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L’Inter, un beau et logique champion…
Et si c’était bien ? Voilà ce que demandait, avant la finale, la Pravda du foot. Bah oui quoi, ce sera forcément nul. Pas de Barça, pas de Man Utd, de Real, d’équipes Glam’, alors si on essayait de se motiver. Pas de français sur le terrain, pas un joueur, pas un arbitre, rien ! Ribery absent, la purge ! Bon, Lizarazu a joué au Bayern, Sagnol aussi, mais ça compte pas, c’était avant. A L’Inter pareil. Rien qui touche le grand public du foot tricolore. Avec Et’o’o, ça peut faire les Jeux de la Francophonie, mais bon, c’est pas le Pérou ! Bon bah faut bien se la faire quand même cette finale.
Pour se mettre le grand public dans la poche, le Bayern avait par le biais de Van Gaal et de Robben accusé l’Inter d’être chiant. Nous on est glam’, pas eux, voilà en gros la grosse com’ bavaroise. Plus sérieusement, on sait comme le disait justement le consultant de TF1 Lizarazu, que ces deux formations ont un côté caméléon. Pas de principes, pas de fondamentaux rigides, mais plutôt une grande faculté à s’adapter aux situations. Van Gaal qui a gagné la LDC 95 avec l’Ajax aurait pu être marqué par l’école d’Amsterdam, mais sa carrière a montré que sa rigidité ne se voyait pas forcément dans le jeu qu’il fait pratiquer à ses équipes.
Au coup d’envoi, l’idée d’une Inter supérieure est confirmée. Milito, Eto’o, Sneijder s’affichent comme des joueurs capables de faire la différence dans une finale. Au Bayern, seul Robben semble sortir du lot. On ne peut certes pas réduire le Bayern à ce seul joueur, mais le jeu offensif dépend tout de même beaucoup de lui.
Le début du match est à l’avantage de l’Inter. L’équipe internationale évolue dans le camp de son adversaire. Cela ne débouche pas sur des occasions à faire trembler les supporters du Bayern, mais on sent une plus grande maîtrise côté Inter. Et même si le jeu s’équilibre doucement, on devine que le Bayern doit s’en remettre à des sorties rapides du ballon et à des transmissions vers Robben. Quand Milito marque, on sort d’une période d’observation qui donnait raison à ceux qui prévoyait l’ennui. En 3 touches, l’Inter va, un peu avant la pause, faire une première différence. Sur le dégagement de Julio Cesar, Milito et Sneijder s’entendent à merveille et vont surtout très très vite. Cette phase de jeu façon british Seventies, on ne l’avait pas encore vu dans la panoplie Inter. La conclusion de Milito montre à ceux qui en doutaient encore que ce joueur est de la classe des meilleurs mondiaux. La facilité, la décontraction dans le dernier geste, c’est absolument impressionnant. Et si quelques minutes plus tard, Sneijder avait mieux exploité une passe de Milito qui devait être décisive, l’Inter aurait alors bouclé la finale.
Menant, capable de défendre comme aucune autre équipe, jouant le contre très vite et avec talent, on peut légitimement penser que ça va être du velours pour l’équipe de Mourinho.
C’est désormais clair pour le Bayern. Il faut casser le schéma tactique. Il faut tenter de transformer le match, le rendre fou. Prendre le risque du déséquilibre. Le feu est d’ailleurs mis d’entrée. Le Bayern est immédiatement en position d’égaliser, et dans la foulée, l’Inter passe à deux doigts de punir définitivement son adversaire. Le ton est donné. Mais pour le feu, on va vite se rendre compte que les allemands n’ont qu’un petit briquet en poche.
L’Inter laisse le ballon et dicte donc son match. Ca semble parfois risqué car après tout il n’y a qu’un but d’avance (pas 2 comme au Camp Nou). L’Inter recule et propose la même attitude d’ensemble que contre le Barça au retour. En faisant entrer Klose pour Atlintop, Van Gaal fait ce qu’il faut. Reste maintenant à avoir de vraies occasions. La plus belle au cœur de cette seconde période est pour Robben. C’est de loin mais c’est brillant. Sur la frappe du néerlandais, Julio Cesar est parfait, mais qui ne l’est pas à l’Inter ? Cette équipe n’a aucune faille ! Et quand Chivu sort, il est remplacé par Stankovic. Zanetti repasse à gauche. Dans l’allure c’est moins défensif, mais cette équipe est tellement bien organisée, qu’un tel changement n’a aucune incidence. Comment le Bayern peut réussir là ou le Barça s’est cassé les dents ?
Comme on pouvait facilement le prévoir, le contre fatal arrive. Eto’o, discret pour une fois, est dans le coup. Mais le héros c’est Milito. C’est fou parce que ce joueur n’a pas l’air rapide, pourtant il semble imprenable. Son enchaînement sur le second but confirme la classe vue sur le premier. Qui est meilleur que lui en 9 actuellement ?
Le Bayern n’a pas fait un mauvais match, c’est juste que l’Inter fait tout mieux et a à chaque poste un joueur meilleur (Allez on va dire Robben excepté). Et puisque cet ensemble de très très haut niveau est dirigé par un coach qui rejoint Happel et Hitzfeld dans l’histoire, comment ne pas parler de titre logique ? L’équipe qui a éliminé Chelsea puis le Barça est championne d’Europe, rien de plus normal.
Il y a beaucoup de géants, de joueurs extra dans ce groupe, Milito est bien sûr l’homme du match, mais voir Javier Zanetti soulever cette belle coupe est un vrai chouette moment de foot. De quoi assurément rendre encore plus belle cette finale…























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