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Josuha Guilavogui (Wolfsburg): "Au niveau du jeu proposé, le Bayern n'est pas loin de la perfection"

Guilavogui : "Au niveau du jeu proposé, le Bayern n’est pas loin de la perfection"
Par Eurosport

Le 22/01/2016 à 19:38

A quelques encablures de la reprise de la Bundesliga, Josuha Guilavogui, milieu de terrain de Wolfsburg, nous a accordé un entretien exclusif. L’international français, qui disputera les 8es de finale de la Ligue des champions, s’éclate en Allemagne où il a découvert un championnat qui lui sied parfaitement. Il évoque également un Bayern toujours plus impressionnant.

Josuha Guilavogui, quel bilan dressez-vous de la première partie de saison de Wolfsburg ?

J.G. : En championnat, le bilan reste mitigé, puisqu’à domicile, on a fait des bons résultats, mais à l’extérieur, on a gagné qu’une seule fois. Au vu de la qualité de notre effectif, c’est trop peu. Après cette phase aller, on se retrouve un peu en retrait dans la course à la Ligue des Champions. Mais nous sommes toujours en lice pour une qualification. Seulement, nous n’avons plus le droit à l’erreur.

Comment l’expliquez-vous ?

J.G. : L’été dernier, on a perdu deux joueurs phares de notre effectif (Kevin De Bruyne et Ivan Perisic partis respectivement à Manchester City et à l’Inter). Offensivement, ces deux joueurs nous manquent notamment dans les phases de jeu de “un contre un”, car ils nous débloquaient parfois les matches. Je pense également qu’on ne bénéficie plus de l’effet de surprise. Nos adversaires nous connaissent mieux, et on se retrouve avec beaucoup plus de possession et peu d’espace avec des lignes resserrées dans la moitié de terrain adverse. C’est plus dur, mais on doit prendre plus de risques dans le jeu pour avoir de meilleurs résultats.

Quel est votre bilan personnel ?

J.G. : Pour moi, c’est positif puisque j’ai beaucoup joué, que ce soit en championnat ou en Ligue des Champions (22 matches disputés au total). Je suis satisfait, même si cela aurait pu être encore mieux. Mais cette saison, j’ai quand même disputé de grands matches. C’était notamment le cas contre Manchester United (victoire 3-2). Ce jour-là, j’avais ressenti de bonnes sensations. J’ai répondu aux attentes, et ce quel que soit le système dans lequel on a évolué. Avec la blessure de Luiz Gustavo, joueur que j’apprécie beaucoup, on s’est parfois retrouvé à jouer avec un seul 6 au milieu de terrain. J’étais alors la seule pointe basse. Ce qui m’a fait progresser dans ce registre de sentinelle. D’ailleurs, je ressens que je suis en progression par rapport à ma première année en Bundesliga.

BVB-Stürmer Immobile im Zweikampf mit Wolfsburgs Guilavogui

BVB-Stürmer Immobile im Zweikampf mit Wolfsburgs GuilavoguiEurosport

En quoi la Bundesliga vous a-t-elle permis de vous épanouir davantage ?

J.G. : D’abord physiquement, je me suis amélioré, parce qu’en Allemagne, le jeu est très ouvert. Il faut donc beaucoup, beaucoup courir (rires). Il y a aussi plus de rythme, ce qui fait que tu ne peux pas avoir de trou physique dans le match, parce qu’il n’y a pas de temps mort. C’est pour ça que c’est un championnat qui me convient parfaitement parce qu’il met en valeur mon volume de jeu.

Dans quels domaines pouvez-vous encore progresser ?

J.G. : (sourire) Il faut que je marque plus de buts. Je le sais, je dois plus tenter et avoir plus d’efficacité dans mon dernier geste. Mais je bosse beaucoup sur cet aspect du jeu. Mais ça va venir. Comme on dit, chaque chose en son temps…

Etes-vous surpris du niveau de la Bundesliga ?

J.G :
Oui, c’est très différent de la L1. Le championnat français, c’est un championnat un peu plus frileux où on considère que faire un nul à l’extérieur, c’est un bon résultat. En Allemagne, on ne pense pas comme ça. On joue toutes les rencontres pour les gagner. Donc on tombe rarement sur des 0-0, ça finit souvent en 4-3, 4-4, c’est impressionnant !

Votre regard sur le Bayern et sa domination sans partage ?

J.G. : Contre Munich, tout est possible sur un match. Mais sur l’intégralité d’un championnat, ils sont largement au-dessus. D’ailleurs, depuis que je suis en Bundesliga, je ne les ai jamais vus aussi forts. Au niveau du jeu proposé, on n’est pas loin de la perfection. Vu d’Allemagne, cela ressemble à une apogée en matière de football.

