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08/02/2010 - 16:30Brees: "Nous avons gagné pour eux"
Sacré MVP du Super Bowl après son exceptionnelle performance, Drew Brees a guidé les Saints tout au long de leur glorieux parcours. Mais pour lui, cette victoire revient de droit à tous les habitants de La Nouvelle-Orléans, durement éprouvés par Katrina en 2005. Une page définitivement tournée.
Drew BREES, comment vous sentez-vous?
D.B. : C'est incroyable, indescriptible. Je pense que je ne réalise pas encore vraiment que nous venons de gagner le Super Bowl. Je repense à tout ce que nous avons enduré depuis quatre ans que je suis ici. Tous les moments de doute, les nôtres, ceux des autres, l'adversité. Je remercie les Saints de m'avoir fait confiance à un moment où plus grand monde ne croyait en moi. Merci à eux et merci aux habitants extraordinaires de cette ville.
Que représente ce titre pour la ville de La Nouvelle-Orléans?
D.B. : Cela représente énormément. Il faut sans doute vivre à La Nouvelle-Orléans pour mesurer ce que cette victoire signifie. Nous n'avons pas gagné pour nous, mais d'abord pour eux. Cette victoire est pour la ville et pour toute la région qui a été touchée par Katrina. Tout le monde doit absolument comprendre ça. Si nous sommes là aujourd'hui, c'est grâce à la force que ces gens ont, malgré tout ce qu'ils ont subi ces dernières années. Ce titre, nous le devons à nos fans.
Est-ce une forme de revanche?
D.B. : Je n'aime pas ce mot. C'est plutôt une renaissance, que la ville ne doit qu'à elle-même. Je veux dire, il y a quatre ans, qui aurait imaginé que ce que nous vivons aujourd'hui aurait pu se produire? 85% de la ville était sous l'eau. Les gens quittaient La Nouvelle-Orléans sans savoir s'ils reviendraient, sans même savoir si leur ville existerait encore. Les Saints aussi ont failli disparaître. Puis ils se sont relevés et la ville s'est relevée.
Les Saints sont devenus le reflet de la ville, d'où cette communion presque naturelle…
D.B. : Exactement. Nous partagions avec les habitants ce sentiment que plus personne n'avait de considération pour nous. C'est pour ça que cette histoire est unique. Je suis arrivé en 2006, comme beaucoup de joueurs. Des gars dont, pour la plupart, personne ne voulait plus. On a discuté entre nous et on s'est dit qu'on allait reconstruire quelque chose ensemble, qu'on allait être solidaire, toujours. Cela a été notre leitmotiv pendant quatre ans et aujourd'hui, c'est le point culminant de cette aventure.
Est-ce cette solidarité qui vous a permis de ne pas douter en début de match, quand vous avez été menés de 10 points?
D.B. : Bien sûr. Il n'était pas question de douter. Quand on a traversé ce que nous avons traversé pendant quatre ans, ce n'est pas d'être menés de 10 points qui pouvaient nous empêcher d'y croire. Rien ne pouvait nous arrêter.
Quelle a été la clé du match selon vous?
D.B. : Garder Peyton Manning en dehors du terrain, ce que nous n'avons pas su faire lors du premier quart-temps. Après, il fallait impérativement le laisser sur la touche. Plus vous donnez le ballon à Peyton, plus il a d'occasions de vous faire mal. Il fallait absolument éviter ça. D'où l'importance pour notre attaque d'être patiente. Nous n'avons pas cherché de gros jeux, mais simplement à avancer, progresser, tout en faisant tourner le chrono. L'autre élément déterminant, c'était de ne pas commettre de turnover. Le match a fini par se jouer là-dessus. Nous n'avons pas perdu le ballon, eux si.
Est-ce cette volonté de priver les Colts du ballon qui vous a incité à tenter ce onside kick en début de troisième quart-temps?
D.B. : Nous avons décidé ça à la mi-temps. C'est quelque chose que nous avions beaucoup travaillé à l'entraînement ces deux dernières semaines. Et ça se passait tellement bien qu'on a décidé de le tenter en match. Nous étions menés 10-6, c'était le bon moment pour le faire. L'exécution n'a pas été parfaite, mais nous avons récupéré le ballon, c'est tout ce qui importe. L'effet de surprise a fonctionné.
On a le sentiment que votre équipe a forcé son destin dans ce match, en jouant des quatrièmes tentatives, en tapant ce onside kick. Est-ce votre sentiment?
D.B. : Oui, mais c'est comme ça que nous sommes. Nous avons une mentalité très agressive dans notre approche tactique. Il fallait un moment donné tenter quelque chose; Si vous restez trop conservateurs, vous ne pouvez pas gagner un Super Bowl.
A titre personnel, ce titre de MVP constitue une consécration supplémentaire…
D.B. : C'est vraiment moi? C'est dingue. C'est un immense honneur. Mais sincèrement, être vainqueur du Super Bowl, c'est ça l'essentiel.

















Commentaires - Brres : "Pour eux"
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