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09/02/2010 - 11:27Personne n'est parfait

Les Colts étaient favoris du Super Bowl dimanche face aux Saints. Mais ils ont perdu. Une défaite qui prive Peyton Manning d'un deuxième sacre et d'une place encore plus privilégiée dans l'histoire. La star des Colts ne brille pas d'un éclat aussi fort que certains l'auraient souhaité.
Finalement, personne n'est parfait. Pas même Peyton Manning. En étant intercepté à quelques minutes de la fin du match par Tracy Porter (qui allait remonter le ballon sur 74 yards pour marquer le touchdown et plier définitivement ce Super Bowl 44), le quarterback des Colts a contribué bien involontairement à la victoire des Saints. A cet instant, Indianapolis était mené de sept points. Il restait alors un peu plus de trois minutes à jouer. Si Manning avait réussi à inverser la tendance, comme il l'a si souvent fait dans sa carrière, pour s'offrir un deuxième Super Bowl en quatre ans, sa place dans l'histoire serait toute autre aujourd'hui.
Car pour lui, tel était bien l'enjeu. Avec deux titres de champions, il aurait égalé John Elway et se serait rapproché de Tom Brady, Troy Aikman, Joe Montana et Terry Bradshaw. Ses quatre titres de MVP (un record dans la NFL) et ses statistiques affolantes depuis dix ans compensent partiellement son déficit de titres par rapport à certains de ses aînés ou contemporains, mais la finalité de ce sport reste, avant tout, d'aller chercher des titres. Pas sûr qu'en ce début de semaine, Brady accepterait d'échanger un seul de ses trois Super Bowls contre deux ou trois titres de MVP supplémentaires, lui qui n'en a acquis qu'un seul. Manning, est un joueur d'exception. A certains égards, par sa faculté à décrypter une défense adverse, il est peut-être plus fort que jamais personne ne l'a été. Mais une fois encore, sa place dans l'histoire du jeu aurait été différente s'il avait été dans le camp des vainqueurs, dimanche.
Plus près de Favre que de Montana
A bientôt 34 ans, quand il jette un coup d'œil dans le rétroviseur, le maître à jouer des Colts doit tout de même voir davantage de déceptions que de consécrations, en tout cas au niveau collectif, surtout au regard du potentiel de cette équipe au fil des saisons. Lors des sept dernières années, Indianapolis n'a ainsi jamais gagné moins de 12 matches sur 16 en saison régulière. Un bilan exceptionnel. Mais trop souvent, les Colts ont fini par passer à côté au moment des playoffs. Trop souvent Manning a failli, comme en cet instant crucial dimanche. Montana et Bradshaw, qui n'affolaient certes pas les compteurs comme Manning, n'ont jamais failli dans un Super Bowl. Très rarement en playoffs. A sa façon, il a d'ailleurs tout résumé dimanche soir après la défaite face aux Saints: "Nous avons bien joué au cours de ces playoffs. Nous avions bien joué contre Baltimore, bien joué contre les Jets et, par moments, nous avons bien joué contre les Saints. Mais ça n'a pas suffi et c'est dur à avaler."

Oui, les Colts ont bien joué, à commencer par Manning (333 yards tout de même au final), notamment jusqu'à cette interception. Mais au Super Bowl, bien jouer ne suffit pas. A Miami, une équipe, Indianapolis, a joué pour ne pas perdre. Avec talent. L'autre a joué pour gagner. A pris des risques. Tenté des coups de pokers. Au final, il est logique que l'audace ait payé face au conservatisme. En l'occurrence, la responsabilité de l'échec ne revient évidemment pas au seul Peyton Manning. Mais quand on sait qu'il appelle lui-même la plupart de ses jeux offensifs, on ne peut écarter le fait que cet échec est aussi, et même avant tout, le sien. De même qu'il a souvent recueilli les lauriers, comme lors du Super Bowl 2007 dont il avait été désigné MVP, il doit assumer la responsabilité de cette défaite.
Jim Caldwell, le coach des Colts, juge que son interception en fin de match ne changera pas le regard que l'histoire posera sur Peyton Manning. Oui, s'il parvient à remporter un ou deux titres de plus d'ici la fin de sa carrière. Sinon… "C'est un très grand joueur, quoi qu'il arrive, et ce n'est pas cette séquence de jeu qui change quoi que ce soit pour moi", estime Caldwell. A voir. Bien sûr, dans 10, 15 ou 20 ans, la première image qui viendra à l'évocation de Peyton Manning ne sera pas cette interception. Mais cette défaite le prive d'un pas supplémentaire dans la légende. "Je suis surtout triste pour Peyton. Il voulait tellement gagner ce Super Bowl", temoigne Austin Collie, le receveur des Colts. Ces dernières années, Peyton Manning était devenu dans le sport américain ce que Michael Jordan fut dans la décennie précédente: un chouchou, un modèle, presque unanimement choyé par les médias et admiré du public. Mais il n'est pas Jordan. Pas plus qu'il n'est Joe Montana. Sa carrière le rapproche pour le moment plus de celle d'un Brett Favre, bardé de titres de MVP, arborant des statistiques affolantes, mais achevant souvent sa saison sur une note frustrante. On peut être un très, très grand quarterback sans gagner de titres (Dan Marino, John Elway pendant très longtemps) ou peu (Brett Favre, Manning…). Mais on ne peut pas être le plus grand. A ce titre, Manning a raté une occasion en or dimanche.















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