Pourquoi sont-ils encore plus forts cette saison ?

J.G. : La saison dernière, ils ont dû composer avec les blessures de Robben et Ribéry. Avec ces absences, le Bayern n’avait peut-être pas trouvé la bonne formule, alors que cet été, Douglas Costa et Coman sont arrivés durant le mercato. Et cela a fonctionné tout de suite. C’est la grande différence entre le Bayern de 2014/2015 et celui de 2015/2016.

Costa (li.) und Coman (re.) bei der Bayern-Gala in Wolfsburg

Costa (li.) und Coman (re.) bei der Bayern-Gala in WolfsburgImago

En L1, il y a la suprématie du PSG, alors qu’en Bundesliga, le Bayern fait la loi. Ce parallèle vous parait-il justifié ? Est-ce un frein pour le développement de la Bundesliga ?

J.G. : Non, je ne pense pas que cela soit une limite, puisqu’il y a quand même beaucoup de très bons matches. Car que ce soit le Borussia, le Hertha Berlin, Schalke, Monchengladbach voire même Wolfsburg, sur un match, on peut rivaliser. Oui, on peut les titiller. Sur un championnat, c’est beaucoup plus compliqué. Donc une concurrence existe. Par conséquent, c’est différent de la L1.

C’est-à-dire ?

J.G. : En Bundesliga, il y a des matches intéressants à jouer et à regarder. En France, ce n’est pas toujours le cas, puisque Saint-Etienne (son ancien club, NDLR), Marseille, Lyon voire même Lille ne sont pas à leur place en L1. Finalement, ça donne une autre image, puisque le PSG est largement au-dessus de tous ses adversaires.

Durant cette première partie de saison, quel est le joueur qui vous a le plus impressionné ?

J.G. : Douglas Costa, sans hésiter. Il a vraiment des qualités exceptionnelles. Il est aussi rapide que technique et, ça, c’est très rare. C’est un joueur hyper complet qui s’est très vite adapté au jeu du Bayern. Après, il bénéficie aussi du jeu de son équipe puisqu’il fournit assez peu d’efforts défensivement. Mais en phase offensive, c’est un danger permanent. Ce n’est pas pour rien qu’il a été élu meilleur joueur de la Bundesliga de la phase aller.

On parle beaucoup de la Premier League. Etes-vous tenté par une aventure anglaise dans l’avenir ?

J.G. : Il faut peser le pour et le contre parce que partir pour partir, ça ne sert à rien… Donc de ce côté-là, ça ne m’intéresse pas, parce qu’en plus, j’ai trouvé un équilibre à Wolfsburg. Après, si un jour, un nouveau challenge se présente à moi en Angleterre, il faudra voir et bien étudier le projet du club en amont. La Premier League, c’est le championnat le plus médiatisé du monde. D’ailleurs, on va dire que c’est ce qui nous manque en Allemagne. Quelque part, c’est dommage que la Bundesliga soit un peu sous-cotée parce que c’est un championnat passionnant. Les stades sont pleins, on joue à 15h30, les infrastructures sont de grande qualité. Pour un joueur de foot, c’est parfait. En ça, cela ressemble à la Premier League, puisqu’il y a aussi beaucoup d’intensité dans les matches. Il n’y a aucun calcul. En Allemagne, j’ai découvert une autre culture et, sincèrement, je suis fan de la Bundesliga.

Memphis Depay (Manchester United) face à Wolfsburg

Memphis Depay (Manchester United) face à WolfsburgAFP

En 8es de finale de Ligue des champions, vous allez affronter La Gantoise…

J.G. : Honnêtement c’est jouable, on ne peut pas se le cacher. C’est beaucoup mieux qu’affronter la Juventus ou l’AS Rome. Donc sur le papier, je pense qu’on est favoris. Mais en Ligue des Champions, il faut toujours se méfier. Donc on aura avant tout beaucoup de respect pour cette équipe de La Gantoise.

L’équipe de France et l’Euro 2016, y croyez-vous encore ?

J.G. : On est beaucoup à prétendre pour ce poste. Certains partent forcément avec un peu plus d’avance que moi parce qu’il y a un groupe qui s’est déjà constitué. Maintenant, il faut se tenir prêt parce que tout peut arriver. Et bien sûr je ne souhaite de blessure à personne. Ça serait une immense fierté de pouvoir faire partie de cette liste sans qu’aucun joueur ne soit forfait. Je suis un compétiteur, je suis un battant, et je vais tout donner pour atteindre ce rêve et cet objectif de l’Euro. Pour faire partie de ce groupe France, je vais me battre jusqu’au bout ! A moi de me donner les moyens de mes ambitions.

Propos recueillis par Didier Balayer

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