Les « petits gros » dégonflent…
Les résistants au « gros 4 » qui étaient devenus de fait des « petits gros » Auxerre, Valenciennes et Lorient ont donc vécu un week-end «remise en place». Le leader, Auxerre, était au Parc. En préambule, j’ai envie de m’attarder sur l’avant-match. D’après Canal Plus, l’accueil fait à leur équipe par les supporters parisiens fut excellent. C’est effectivement ce qui a été dit dans l’émission vitrine de la L1, « Jour de Foot ». J’ai failli m’étouffer devant un tel degré de mensonge et de désinformation. « Pas d’envie, pas de couilles… » « Humiliés au Vel’, vous avez sali nos couleurs… » Sans parler des messages virulents adressés à l’actionnaire, l’ambiance était donc plutôt pesante et l’idée des supporters claire : mettre la pression sur les joueurs et le club. Ajoutons que Luyindula et Sessegnon ont par ailleurs été sifflés. Voilà, c’est ça selon Canal Plus un accueil excellent ! Mais ce n’est pas une surprise, il y a bien longtemps que C+ n’est plus une chaîne d’information. Reste qu’au-delà des messages, les supporters ont poussé derrière l’équipe. La direction aura ainsi eu la confirmation, une fois de plus, que ce qu’il y a de mieux dans ce club, c’est l’ambiance du Parc.
Le leader est donc venu chez une équipe classée dans la deuxième partie du tableau avec une attitude qui aurait fait jurer à un spectateur non averti que la situation des deux clubs était exactement inverse. Le PSG fait le jeu, (remplacer dans la phrase le verbe faire par essayer serait plus juste) et Auxerre attend pour contrer. Les Bourguignons ont failli toucher le gros lot deux fois en première période. Le ballon ressort de la défense, il est très vite transmis à Pedretti qui balance avec précision sur un attaquant volant, Roy Contout en l’occurrence. Ce joueur, qui brillait rarement à Amiens, a d’ailleurs ridiculisé plusieurs fois la défense parisienne. Le jeu parisien ? Kombouaré est revenu à son cher 4/4/2. Mais comme il le disait lui-même avant la rencontre, en ce moment peu importe le schéma, le problème parisien est plus celui des hommes. Et pour bouger ces hommes, Makelelé a parlé. Une belle ITW dans le Parisien. Il s’est mis en avant et a assumé. L’ancien Bleu a en effet livré sa meilleure partie de la saison. C’est rassurant et inquiétant en même temps. Rassurant parce que ça montre qu’il est toujours impliqué et capable d’être bon. Inquiétant parce que rien ne dit qu’il pourra reproduire un tel match. C’est alors tout le milieu parisien qui morflera. Le 4/4/2 apparaîtra alors et comme d’habitude mal adapté. Dans ce milieu, Giuly s’est beaucoup remué en vain. Sessegnon, suite à une accélération, a été à l’origine directe du but mais a par ailleurs été médiocre voire franchement mauvais. Chacun évaluera une telle prestation et jugera si une action suffit à sauver un match. On pourrait dire la même chose de Clément. Inutile jusqu’à son but (capital) et ensuite très présent.
Le PSG a donc gagné à « l’arrache ». Comme le font souvent à domicile les équipes de bas de tableau. Kombouaré, a paraît-il, apprécié « l’esprit ». Certes c’est déjà ça, mais il faudra quand même autre chose qu’un bon esprit pour empêcher les fantômes parisiens de ressurgir très vite. Il n’aura échappé à personne et certainement pas au coach du PSG que sans l’étrange intervention d’un arbitre assistant, la soirée aurait pu tourner en crise. Un mot évidemment pour Coupet. Un type super qu’on ne va pas revoir de sitôt (peut-être pas d’ailleurs !). Un autre mot pour Pedretti qui s’est comporté comme une belle garce au moment de la blessure de Coupet…
Lorient aurait pu profiter de la défaite d’Auxerre. Mais au lieu de ça, les Merlus ont fauté contre un Grenoble qui ne perd donc plus. Ne pas battre les Isérois n’est plus honteux puisque Monaco et l’OL étaient passés avant. En arrachant le nul dans les arrêts de jeu, les Bretons sont même ceux qui ont le moins de raisons d’avoir le rouge au front. Je maintiens que parmi les « petits gros », Lorient me semble le moins surfait.
La remise en place de V.A fut la plus rude. Une vraie fessée ma foi assez prévisible. Plus que la raclée, c’est la défaite à Lille qui était facilement envisageable. Valenciennes tourne en surrégime depuis un moment, ça devait forcément s’arrêter. C’est la place de Lille au classement qui est illogique. J’ai souvent dit ça ces derniers temps. Mais à chaque fois après ce qui semblait devoir être l’amorce du redressement, les Lillois ont chuté. Je continue néanmoins de croire que ça ne va pas durer.
