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08/03/2010 - 00:03

Un week-end pour rien…


Les résultats de la journée pouvaient particulièrement motiver les Bordelais. Une histoire de trou à faire ou à refaire. Les intentions de Blanc sont claires : ça a beau être un choc de haut de tableau, on va jouer comme face à un « petit ». Deux attaquants devant Gourcuff et donc un seul milieu défensif. On pourra « chipoter » et venir me dire que Plasil ne rechigne pas à la tâche.
On s’attend donc à un début emballant, c’est en fait ennuyant ! C’est simple, cette première période ne vaut que pour le petit récital de Stéphane Bré. Pas aidé par un règlement absurde, il débute par un peno, logique, et un carton rouge venant là en application de la triple peine de plus en plus insupportable. Après l’exploit de Carrasso, Bré revient sur scène. Encore une fois le peno qu’il siffle est logique. Chalmé fait une main qui aurait pu valoir un carton jaune. Mais comme ce joueur venait de prendre un avertissement, Bré s’est cette fois abstenu de toute sanction administrative (comme on dit dans le métier). Mettre Bordeaux à 9, a du le gêner. Reste le peno. Montpellier change le tireur, ça passe, mais pas aux yeux de Bré qui ne lâche rien ! La forme ne lui a pas plu. La pression monte sur le tireur et ça permet à Carrasso de briller à nouveau ! Ouf, tout ça, nous a permis de rester éveillés.
Après une telle première période, et même à 10, on se dit que Bordeaux va gagner. Aucune analyse à faire, non juste la sensation banale qui prévaut dans ces cas là. Il ne faut d’ailleurs qu’un ¼ d’heure à Bordeaux pour confirmer l’impression. Un bref instant, l’excellent Spahic sort se faire soigner. Réduit à 10 et privé de leur taulier, Montpellier craque et Chamakh marque ! Que peut-il alors arriver à Bordeaux ? Les Héraultais dominent mais sans vraiment être tranchants. Même à 10, les Bordelais ne sont pas à la rue. Avec le Gourcuff de la saison passée, Bordeaux serait déjà tranquille. Seulement voilà, ce joueur là a disparu depuis un moment.
Dans les arrêts de jeu, Costa qui avait presque tout raté dans le match arrache le nul. Carrasso qui avait été excellent se déchire. Ce match aura donc été intéressant pour ce côté un peu fou et ses petites histoires à l’intérieur d’un ensemble moyen.
La saison dernière Bordeaux aurait gagné cette rencontre. La chance du champion, une plus grande maîtrise, une confiance inébranlable, tout cela aurait permis à Bordeaux de ne pas être rejoint. Le champion est aujourd’hui moins fort, c’est une certitude. Reste à savoir si les autres vont pouvoir en profiter.
Et pendant que l’on dissertera sur le concept de « chance du champion », le genre d’expression toute faite qui aime fleurir dans le milieu du foot, ce week-end, on en a entendu une autre bien banale et bien plus agaçante. Une expression parmi les plus agaçante du dictionnaire du foot. C’est le fameux : « cette équipe n’est pas à sa place ». Et pour parler du PSG, Gervais Martel avait sorti cette bonne vieille réplique à la noix (je précise que « à la noix » est une expression désuète n’ayant aucun rapport avec notre meilleur, top, méga arbitre français, seulement remplaçant à la Coupe du Monde).
Je pense qu’il aura fallu à peine 5 minutes à Martel pour s’apercevoir que le PSG était bien à sa place. Tout collé, serré à son cher Racing en deuxième partie de tableau. Le match fut donc digne d’un bas de tableau L1. L’enthousiasme et l’envie de jouer des Lensois pouvaient au moins un peu masquer leurs lacunes. A Paris, pas de masques, pas de fard, juste une terrible médiocrité. Une étude psychologique serait utile pour savoir comment des joueurs professionnels peuvent descendre aussi bas. Techniquement bidon, tactiquement affligeant (le positionnement d’Hoarau est un mystère) ce PSG aurait du s’incliner devant le volontarisme lensois. Mais à la dernière minute, l’inutile Sankharé cadre un coup franc que reprend l’exaspérant Sessegnon. 1 partout, un point c’est tout et c’est déjà énorme ! Le buteur parisien est le joueur de L1 le plus surcoté. Si on fait le rapport « transfert, salaire, rendement », c’est assurément le plus mauvais joueur du championnat. Pas de doute, Paris peut se réjouir du très faible niveau des 3 équipes du bas de classement et de l’avance prise en début de saison, sans cela c’est très sérieusement de maintien qu’il faudrait parler au PSG !
Pas très loin de Lens, Lyon était venu prendre 3 points à Boulogne. C’était écrit. Mais le classique syndrome de la « tête ailleurs » a frappé de plein fouet l’OL. Entre le Stade de la Libération et Santiago Bernabeu, il y a un monde que les Lyonnais n’ont pas réussi mentalement à combler. A dire vrai, ils auraient même pu perdre. Boulogne s’est en effet créé plusieurs occasions très nettes. Un match à vite oublier pour l’OL. C’est maintenant un très grand rendez-vous qui attend ce club. Aller se qualifier à Madrid pourra, sans crainte d’un emballement exagéré, être qualifié de plus grand exploit dans l’histoire de ce club. Cela serait aussi la preuve rassurante que l’argent ne fait pas tout. Une chose que le PSG vérifie chaque semaine avec son budget de 50 millions supérieur à Lens ou de 60 millions supérieur à celui de Montpellier. Bon, restons toutefois mesurés. Le match du Real face à Séville a en effet de quoi faire peur.
Comme l’OL, Marseille a perdu 2 points. Il y avait longtemps qu’on n’avait pas vu un OM version : « je domine, j’ai pleins d’occasions mais je ne gagne pas ! »
Une vingtaine de tirs contre moins de cinq pour Lorient (un seul cadré), un gardien touché par la grâce, il ne manquait que le hold-up en fin de match. Gameiro est d’ailleurs passé tout près de braquer le Vélodrome. Le jeune et très bon attaquant aurait ainsi adressé un clin d’œil vicieux à ses futurs supporters.
Cette équipe de Lorient est capable de bien jouer partout, on le sait. On savait moins en revanche qu’elle était capable de subir durant toute une rencontre face à un adversaire en forme et en confiance. L’OM a en effet été parfois maladroit mais n’a, dans l’ensemble, pas grand-chose à se reprocher. Audard fait partie de ces gardiens typiques de « championnat ». On n’en parle jamais dans les grands clubs, encore moins pour l’équipe nationale. Il fait sa carrière tranquille et plusieurs fois par saison sort des matches venus d’ailleurs. Devant lui, la charnière lorientaise a tenu bon. Bourillon, libéré du cauchemar parisien, est redevenu un joueur de foot.
A Marseille, comme d’habitude Niang a marqué. Lucho a encore démontré qu’il était en phase ascendante. Ben Arfa a été très actif, un peu moins que Valbuena qui pète le feu en ce moment. La déception va prévaloir à l’OM. On va débattre du vide offensif suite à la sortie de Niang, du laxisme défensif sur le but lorientais… Oui certainement, cela mérite d’être souligné. Reste qu’à mon sens Marseille a fait un bon match, et c’est surtout ça que je retiens.
Après tout, personne n’a gagné ce week-end… une J27 finalement inutile !

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