au football. Je ne pense pas qu'il puisse y avoir plus fort pour un gamin de Manchester." Danny sait de quoi il parle. Il est un vrai kid de Manchester. Il y est né. Il y a grandi.

Au milieu des années 90, les Welbeck habitent dans le quartier populaire de Longsight. Sur Markfield Avenue, précisément. De l'autre côté de la rue se trouve la maison des Brown. Au milieu des années 90, leur fils, Wesley, est en passe de faire ses débuts avec Manchester United. Il a 16 ans. 11 de plus que Danny Welbeck. Le défenseur central, qui a quitté MU l'été dernier pour Sunderland, n'a rien oublié du voisin d'en face. "On pensait qu'il était trop petit pour jouer avec nous mais on s'est rapidement rendu compte que Danny n'avait pas peur. Puis il avait quelque chose de spécial, c'était une évidence", explique Wes Brown.

Ferguson: "C'était juste une question de patience"

A cette époque, le dieu d'Old Trafford se nomme Eric Cantona. Danny a son maillot, évidemment, avec le col relevé. Comme l'idole. Mais ses sources d'inspiration sont aussi locales. "J'ai grandi en idolâtrant la classe 1992, reprend le jeune attaquant des Red Devils. Ryan Giggs, Paul Scholes ou David Beckham m'ont beaucoup inspiré. Marcher sur leurs traces, porter le même maillot, jouer dans le même stade, faire partie de cette lignée, tout ça suffit à me combler". Aussi loin qu'il puisse remonter dans ses souvenirs, Welbeck a toujours supporté United. Pourtant, il s'en est fallu de peu pour qu'il ne porte les couleurs de la partie bleue de la ville, ainsi qu'il l'a confié récemment au magazine GQ. City s'est intéressé de très près à lui. Mais finalement, en décembre 1998, le club a pris la décision de ne pas l'incorporer dans ses équipes de jeunes. Son père n'avait rien osé lui dire. "Je m'en souviens très bien. Mon père a fini par me prendre à part pour me dire que juste avant Noël, City avait appelé pour dire qu'ils ne donnaient pas suite."

Loin de se laisser abattre, le petit Danny retourne dans son club du coin, Fletcher Moss. Il claque but sur but et, à 13 ans, intègre le centre de formation de Manchester United, qui voit en lui un mix entre Andy Cole et Nwanko Kanu. Depuis, il a fait du chemin, même si celui-ci a été semé d'épines. Sa trajectoire ascendante a été freinée par de multiples pépins physiques, comme le syndrome d'Osgood-Schlatter (fréquente chez les adolescents sportifs, cette affection provoque des douleurs aux genoux), des problèmes récurrents à une cuisse ou encore une pneumonie. "Nous avons toujours été persuadés du potentiel de Danny Welbeck lorsqu’il était enfant, note Sir Alex Ferguson. C’était juste une question de patience, le temps qu’il devienne physiquement un homme."

Sunderland, le rite initiatique

Mais cette maturation ne s'est pas située que sur le plan physique. Pour grandir, Welbeck a dû partir. Prêté à Preston North End (entraîné par un certain Darren Ferguson, fils de qui vous savez) en janvier 2010 puis à Sunderland la saison dernière, il y a gagné du temps de jeu et s'y est forgé un caractère. "Je n'avais jamais été éloigné de mon père et de ma mère. Là, j'ai découvert une nouvelle ville, un nouvel environnement et j'ai dû me prendre en mains. J'ai même appris à faire la cuisine", plaisante-t-il. A Sunderland, il engrange une expérience précieuse, sur le terrain et en dehors. Une forme de rite initiatique indispensable avant de revenir à Manchester. "Je crois qu'on peut dire que j'ai grandi. Quand je suis revenu à la maison, je me sentais beaucoup plus fort."

Au passage, chez les Black Cats, Welbeck a aussi glané un statut d'international. En mars dernier, récompense de sa bonne saison, il a en effet effectué ses grands débuts en équipe d'Angleterre, face au Ghana, son pays d'origine. Le début d'un long bail avec les Three Lions? Ferguson n'en doute pas. "Je pense qu'il fera partie de la sélection anglaise pour l'Euro. Il peut apporter beaucoup", juge Sir Alex. A Manchester, c'est déjà le cas. Auteur de neuf buts (notamment contre City en Cup, Arsenal et Tottenham en championnat) en 24 matches (toutes compétitions confondues), Welbeck a incontestablement franchi un cap, reléguant Hernandez et Berbatov sur le banc ces derniers temps. L'attaquant mexicain n'en prend pas ombrage. "Danny est un joueur brillant et il a été incroyable cette saison", concède Chicharito. S'il continue de tracer son sillon, c'est peut-être le maillot rouge frappé du numéro 19 que les gamins porteront très bientôt dans les rues de Longsight.

Laurent VERGNE

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