Pas très loin d’où avait lieu ce match entre le LOSC et V.A (que certains appellent derby), Marseille était en représentation. Record d’affluence à Bollaert, temps pourri, ambiance comme de gala, ce match sentait le traquenard pour un OM qui a très souvent eu des soucis dans ce stade. Je m’attendais à un match très compliqué pour Marseille. D’abord parce qu’à Lens, il y a des joueurs qui n’attendent que ce genre de matches pour briller. Conséquence, Lens devient alors une équipe d’un bien meilleur niveau. A l’inverse, Marseille en laissant pas mal de ses vedettes sur le banc prenait un risque visiblement assumé. Cela ne peut pas être une excuse. L’OM a en effet construit un groupe pour jouer plusieurs compétitions. L’écart de niveau entre la « vraie » équipe et celle composée de remplaçant est trop important, ce n’est pas normal. C’est très certainement l’une des erreurs commises lors de l’intersaison. Il y a beaucoup de joueurs moyens bons dans ce groupe mais très peu de « tops joueurs ». Face à des lensois au taquet et prêt pour l’événement, l’OM est presque logiquement tombé. Deschamps est renvoyé à ses interrogations. Quelle est la meilleure charnière ? Quelle est la meilleure formule au milieu ? je veux bien qu’Abriel soit bon, mais de la à être le boss de l’OM et à être au top tous les 3 jours, il y a tout de même une belle marge… Question encore au sujet de Lucho. Il revient, il repart, il se blesse un peu mais peut faire un bout de match. C’est un vrai souci pour l’OM qui entrevoit par ailleurs de plus en plus à quel point il va devenir assurément le leader technique attendu. Et devant ? Niang fait ce qu’il peut mais il n’est pas beaucoup aidé. Brandao, qui n’est déjà pas une vedette, n’a pas de remplaçant si ce n’est le semi retraité Espagnol. Le pauvre, à chaque fois que le ballon vient vers lui, on est obligé de se dire : « C’est bête parce qu’avant il était bon…»
Et puisque c’était le week-end « remise en place », Bordeaux a repris la sienne. Après la très belle prestation face à la Juve, les Girondins sont allés se promener en Lorraine. Il y a une semaine, les chiffres (qui ne mentent jamais sauf souvent) étaient formels : sans Gourcuff, Bordeaux c’est du bidon ! En une semaine, les statistiques ont donc évolué. Du bon boulot, propre et net. D’ici fin février, Bordeaux ne sera plus perturbé par la LDC et va tâcher de conforter et d’accroître son avance en tête. D’ici là, Bordeaux va aller à Lyon. Un OL qui devra alors dire clairement à son adversaire qu’il ne sera pas à nouveau champion. Et moi tant qu’un tel message ne sera pas envoyé, je continuerai de penser que rien ne pourra arrêter Bordeaux.
Et avant de freiner les Girondins, les Lyonnais devaient écarter Rennes. Une équipe de l’OL qui avait mis un joli maillot avec un mot doux pour ses supporters des « Bad Gones ». Très bien, pourquoi pas. Belle initiative. Et si le PSG avait joué avec un maillot, « Merci au Kop Boulogne », ça aurait donné quoi ? Je dis ça, je dis rien…. Non, c’est juste pour que l’O.N.U se tienne prêt au cas où une telle folie viendrait à la tête des dirigeants parisiens…
Sous le déluge, le match est plutôt agréable. L’avis aurait pu être plus sévère vu que cette rencontre venait après deux matches européens top niveau. Mes yeux étaient fatigués. Ils se sont bien ouverts quand sur leur première frappe, les Rennais ont marqué. Gyan, capable de mettre ce genre de ballon en tribune, cadre bien. Le Ghanéen profitant sur le coup d’une bonne toile de Boumsong. Lyon dans une composition désormais classique (avec Lisandro en pointe) est pas super convaincant. Seul devant, Lisandro est à 70/80% de ses possibilités. C’est un vrai gâchis. Bon, l’Argentin reste un « cador » et sait tout faire. C’est sur un beau coup franc qu’il égalise. La deuxième période m’a toutefois vite rappelé ce que j’avais vu dans le début de soirée. Cet OL/Rennes devient assez terne. L’OL veut gagner mais s’y prend mal. Bastos de plus en plus transparent sort, remplacé par un Govou mou. Rennes semble se contenter du nul. Et puis les 10 dernières minutes me réveillent à nouveau. L’OL semble physiquement cuit ! Rennes manque de grosses occasions. Les blocs équipes volent en éclat et ça part dans tous les sens. Lyon aussi peut l’emporter mais ça se termine sur un nul logique. L’OL n’a plus gagné depuis son court succès dans le derby. Malgré un parcours poussif, l’OL n’est qu’à deux points de Bordeaux. Cette ligue 1 mérite plus que jamais son qualificatif préféré : « homogène ». Dans le bas, trois équipes ont l’air largué mais après ? 10 points entre le 15e et le leader ! Ailleurs c’est 20 ! Bien ou pas ? On fera ce débat plus tard…
Le match du week-end avait quand même lieu en Espagne. Comme beaucoup d’entre vous, je me suis régalé devant Barça / Real. Logiquement et pour pas mal d’observateurs, la belle mécanique barcelonaise devait s’imposer. Pourtant, dans le cœur de la première période, je me suis demandé si les individualités du Real n’allaient pas faire « un coup ». Je trouve le jeu du Barça vraiment moins fluide, moins flamboyant quand Iniesta joue attaquant gauche et quand au milieu Keita joue à la place de Touré. En gros quand on touche au « 11 » champion d’Europe. Je sais que Keita a fait un excellent début de saison, je sais qu’Iniesta joue souvent à gauche de l’attaque, reste que ça me plaît beaucoup moins. Dans cette première période, j’y reviens, Cristiano Ronaldo et Kaka ont semblé pouvoir faire mal au Barça. Mais ils ont manqué de constance. Le Portugais de retour de blessure n’est pas dans le rythme et Kaka ne sera peut-être plus jamais celui de 2007. J’entends depuis des mois que Diarra est un King. A force, ce propos catégorique a eu raison de ma contestation. Je me tais donc, mais j’ai vu et pour tout dire, je n’ai pas vu grand-chose. Le Disneyland du foot de Perez doit encore trouver un style, un jeu. Petit à petit le Barça a donc eu raison de son rival. Il manquait de la force, de la puissance devant. Très vite en seconde période, Ibrahimovic a remplacé un anonyme Henry et très vite Ibra a marqué. Dans ce qui ressemblait à une sorte d’affiche mondiale, c’est logiquement la meilleure équipe du monde qui s’est imposée…




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