Quelques pensées de début d’année…
La lecture du « Parisien » ce week-end m’a mis devant un article pour le moins agaçant. Une de ces tartes à la crème qu’on aime bien dans notre petit monde du foot. Un de ces clichés qui a vite fait d’entamer mon « capital tranquillité ». En ce début d’année, je pensais que comme d’habitude c’est le tour de Coupe de France, qui allait apporter son 1er lot de soupirs exaspérés. Visiblement non ! L’article en question, j’y viens, s’intitule : « Pas facile de revenir finir sa carrière en France ». On y apprend que la majorité des vedettes françaises du foot ont ramé quand elles ont voulu revenir au pays. Les bras pleins de cadeaux tels que l’expérience, les titres, la gloire et un portefeuille bien garni, il était temps pour eux de revenir dans le « pays de va-nu-pieds » qui les avait lancés. Mais là, malheur de malheur, ce pays ne s’est pas mis à genoux devant eux ! Pourtant cela devait être évident non ? Mais bon sang, ils avaient brillé de mille feux ailleurs, le championnat de France ça devait être du gâteau, une rigolade. Même vieux, même usés, même moins motivés, ces gars là sur une jambe devaient se régaler. Bah oui, partout on dit que la L1 c’est du pipo ! Le constat vite fait que la L1 n’était pas l’équivalent d’une virée dans les boutiques de luxe, restait alors l’explication. Et la sentence est tombée de la bouche d’un ex-champion du monde, devenu consultant. Le surfeur Lizarazu a ainsi déclaré à ce sujet : « On ne fait pas de cadeaux aux anciens ! ». Et ouais, les gars qui les affrontaient ne se sont pas couchés comme des crottes devant eux. Arrive ensuite la crème de la tarte : « En France, passé 30 ans, on n’est plus respecté ! ». Voilà !
Là-dessus, il faudrait la boucler et changer de sujet. Les sages ont livré leur verdict.
Au lieu de se demander si ces gars là avaient fait preuve de suffisance, n’étaient plus en forme, étaient arrivés comme des sénateurs trop sûrs d’eux, au lieu de poser la vraie question : celle de leur réel niveau, on préfère accuser le foot français et ses soi disant préjugés.
Peu importe donc que Lizarazu, désormais donneur de leçons en chef (un personnage dont l’attitude n’a, par ailleurs, pas toujours été exemplaire, à Bilbao notamment. Le gentil Liza dont la froide arrogance a frappé les esprits au sein des rédactions avec lesquelles il a collaboré, L’Equipe et Canal+), peu importe donc que ce joueur ait été absolument ridicule à l’OM. La faute à l’entraîneur paraît-il ! Mais l'ex-Girondin n’est pas seul. Barthez est aussi revenu. Son retour est pour moi marqué par un crachat au visage d’un arbitre, le refus d’aller chercher une médaille lors de la remise de la Coupe de France 2006 et un passage grotesque à Nantes, terminé dans un sketch pitoyable avec les supporters du club. Et Leboeuf ? « L’intellectuel » du foot n’a pas été mauvais à l’OM, mais bon, loin quand même d’un joueur d’envergure internationale.
Au PSG, Makelele est revenu. Gros salaire, emploi du temps à la carte, priorité donnée à la gestion de ses affaires privées et rendement moyen. Giuly est là aussi, mais a été obligé de s’effacer devant la concurrence d’un Jallet, quidam du foot il y a encore quelques mois. Je vous laisse juger le bilan de Dhorasoo dans le même club.
