Coquilles Saint-Jacques avariées…
L’actualité chaude, le championnat, m’a fait passer sous silence une autre actualité liée à l’avenir des Bleus. Nicolas de Tavernost, le grand « Boss » Bordelais me donne l’occasion, grâce à son entretien dans l’Equipe, d’y revenir.
Jeudi dernier, on s’est donc réuni à Fédéland. Evidemment, cela n’a servi à rien. Si les réunions à la FFF servaient à quelque chose, on le saurait depuis longtemps et surtout ce ne serait plus les mêmes personnes qui les organiseraient. On a donc dîné entre gens de bonne compagnie. Avant on avait déjeuné, à la Villa Corse, très bon établissement où les huiles de la FFF ont une ardoise. C’est en face de Fédéland. Si vous voulez voir un jour Jean-Pierre Escalettes enfin à l’aise, c’est « the place to be » ! Entre deux bonnes bouteilles du souvent sous-estimé vin Corse, il fallait préparer la réunion qui devait ne servir à rien. Au-delà de la qualité des Coquilles St-Jacques, on a donc décidé de ne rien décider et de laisser Ray bosser tranquille. Un manager général ? Et puis quoi encore ? Pourtant le bateleur Jean-Mich’ Aulas et le discret Jean-Pierre Louvel, le patron des patrons, étaient venus pour ça non ? Enfin, c’est ce qu’on pensait. Ils n’étaient pas invités, ils n’allaient pas venir pour rien, si ? non ? Les plus audacieux, les plus fous, étaient allés jusqu’à penser qu’à moins d’un putsch, on allait au moins avoir droit à un passage en force du genre : « Ecoute Gervais, t’es notre pote depuis longtemps, alors avec ton machin, ouais ton club France c’est ça, bah tu vas dire à Pluto, enfin au gars qui sert de Président de mettre un manager. C’est ronflant comme titre, ça fout les jetons, ça fait English et tout… ». En fait il paraît que c’était l’intention de départ mais qu’après avoir goûté aux St-Jacques, ils sont devenus tout miel. « C’est mon ami Wattez, le poissonnier de Boulogne, qui les a livrées » aurait déclaré le bon Gervais.
Et non seulement, Aulas et ses portes-flingues sont repartis comme ils étaient venus mais en plus ils ont tenu des discours étranges. Comme si ce dîner à Fédéland les avait envoutés !
Martel et Aulas, bientôt en tournée dans tous les cabarets du pays, ont livré leurs impressions générales de la situation. Selon eux, Laurent Blanc n’est pas peut-être pas La solution, en tout cas pas forcément la meilleure. Je ne sais pas si vous avez noté ça comme moi, mais c’est pourtant l’impression qui se dégageait des propos du duo d’artistes. Comme si après autant d’années de médiocrité, la rupture ne devait pas être trop brutale. En même temps, Blanc après Ray, la différence pourrait se voir. Je ne reviens pas sur les arguments en bois mâché entendus mais franchement j’ai eu très peur. Après avoir soutenu Ray depuis le début, deux des présidents les plus influents de France ne sont donc pas persuadés que Blanc soit la bonne solution. Mais ils n’ont rien de mieux à faire les deux compères ? Ils n’ont pas des clubs à gérer ? C’est après ce genre de réunion que l’on comprend aussi pourquoi la France n’a remporté que deux petites Coupes d’Europe dans son histoire. Pourquoi depuis Fernand Sastre, les présidents de la F.F.F étaient surtout doués pour la gastronomie, pourquoi après Jacquet on a eu le trio magique Lemerre, Santini, Ray !
Avec tout ça, l’autoroute vers les Bleus, que Blanc est libre ou non de prendre, pourrait bien se boucher. La police fédérale pourrait bien l’arrêter pour compétences aggravées !
Ce matin donc, le Boss Girondin est venu parler du grand bazar fédéral. Et ça a bardé ! Et que c’était pas le moment de parler de la succession de Ray, et que maintenant on veut travailler tranquille, et que Escalettes ferait bien de nous lâcher avec ses histoires, et que si Dassier a vrillé en boulette en déclarant vouloir refiler « son » Deschamps, nous on veut pas lâcher notre coach et enfin que Blanc va rester avec nous 10 ans, bon là, il a un brin exagéré le girondix ! Bref il était à juste titre en colère. Agacé Blanc pourrait bien choisir la pire des solutions pour nous : « Ni Bleu ni Marine, je me barre à l’étranger ! »
Et parce que le « bordel » bleu n’est jamais aussi complet que lorsqu’il est gratiné de deux ou trois déclarations de joueurs, on y a eu droit aussi ! Par ordre d’apparition, c’est le Max Pécas du foot français, Ribery qui est entré en scène. « Ma place est à gauche, tout le monde le sait ! » Visiblement dans son « tout le monde », Henry n’existe pas ! Et puis tout en longueur, dans le toujours excellent So Foot, Patrick Vieira s’est laissé aller. Confession : « Je suis meilleur que les Diarra’s ! Toulalan je le mange au p’tit déj ! » En gros il veut vraiment aller à la coupe du monde. Et s’il n’y va pas, il pourrait se fâcher. Imaginez un peu si en colère, après la communication de la liste, il décide de balancer ! Il pourrait nous lâcher que la F.F.F est truffée d’incompétents ! Ça nous ferait un choc !




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