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Cinq, six, sept Ballons d’Or? Peu importe : la légende de Messi s’écrit désormais ailleurs

Cinq, six, sept Ballons d’Or? Peu importe : la légende de Messi s’écrit désormais ailleurs

Le 12/01/2016 à 14:18

Lundi, Lionel Messi (FC Barcelone) a remporté son cinquième Ballon d’Or, banalisant un peu plus l’exceptionnel. S’il veut aller encore plus haut et parachever son oeuvre, l’Argentin sait ce qu’il lui reste à faire : triompher en Coupe du monde avec l'Albiceleste. Son ultime défi.

Le suspense fut insoutenable. Il a duré jusqu’à 17h46. Oui, 17h46 et pas 20 heures. Car pour l’annonce et l’attribution du Ballon d’Or, on savait déjà. Non, le seul mystère de la soirée a été levé quand Lionel Messi a posé le pied sur le bitume détrempé de Zurich : pas de costume à couronnes mais une tenue des plus classiques. La plus sobre d’un règne qui s’est un peu plus étendu lundi soir.

Parce que, oui, l’Argentin a bel et bien remporté la plus prestigieuse des récompenses individuelles pour la cinquième fois de sa carrière, record absolu qui lui donne désormais deux longueurs d’avance sur Ronaldo et une tripotée de légendes telles que Michel Platini, Johan Cruyff et Marco van Basten.

Cinq Ballons d’Or à 28 ans. Bravo. Chapeau. Rien d’autre à ajouter. Et le pire, c’est que ce n’est peut-être pas fini. Sans doute pas, même. Difficile d’imaginer le Barcelonais ne plus revenir à Zurich d’ici la fin de sa carrière. Je vous imagine en train de compter : combien Leo Messi va-t-il gagner de Ballons d’Or jusqu’au dernier jour de sa vie de footballeur ? 5, 6, 7, 8, 9 ou 10 ? Franchement, je n’en sais rien et, si j'étais vous, je ne me mouillerais pas. De toute manière, ce n’est plus ce qui compte. Parce que Messi a banalisé l’exceptionnel et, quoi qu’il advienne, l’Argentin a déjà une place à part dans l’histoire du jeu. Ce n’est pas un Ballon d’Or de plus ou de moins qui y changera quelque chose.

La Coupe du monde, juge de paix ultime

Sa place dans la légende, Lionel Messi l’a gagnée à coups d’exploits individuels et d’accomplissements collectifs. Son palmarès et ses statistiques personnelles vont déjà au-delà du concevable et il ne lui reste qu’un Graal à conquérir pour parachever une œuvre monumentale : soulever la Coupe du monde avec l’Argentine.

Tata Martino (Argentine) face à Lionel Messi

Tata Martino (Argentine) face à Lionel MessiAFP

Lundi en début d’après-midi, lors d'un questions-réponses organisé avec les internautes d'Eurosport.fr sur Facebook, l’un d’entre vous m’a demandé s’il fallait "vraiment que Messi gagne la Coupe du monde pour être le plus grand de tous les temps ?" Ma réponse fut simple et sans détour : c’est oui. Aujourd’hui, beaucoup jugent qu’il a dépassé ses prestigieux prédécesseurs tels que Pelé, Maradona et compagnie. Je ne dis pas non mais je ne suis pas en mesure de l’affirmer catégoriquement. Parce qu’il manque ce sacre mondial, qui lui a filé entre les doigts au Brésil au terme d’une Coupe du monde qu’il avait parfaitement démarrée avant de s’éteindre petit à petit.

Cinq Ballons d'Or ou la Coupe du monde ? Messi n'hésite pas

Si la toute-puissance et la mainmise des clubs sur le football international sont en train d’éteindre les équipes nationales depuis bientôt plus d’une décennie, la magie quadriennale de la Coupe du monde existe bel et bien encore. Demandez donc aux vingt-trois champions du monde allemands ou espagnols s’ils seraient prêts à échanger leur titre de 2014 ou de 2010 contre un seul des Ballons d’Or de Lionel Messi ? La réponse serait du même acabit de celle délivrée par la Pulga, lundi après-midi.

Lionel Messi et Ezequiel Lavezzi, World Cup 2014

Lionel Messi et Ezequiel Lavezzi, World Cup 2014Eurosport

Durant la traditionnelle conférence de presse qui s’est déroulée en amont de la cérémonie, un journaliste - sans doute argentin - a demandé malicieusement au maître du jeu s’il préférait gagner une Coupe du monde ou cinq Ballons d’Or ? Sourire en coin de l’intervieweur. Rictus un peu plus pincé de l’interviewé qui, après avoir fait remarquer (avec humour) à son interlocuteur que sa question était "méchante", n’a pas hésité une seconde quant à la teneur de la réponse : "Le Mondial, bien sûr… C’est l’apogée". Un véritable Everest que Pelé et Maradona, les deux plus grands footballeurs du XXe siècle, ont gravi et qui leur a conféré une aura unique ainsi qu'une empreinte éternelle. Lionel Messi a déjà tout ça ? Lui ne le pense pas. Du haut de son piédestal, Lionel Messi a encore un rêve qui ne cesse de se refuser à lui. Ce qui le rend d'autant plus désirable qu'un Ballon d'Or de plus.

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