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Bayern Munich : Carlo Ancelotti, le "pack sérénité" pour poursuivre la progression après Guardiola

Ancelotti, le "pack sérénité" pour poursuivre la progression du Bayern

Le 23/12/2015 à 15:59

En juillet 2016, après trois ans d'excitation électrique sur le bord du terrain avec Josep Guardiola, le Bayern va retrouver une luxueuse sérénité managériale en compagnie de son nouvel entraîneur, Carlo Ancelotti. En capitalisant sur le travail du Catalan, l'Italien peut développer une version encore meilleure de la machine bavaroise.

Le flirt remonte à janvier 2015, à Zurich. A l'occasion du gala annuel de la FIFA, Carlo Ancelotti, alors entraîneur du Real Madrid, était venu converser avec Karl-Heinz Rummenigge, patron du Bayern. Et lui avait, ni plus ni moins, proposé ses services pour le futur. Guardiola en partance l'été prochain, la venue de l'Italien en Bavière pour trois saisons a été concrétisée et officialisée le 20 décembre.

"Kalle", à ce sujet, use aujourd'hui d'un champ lexical identique à celui qui était le sien à l'annonce de l'arrivée de Josep Guardiola. "Carlo aime nos joueurs, notre culture et l'histoire du club, témoigne le président. Nous voulons Carlo, mais lui aussi veut du Bayern." Ancelotti, 56 ans, aura le loisir de composer son staff, avec la seule contrainte que l'incontournable Hermann Gerland, l'une des âmes du club, reste entraîneur adjoint. En théorie, il disposera de l'intégralité de l'effectif sous contrat.

Le Mister a du reste déjà fait part de quelques souhaits à ses futurs dirigeants. Ceux-ci ne consistent pas à recruter, mais à retenir certaines stars. Parmi elles, Douglas Costa, l'un des coups les plus réussis du marché européen l'été dernier. Aucun départ du Brésilien (sous contrat jusqu'en 2020) n'est évoqué, au contraire de Robert Lewandowski, que son agent Cezary Kucharski a proposé au Real Madrid et qui suscite les convoitises de Manchester United à hauteur de 70 M€.

C'était l'une des conditions de sa venue en Bavière : Ancelotti veut absolument conserver l'avant-centre polonais, qui a lui-même coupé court aux rumeurs avec un certain agacement. "C'est chaque année la même histoire. Je n'ai rien à faire des spéculations ! Il n'y a pas de contact avec le Real", a résumé Lewy, sous contrat jusqu'en 2019.

La crème des gâteaux et des entraîneurs

En Bavière, la crème n'est pas seulement dans les gâteaux ; c'est aussi celle des entraîneurs. Le meilleur s'apprête à partir ? Le recrutement du suivant, peut-être meilleur encore, est déjà enclenché. A Josep l'épicé va succéder Carlo l'onctueux. Guardiola éteint les egos, Ancelotti les fait cohabiter.

Carlo Ancelotti, alors entraîneur du PSG, salue Zlatan Ibrahimovic.

Carlo Ancelotti, alors entraîneur du PSG, salue Zlatan Ibrahimovic.Panoramic

Ancelotti se donne, justement, les moyens d'une intégration optimale. Il a ainsi commencé à apprendre l'allemand depuis quelques semaines. "Je peux témoigner à quel point c'est difficile, souffle-t-il, mais si Giovanni Trapattoni l'a appris, je dois pouvoir moi aussi." Ce n'est pas ce dernier qui pourra dire le contraire. Le Trap, précédent entraîneur italien à Munich, s'était illustré le 10 mars 1998 à l'occasion d'une conférence de presse mémorable, théâtre d'un coup de sang colossal dans un allemand aussi approximatif dans sa syntaxe que destructeur dans son lexique. "Je suis fatigué d'être le père de ces joueurs", avait éructé l'entraîneur, devant une forêt de micros, à propos de Mehmet Scholl, Mario Basler et Thomas Strunz, coupables alors d'être "faibles comme des bouteilles vides".

Au sens propre comme au figuré, Ancelotti est plus arrondi et prépare déjà le terrain : "Je n'ai pas peur (des coutumes locales). Ce sera une expérience nouvelle pour moi, intéressante, et je me réjouis d'apprendre à connaître un nouveau pays et de ressentir de nouvelles impressions."

Chef cuisinier et maître tacticien

Gustatives, notamment. Marquées par les tortellini après l'église dans son enfance. Son ami Pino Posteraro, qui dirige un établissement triplement étoilé à Vancouver, témoigne de l'appétit constamment renouvelé de Carlo pour la gastronomie. Le Mister cuisine d'ailleurs lui-même, spécialités pâtes et viande de bœuf.

A Parme et à la Reggina, déjà, Ancelotti invitait ses joueurs à déguster la pizza en sa compagnie. Son capitaine à Milan, Paolo Maldini, se souvient : "Il mange et il boit. Puis il mange encore, et boit un peu plus. Mais pas seul, en compagnie. A l'époque, il me faisait venir auprès de lui pour déguster. Malgré mes protestations disant que je devais montrer l'exemple, il m'intimait d'essayer. Susurrant que c'était vraiment bon."

Carlo Ancelotti, alors entraîneur de l'AC Milan, en 2009, aux côtés de Silvio Berlusconi et de Paolo Maldini

Carlo Ancelotti, alors entraîneur de l'AC Milan, en 2009, aux côtés de Silvio Berlusconi et de Paolo MaldiniImago

De quoi entretenir une bonne atmosphère... Qui se poursuit sur le terrain sportif. "L'Allemagne a des stades neufs et est revenue au top niveau européen. Ce qui me fascine le plus, c'est l'ambiance dans les stades", avance Ancelotti. Avec trois succès en Ligue des champions (2003, 2007, 2014), le Mister en connaît un rayon en géographie d'enceintes footballistiques.

Pétrie comme joueur puis comme adjoint du maître Arrigo Sacchi, son expérience est maximale. En 1990, alors sur le terrain, il triomphait du Bayern en demi-finale. En mars 2006, son Milan AC avait balayé ce même Bayern en quart de finale (1-1, 4-1). En avril 2014, il avait donné une leçon aussi brutale que brillante à Guardiola en demi-finale (1-0, 4-0 pour le Real), qualifiée de "chef-d'œuvre" par La Stampa. Si le génie de Pep se trouve dans sa philosophie de jeu, celui de Carlo est dans les résultats... tout ce que cherche le Bayern, année après année.

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