L’OM se promène au Parc…
L’an passé l’OM avait initié au Parc sa formidable course poursuite vers un titre perdu de peu. Cette année si pour Marseille, l’actualité se situe encore en haut du classement, pour le PSG il s’agit juste d’apporter un soupçon de réconfort à des supporters qui une fois encore alternent entre déboires et désillusions. Ce sourire, Paris veut d’abord l’obtenir en défendant. Kombouaré aligne un 4/4/2 sur le papier, mais dans les faits, avec sept joueurs défensifs, on se demande bien comment le PSG va pouvoir attaquer. L’agressivité, l’état d’esprit et un jeu offensif réduit au contre, voilà en gros la tactique. Si ça passe, c’est à « l'envie». Maigre programme.
De son côté, l’OM vient avec une équipe classique. Brandao pas assez remis, ce sont Ben Arfa et Valbuena qui entourent la pointe Niang. Marseille est-t-il là pour gagner ? Oui, même si au bord du terrain avant le match, dans le staff olympien on n’hésite pas à dire qu’un point serait satisfaisant.
Le début de match est incontestablement parisien. Gros rythme, duels gagnés, le PSG joue bien. Marseille est en mode gestion. A la fin du premier quart d’heure, suite à un léger arrêt de jeu, le rythme tombe un peu et c’est là que l’OM va marquer. Ben Arfa profite de l’attentisme de la défense adverse pour marquer sur la 1ere occasion phocéenne.
Mais même si ça flotte pendant quelques minutes, Paris continue de dominer la rencontre. L’OM semble accepter ça. Les gestes défensifs sont sereins. Marseille subit bien. Cette première période est parisienne, mais sans forcer, c’est l’OM qui mène. Si dans le jeu, l’écart au classement ne se voit pas forcément, dans l’approche, dans la gestion, la différence est plus nette. Comme souvent cette saison, les Parisiens ne savent pas conclure. Le rôle de victime est prêt à être une nouvelle fois endossé. Les occasions bien plus franches mais manquées, en fin de première période, font mal au mental. Sur la deuxième opportunité marseillaise, Heinze, de la tête, touche le poteau. Comme pour dire aux Parisiens : « Les gars, si vous ne voulez pas marquer, on va tranquillement vous mettre la tête sous l’eau ».
Marseille revient avec Abriel à la place de Valbuena. Lucho monte d’un cran, mais au-delà de ça, on se dit surtout que le milieu olympien, souvent dépassé, va gagner en consistance.
La tête sous l’eau, le PSG ne va pas tarder à l’avoir. L’inefficacité, ça coûte cher. Surtout face à une équipe en confiance. Surtout quand on a une défense en bois qui s’appuie sur un faux gardien. Suite à une passe décisive d’Edel, Lucho boucle la rencontre. Les Parisiens sont cuits. Le public, lui, se ridiculise. La tribune Auteuil par endroits encourage l’OM !!! Totalement surréaliste ! Du jamais vu. Le PSG va mal, bien plus mal qu’on ne le pense, bien au-delà d’une nouvelle défaite, d’une humiliation face à l’OM.
Mais Marseille n’a que faire de tout cela. L’OM a pris 3 points chez un mal classé. Depuis bien longtemps, Marseille n’évolue, de toute façon plus, dans la même catégorie, et ce match qui aurait pu être compliqué est finalement devenu l’un des plus simples de la saison.
De son côté et toujours avec discrétion l’OL continue de gagner. La reconstruction opérée en pleine saison a porté ses fruits. On a du mal à comprendre comment une telle équipe, un club avec autant de vécu a eu besoin de repartir presque de zéro. Les matches pourris, gagnés sans éclat ont été suivis de la rencontre « fondatrice » contre le Real. Aujourd’hui, l’OL est reparti comme avant. Et la saison qui s’annonçait morose, de transition (un gros mot pour un tel club) propose à nouveau de belles promesses. Cris pourrait être le symbole, l’explication du renouveau. Face à Nice, certes ce n’était que Nice, il a fait parti des meilleurs. Il était cuit, dépassé, en fin de parcours, il est à nouveau le défenseur central essentiel à toute équipe qui nourrit de grandes ambitions. J’avoue avoir beaucoup de mal à comprendre ce qui s’est passé à Lyon. Juste une mise au point interne ? Une remobilisation générale ? Un coach qui s’est ouvert au dialogue ? En attendant d’avoir des réponses plus précises, l’OL s’avance vers ce fameux match retour contre le Real avec une confiance grandissante. Et plus ça va, mieux ça va…
L’analyse de la « chose foot » est tout de même parmi les plus compliquée à mener. Comme me dit souvent Rolland Courbis, à deux ou trois minutes près, tu peux passer de très con à très intelligent.
Devant Rennes, Montpellier passait, selon moi, le test ultime. Celui qui allait déterminer sa fin de saison. Son large succès devant cette équipe bretonne toujours plus pathétique, m’a réellement surpris. La pression grandissante, deux matches de suite d’un niveau très faible, pouvaient laisser penser que les Héraultais allaient lâcher prise. Je le pensais. Et cela veut dire que ce club est capable d’encaisser une défaite et un non match en toute tranquillité. Vous me direz, ils l’avaient déjà fait après le 0/4 à Monaco. Même sans expérience à ce niveau, sans vécu dans la gestion de tels moments, Montpellier affiche une sérénité déconcertante. Une défaite à Bordeaux ne serait donc pas un souci. Montpellier se relèvera pour mettre le doute dans la tête de ceux qui ne pensaient pas que le podium aurait un prétendant à ce point coriace.
Lille (grand perdant du jour), Marseille et Lyon, devront s’accommoder, jusqu’au bout, de cette encombrante et inattendue présence.




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