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Federer, c'est Nadal qu'il préfère
31/05/2011 - 00:08

Federer, c'est Nadal qu'il préfère

C'est un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Celui où les grands duels du tennis ne se jouaient pas seulement sur le court. Dans les coulisses, dans les médias, on s'arrosait aussi de coups droits le long de la ligne. Jimmy Connors traitait par exemple Ivan Lendl de "poule mouillée" pour son incapacité - qui n'allait pas durer - à remporter des Grands Chelems. Les duels entre ces deux-là, et aussi John McEnroe, sentaient le soufre à chaque changement de côté. L'histoire qu'on va vous raconter ici n'a pas grand chose à voir, mais elle nous montre, quand même, que sous des dehors extrêmement policés et sincèrement respectueux, les trois as du tennis masculin actuel - Novak Djokovic, Rafael Nadal et Roger Federer - ont aussi besoin de ne pas s'aimer pour mieux se faire concurrence.

Pour être plus précis, c'est l'irruption au sommet d'un Djokovic proprement imbattable en 2011, et peut-être numéro un mondial la semaine prochaine, qui a été accueillie avec quelque raideur par les deux autres. Nadal et Federer sont a priori au-dessus de tout soupçon en ce qui concerne leur relation bilatérale. Le 12 mars dernier, à Indian Wells, l'Espagnol déclarait, sans savoir encore à quel point le Joker les menaçait : "Roger est un type bien et un de mes amis en ce moment. Il est clair que nous sommes de plus en plus proches. On se sent bien ensemble." Sur Djokovic, Nadal ne parle pas. Ou alors avec le regard. Ceux qui ont vu sa conférence de presse pré-Roland-Garros, lors du media day, nous ont décrit une cocotte minute proche de la pression maximale après une demi-heure de questions tournant autour du niveau actuel du Serbe.

"Je ne me reconnais pas du tout en Novak" (Federer)

Celui-ci, dit la rumeur du circuit, aurait avec Federer les relations les plus froides. Il se contente pour l'instant de souligner qu'à ses yeux Nadal est plus "grand" que Federer au regard de l'histoire du tennis, une position qui n'est pas isolée mais encore un peu acrobatique à défendre. "Nadal n'a pas encore vingt-cinq ans et est une légende. (...) Chacun a son opinion. Pour moi, avec ce que Nadal a fait, et vu son âge, vu qu'il va encore jouer au moins cinq ans, il est le meilleur de l'histoire." Roger Federer n'avait pas lu ces lignes au moment de répondre, lui aussi dans le quotidien sportif, à des questions sur l'état de grâce de Djokovic. Etat de grâce ? A peu de choses près, le Suisse l'a présenté comme un aimable "newcomer".

"Je n'enlève rien à ce que Novak vient d'accomplir, mais je crois qu'il faut encore faire davantage. Rafa a neuf titres en Grand Chelem, moi seize, lui deux. Il lui faut faire encore plus pour créer ce fameux monstre. Rafa l'était devenu cette année en Australie quand il est venu chasser son "Rafa Slam", ça, c'était un truc extraordinaire. (...) Moi j'avais créé un monstre extrême. Moi j'avais des dizaines de records en cours, des demies en Grand Chelem d'affilée, les finales gagnées d'affilée, etc... Je ne sais pas si Rafa ou Novak évoluent dans la même catégorie de 'monstres'." Federer poussait la comparaison plus loin, pour établir entre lui le Serbe un mur étanche : "Comme joueurs, on est très différents. Niveau attitude, pareil. Je ne me retrouve pas du tout chez Novak."

"Je préfère l'option Djokovic"

Parlez de Nadal à "Rodger", et la musique sera différente. Dans Le Figaro, en ouverture de Roland, voilà le type de propos que le Suisse tenait sur l'Espagnol : "La première fois que j’ai joué contre lui à Miami, j’ai réalisé qu’il avait quelque chose de spécial, être aussi fort si jeune sur ciment, alors qu’il était un joueur de terre battue... J’ai commencé à le respecter énormément. Et lorsque j’ai découvert que lui me respectait également beaucoup, j’ai trouvé que cette rivalité était vraiment sympa. Avec son look, mon look, son style de jeu, mon style de jeu, cela créait une super opposition. Finalement, il m’a fait progresser, il m’a obligé à réfléchir à ma façon de jouer, de m’entraîner. Parce que personne ne joue comme lui et personne ne jouera comme lui dans le futur, je pense."

Dans la même interview, Federer parlait de Djokovic : "Il n’est pas connu pour avoir un coup droit, un revers ou un service incroyables. Mais il est parvenu à réussir quelque chose d’extraordinaire avec les moyens dont il disposait. Il a beaucoup progressé." On sent comme un décalage, ce décalage qui poussait Federer, même après deux défaites consécutives contre le Serbe en Grand Chelem, à assurer dans L'Equipe : "Je préfère ne pas être dans la partie de tableau de Rafa. Je préfère l'option Djokovic. (...) Même si j'ai perdu mes matches contre lui, je n'ai pas l'impression qu'il me domine." Federer, de façon générale, n'a pas l'habitude de regretter ses propos. Dans le même entretien, il observait : "On m’a reproché également des commentaires sur Murray, parce qu’après avoir perdu contre lui à Dubaï, j’avais dit qu’en jouant de façon aussi défensive, il allait lui être difficile de remporter de grands tournois. Je ne pense pas m’être totalement trompé là-dessus." Le feuilleton Federer-Nadal versus Djokovic continue cette semaine à Roland-Garros. Et Andy Murray pourrait épicer tout ça. Murray, celui qu'en d'autres-temps, l'un des trois aurait pu surnommer le "chicken"... (CR)

 
 
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