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Trélissac : "Coach Zivko" retrouve Marseille, 23 ans après l'affaire VA-OM

"Coach Zivko" retrouve Marseille, 23 ans après l'affaire VA-OM
Par AFP

Le 11/02/2016 à 00:33

COUPE DE FRANCE - Ancien joueur de Valenciennes, l'actuel entraîneur des amateurs de Trélissac, le Bosnien Zivko Slijepcevic, retrouve Marseille jeudi (21h00) en huitième de finale de Coupe de France, vingt-trois ans après l'affaire VA-OM qu'il a vécue de l'intérieur.

Après Lille sorti aux tirs au but en 16e de finale (1-1 a.p., 4-2 t.a.b.) sur le terrain bosselé de Périgueux, Zivko Slijepcevic rêvait d'affronter Paris ou Saint-Étienne au tour suivant, "car ici à Trélissac, beaucoup de gens aiment les Verts et moi, je suis nostalgique de ce mythe, de ce match contre Hadjuk Split de 1974 (1-4, 5-1)". Mais c'est finalement Marseille qui a été tiré au sort pour les Périgourdins, avides de revanche après le 32e de finale perdu en 2010 (0-2) et survolé à l'époque par Hatem Ben Arfa.

Et pour Zivko, c'est un flash-back. Celui de VA-OM, "un très mauvais souvenir pour le foot français". "J'étais présent à ce match (le 23 mai 1993), je ne jouais pas mais cela m'a touché car j'ai vécu de très belles années avec Jorge Burruchaga, Christophe Robert ou Jacques Glassmann", raconte-il d'un ton grave. "Cette affaire a touché tout le monde. Le club est descendu, les joueurs sont tous partis aux quatre coins de la planète" et lui, par l'intermédiaire de Georges Peyroche, ancien entraîneur de Lille, du PSG, de Quimper et de VA, s'est retrouvé à... Trélissac.

Jusque là, le Bosnien avait surtout évolué en Yougoslavie, et avait découvert la France à 30 ans, à Quimper en D2 (1988-1990), puis à Valenciennes (53 matches, 8 buts) avec une remontée en D1 en 1992, à 35 ans. "Ca a été un hasard de tomber ici mais comme il y avait la guerre en ex-Yougoslavie, par la force des choses, j'ai décidé de rester en France avec ma famille et j'ai accepté le défi d'entraîneur-joueur ici où je suis resté trois ans", avec réussite (deux montées consécutives) et un 32e de finale de Coupe de France en 1995 contre le Lyon de Jean Tigana (0-4).

" Son travail peut parfois paraître dépassé"

Trélissac, proche de Périgueux, est donc devenu sa deuxième patrie. Il y a passé dix ans comme coach (1993-1997 et de 2010 à aujourd'hui), entrecoupées d'expériences dans le club voisin de Nontron, puis à Concarneau (3 ans) et Avranches (2 ans). Son phrasé ressemble à s'y méprendre à celui de +coach Vahid+ Halilhodzic, Bosnien comme lui, de cinq ans son aîné. Ses méthodes aussi. "Zivko, c'est un très grand passionné, très rigoureux, qui a pour habitude de ne rien laisser au hasard. Je ne vais pas dire vieux-jeu mais son travail peut parfois paraître dépassé", sourit Rudy Gérard, latéral et capitaine de Trélissac. "Avec lui, quand faut y aller, faut y aller, être à 200%", ajoute le joueur formé à Sochaux.

Ses joueurs le lui rendent bien, eux qui rêvent de National -- ils sont 5e du groupe D de CFA -- mais se distinguent cette année par ce parcours en Coupe, comme avant eux Calais ou Carquefou, que Slijepcevic cite volontiers en exemples. "Ils ont décomplexé le foot amateur grâce à leurs exploits", estime-t-il. La surexposition est passagère mais tant qu'elle dure...

Clermont (1-0) au 8e tour, puis le Lille de Frédéric Antonetti, dont il avait vu cinq matches, sont tombés dans ses mailles. Au moment d'accueillir l'OM au stade Chaban-Delmas de Bordeaux, l'équipe de Michel n'aura plus aucun secret pour Zivko. Mais la marche reste haute. "Techniquement et au niveau de la vitesse, on ne sera pas avantagé", reconnaît-il. "Mais surtout Marseille est prévenu après nos exploits contre Clermont et Lille, c'est ça notre plus grande crainte".

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