Et un de plus. Après Fulham, Chelsea, Manchester United, Portsmouth, Aston Villa, West Ham et Liverpool, Manchester City va devenir le huitième club de Premiership à passer sous contrôle étranger. L'autre club de Manchester a accepté une OPA de Thaksin Shinawatra. Par le biais de la société UK Sports Investments et pour la modique somme de 121,5 millions d'euros (nldr : 32 millions pour le rachat plus 89,5 millions pour éponger les dettes), l'ancien Premier ministre thaïlandais (57 ans) va enfin s'offrir ce qu'il visait depuis quelques temps déjà : un club de football anglais. En 2004, l'homme d'affaires avait tenté de racheter Liverpool. Sans succès. La mésaventure est désormais oubliée.
"Je suis heureux que le Conseil d'administration de Manchester City ait jugé positivement mon offre pour le club. Je souhaite désormais poursuivre l'excellent travail de John Wardle et de son équipe" , s'est-il réjoui en ajoutant qu'il aimerait prendre la direction du club, en plus d'en être son propriétaire. Quatorzièmes du dernier Championnat d'Angleterre, les Citizen vont désormais entrer dans une nouvelle ère et, a priori, bénéficier d'une manne financière propice à un avenir doré alors que les dernières années n'ont guère été réjouissantes et que le dernier titre - une Coupe de la Ligue - remonte à 1976. Cela dit, il n'y aura pas de place pour tout le monde en haut de la Premiership. Et Chelsea, Manchester United, Liverpool ou Arsenal (seul gros à résister aux sirènes étrangères) n'ont pas envie de laisser la place.
Un Berlusconi asiatique
Avec huit clubs sur vingt dirigés par des investisseurs étrangers, la Premiership se globalise plus que jamais. C'est d'ailleurs cet aspect du Championnat d'Angleterre qui a séduit Thaksin Shinawatra et d'autres avant lui. De plus en plus riche, suivie à travers le monde et spectaculaire, l'Angleterre est en train de devenir la NBA du football. L'Asie et notamment la Thaïlande adorent ce spectacle. Et bien évidemment, le rachat d'un club par l'un des leurs ne devrait pas atténuer la folie Premiership. Mais pour certains, la prise de possession de Manchester City par Thaksin Shinawatra est une manoeuvre de séduction de celui qui fut Premier ministre de Thaïlande et qui aimerait sans doute revenir en grâce après avoir été renversé en septembre 2006. En visite aux Nations Unies à New York, Thaksin Shinawatra avait été victime d'un coup d'état et vit désormais en exil en Grande-Bretagne. Réussira-t-il son coup ? Difficile à dire. Et après tout, cela n'a guère d'importance.
Ce qui compte est de savoir qui est vraiment Thaksin Shinawatra. Comme le patron et mécène de Chelsea, Roman Abramovich, l'homme d'affaires, touche à tout diplômé de criminologie, suscite les interrogations. La Premiership souhaite d'ailleurs le soumettre à un "test d'honorabilité". Il est vrai qu'il pourrait rapidement être mis en cause dans son pays dans une affaire de corruption liée à l'achat d'un terrain par son épouse. Avant cela, d'autres affaires estimées frauduleuses avaient été associées à son nom et à son profil de Berlusconi asiatique. Ce sont d'ailleurs ces soupçons et une forte prédisposition à l'exercice solitaire du pouvoir qui ont en eu raison de lui en Thaïlande. Jusqu'ici, Manchester City se fiche de tout cela. Du moins pour le moment.
Maxime DUPUIS
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