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CAN 2017 : L’Algérie, un favori qui pose question

L’Algérie, un favori qui pose question

Le 14/01/2017 à 15:37Mis à jour Le 14/01/2017 à 19:58

CAN 2017 - Elle dispose d’une puissance offensive sans égal en Afrique, mais son secteur défensif inquiète. L’Algérie, perturbée par une grosse instabilité technique en 2016, est supposée jouer un rôle au Gabon lors de la CAN 2017. Reste à savoir lequel…

Evidemment, il est toujours plus facile d’embellir les statistiques face à des terreurs comme le Lesotho (3-1, 6-0), les Seychelles (4-0, 2-0) ou l’Ethiopie (3-3, 7-0) comme ce fût la cas lors des qualifications pour la CAN 2017, ou plus récemment contre une équipe B de Mauritanie (3-1, 6-0), à l’occasion des deux matches amicaux de préparation avant le tournoi, que face à des pointures du continent.

A l’automne, contre le Cameroun d’abord (1-1), au Nigeria ensuite (1-3), les Fennecs ont compromis leurs chances de qualification pour la Coupe du Monde 2018. Et le doute a fini par s’installer à l’aube de la CAN gabonaise, où l’Algérie est malgré tout considérée comme un favori. "L’Algérie, je pourrais la résumer ainsi : d’excellents joueurs, mais pas une vraie équipe. Elle semble un peu bancale", tacle Nordine Kourichi, l’ancien international (30 sélections entre 1980 et 1986) et ex-adjoint de Vahid Halilhodzic (2011-2014).

Quatre sélectionneurs en moins d’un an

L’année dernière, l’Algérie a assuré sa présence au Gabon en sortant sans encombre d’un groupe faiblard, ce qui était la moindre des choses pour le huitième de finaliste de la dernière Coupe du Monde. Mais suite au départ de Christian Gourcuff en mars, la sélection s’est donnée en spectacle, après le bref intérim assuré par Nabil Neguiz lors du déplacement aux Seychelles début juin (2-0), synonyme de qualification pour la CAN.

L'Algérie, qualifiée pour la CAN 2017.

L'Algérie, qualifiée pour la CAN 2017.AFP

Le Serbe Milovan Rajevac, recruté au cœur de l’été après plusieurs années d’inactivité, a été poussé vers la sortie après le match nul contre le Cameroun à Blida (1-1) en octobre, avec l’aide de certains joueurs. "Je ne remets pas en cause les qualités de Rajevac, mais j’avais été surpris par sa nomination. Il ne parlait pas un mot de français et ne semblait pas bien connaître les joueurs, qui ne comprenaient pas bien ses consignes", intervient Ali Fergani (64 sélections entre 1973 et 1986 et ancien sélectionneur). Et le Belge Georges Leekens, intronisé quelques jours avant le voyage au Nigeria, n’avait pu éviter une défaite (1-3), où l’Algérie aavait étalé au grand jour ses lacunes défensives.

Un potentiel offensif impressionnant, une défense qui inquiète

En Afrique, elle est réputée pour posséder, avec Ryad Mahrez, Yassine Brahimi, Islam Slimani, Rachid Ghezzal et El-Arbi Soudani (Ryad Boudebouz est forfait) ce qui se fait de mieux dans le domaine offensif. "Le problème, c’est qu’elle n’est pas équilibrée. On l’a vu au Nigeria. Défensivement, elle a des lacunes. Ce n’est pas seulement le fait des défenseurs, car cela implique tout le monde, mais cela impacte sa sérénité globale. Elle a été mise en danger contre le Cameroun, mais au Nigeria, c’était encore plus flagrant. Dans l’axe, sur le côté droit, on a senti une vraie fébrilité", poursuit Fergani.

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"Ce n’est pas une équipe équilibrée. Il y a un décalage entre son pouvoir offensif impressionnant et le reste. Dès qu’elle est confrontée à des équipes athlétiques comme le Cameroun, elle est en danger car elle a aussi du mal à répondre au défi physique", ajoute Kourichi. "Leekens a décidé de se passer de Carl Medjani et d’Essaïd Belkalem, qui formaient l’axe central au Brésil, et qui avaient donné satisfaction. C’est un choix qui, forcément, m’interpelle. Tout comme m’interpelle cette décision, en 2016, de ne pas jouer de matches amicaux, contrairement aux autres grosses sélections africaines."

"L'équipe la plus talentueuse du moment"

L’Algérie, que le sort a placée dans un groupe particulièrement relevé (Tunisie, Sénégal, Zimbabwe) est malgré tout considérée comme un des favoris de cette CAN. "Sur le papier, elle a des arguments pour aller loin, même si je suis inquiet, car sortir de ce groupe sera compliqué. Le Sénégal est très fort collectivement, et la Tunisie est très dangereuse", reprend Fergani.

Georges Leekens, sélectionneur de l'Algérie.

Georges Leekens, sélectionneur de l'Algérie.AFP

Kourichi, même s’il n’a pas été franchement emballé par ce qu’il a vu ces derniers mois, y croit malgré tout. "L’état d’esprit sera très important. Si elle s’améliore derrière, et sachant qu’elle peut marquer n’importe quand, cette équipe peut faire une bonne CAN." C’est également l’avis de Pierre Lechantre, l’ancien sélectionneur du Congo, qui voit en elle un des principaux prétendants au sacre du 5 février avec la Côte d’Ivoire, le Sénégal et la RD Congo. "Pour moi, c’est l’équipe la plus talentueuse du moment. Même si elle n’est pas dans un grand jour, ses joueurs offensifs peuvent gagner un match sur un simple geste…"

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