Les policiers ont tiré du gaz lacrymogène contre des groupes de manifestants qui lançaient des pierres et tentaient de s'approcher du ministère de l'Intérieur, cible de vives critiques en raison de l'inertie des forces de sécurité face aux affrontements entre supporters lors du match mercredi soir. Selon le ministère de la Santé, 388 personnes ont été blessées dans ces incidents, la plupart asphyxiées par des gaz lacrymogènes.
Des milliers de manifestants étaient rassemblés dans la soirée aux abords du ministère, près de la place Tahrir, dans le centre du Caire. "Ils savent protéger un ministère mais pas un stade!", scandaient certains.
Des milliers de supporters du très populaire club cairote mais aussi des citoyens ordinaires avaient défilé un peu plus tôt pour accabler le Conseil suprême des forces armées (CSFA) et son chef, Hussein Tantaoui, au pouvoir depuis la chute du régime de Hosni Moubarak en février 2011 après une révolte populaire. "Ceci n'est pas un incident sportif, c'est un massacre militaire", scandait la foule.
Les "Ultras" d'Al-Ahly, groupe de supporters parmi les plus fervents et les plus organisés, ont participé à la révolte contre M. Moubarak début 2011 et pris part aux manifestations hostiles à l'armée et la police, ce qui alimente sur les réseaux sociaux les soupçons d'une "vengeance" à leur encontre.

