Tous ces gens là ont-ils fait ce qu’il fallait ? Ont-ils mérité ce fameux respect dont ils aiment tant se gargariser ? On a parlé récemment des retours de Vieira, de Pirès. Très bien pourquoi pas. Il y a quelques temps, la mode pour certains joueurs était de dire : « en fin de carrière j’aimerais bien jouer en France », oui très bien, mais pourquoi faire ? Les supporters des clubs dans lesquels ils pourraient évoluer n’ont que faire d’une tournée d’adieu style Johnny Hallyday (tournée qui tourne mal en plus. Manquerait plus que ces joueurs tombent dans les mains de médecins bizarres). Ces supporters ne veulent pas les entendre chanter « Et maintenant que vais-je faire ? ». Parce que la réponse est simple : Tu joues bien, t’es au niveau ou tu te casses ! »
Je ne peux conclure ce sujet sans évoquer Blanc (revenu à 32 ans) qui a été largement à la hauteur et dont l’âge n’a pas posé problème. Et Coupet ? Il revient l’été dernier (bon c’est vrai, il était parti peu de temps) et il assume aussi bien son âge que ses responsabilités. Un type exemplaire.
Derrière des joueurs présomptueux et quelque part malhonnêtes, des recruteurs qui pensent qu’un sénateur dans une équipe ça fait joli (Morientès, Gudjohnsen…) reste le terrain et sa fameuse vérité. « On ne fait pas de cadeaux aux anciens » disait donc Lizarazu sans oublier d’ajouter : « mais je n’en fais pas non plus »… juste histoire de s’enfoncer un peu plus…
Ce week-end a surtout été marqué par la reprise. Les clubs sont donc revenus sur le terrain. A chaque fois cette reprise s’est accompagnée d’une communication plus ou moins maîtrisée, comme pour envoyer un message. Une sorte de bilan résumant l’état d’esprit général du début d’année. Ce qui est curieux, ou pas, c’est que les 2 clubs en forme, Bordeaux et Lille n’ont pas eu besoin de cet exercice. Juste des vœux, une part de galette et une course à la couronne qui reprend normalement.
Paris, Marseille et Lyon ont en revanche mis le nez à la fenêtre, un peu comme le Pape. Un Urbi et Orbi pour rassurer les supporters. Pas sûr néanmoins que les marseillais soient sereins. Entre un Dassier qui cherche à vendre (Valbuena/HBA), un Anigo qui continue de chouchouter l’enfant terrible, et un Deschamps qui va paraît-il trancher, on se demande qui dit et fait quoi. Et comme par ailleurs, les joueurs s’expriment de leur côté, la confusion est totale. L’OM va recruter. C’est une obligation d’un point de vue de l’image, de la com’. C’est le défaut inhérent aux clubs à forte notoriété. Ne pas recruter, c’est comme dire : « On ne fait rien et on vous emmerde » ! Impossible. Et dans ce jeu de dupes, ça peut donner n’importe quoi. On parle de vedettes et ça peut se terminer avec Dia !
A Lyon, il faut que 2009 s’efface. C’est la magie attendue du 31 minuit ! On se réveille et tout est différent. Janvier sera crucial et c’est en Tunisie que le club est parti resserrer les boulons et nettoyer les traces de vomi de 2009. On martèle à qui veut l’entendre que l’état d’esprit va changer. Nous on veut bien entendre, mais on préfère voir.
Le dernier club « à com’ », c’est évidemment le PSG. A une époque encore récente, comme à l’OM, Paris devait recruter. C’était une obligation. Quitte à tomber dans le ridicule tant l’hiver a donné lieu à des ratés mémorables, Paris devait bouger. Aujourd’hui, comme le Roi Mage Bazin n’a rien dans les caisses, on va nous vendre le retour d’Hoarau. Et ouais, et on dit partout que c’est comme un recrutement. Après tout, il n’a pas joué et maintenant il va le faire, c’est pareil non ? Oui en quelque sorte. Le meilleur buteur parisien de la saison passée veut tout casser, il veut tirer l’équipe vers le haut. Son retour doit masquer tout ce qui n’a pas été bien fait depuis le début de saison, faire oublier aussi la courte absence de Sessegnon (qui ne devrait pas aller bien loin à la CAN avec le Benin). Il reste encore quelques jours afin de vendre les bienfaits de la nouvelle année. Ma foi, après tout, en cette période de vœux, il faut être positif et plein d’espoir alors…




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