AFP

A Nantes, Sergio Conceiçao fait régner la méthode forte et ses joueurs en redemandent

A Nantes, Conceiçao bouscule les habitudes et ses joueurs en redemandent
Par AFP

Le 10/01/2017 à 20:39

COUPE DE LA LIGUE - Sergio Conceiçao a transformé Nantes depuis son arrivée. L'entraîneur portugais ne ménage pas ses joueurs et ça marche. Après quatre victoires en autant de matches, il espère conduire son équipe à la qualification contre Nancy mardi (18h30).

"Il nous a bougés". Venant d'Oswaldo Vizcarrondo, un colosse de 1,91 m pour 85 kg, l'expression résume bien la méthode du coach Sergio Conceiçao à Nantes. Résultat : quatre victoires en quatre matches. Prochaine étape les quarts de finale de Coupe de la Ligue, mardi face à Nancy (18h30).

Fini le paternalisme bonhomme de René Girard. Désormais, les joueurs se font rabrouer à chaque séance par un coach qui donne de la voix pour reprendre ou encourager tel autre. "Sergio Conceiçao a une façon de travailler totalement différente, plus dynamique. Il a l'envie. Ça nous a fait du bien", poursuit le Vénézuélien, surnommé "El Patron", mais qui a trouvé plus "patron" que lui. "C'est un coach qui nous harangue, il dégage de l'énergie. Personnellement, ça me motive", a aussi assuré le jeune milieu de terrain Valentin Rongier (22 ans).

Mais Conceiçao n'a pas bousculé les joueurs que sur le terrain, il exige aussi beaucoup d'eux en dehors, avec des pesées obligatoires régulières et des repas pris en commun. "Il demande beaucoup de choses dans le domaine professionnel et dans l'aspect personnel aussi", admet Vizcarrondo, qui apprécie le temps passé avec ses coéquipiers autour de la table : "On partage beaucoup ensemble, ça permet de souder le groupe".

Porté par ses bons résultats, le technicien a rapidement emporté l'adhésion complète des joueurs, ce qui s'est aussi traduit sur le terrain par une attitude diamétralement opposée à la passivité et la frilosité des derniers matches de René Girard.

Sergio Conceicao lors de Nantes - Montpellier en Coupe de Ligue le 13 décembre 2016

Sergio Conceicao lors de Nantes - Montpellier en Coupe de Ligue le 13 décembre 2016AFP

"Il ne laisse rien passer"

Le système de jeu n'a pas été bouleversé, le 4-4-2, avec un Mariusz Stepinski légèrement décroché par rapport à Emiliano Sala en pointe, n'étant pas très différent de ce que pratiquait Nantes avant. Mais il a rendu la défense plus hermétique, demandant un gros travail de replacement. "On fait beaucoup de tactiques, de repositionnements défensifs. Le coach est très pointu, il ne laisse rien passer. C'est ce qui nous permet de progresser", a souligné Rongier, pur produit de la formation nantaise, arrivé à 7 ans au club.

Il a surtout réveillé une attaque qui marque deux buts par match en moyenne sous ses ordres, alors que depuis son retour en Ligue 1, Nantes n'avait jamais dépassé la moyenne de un but par match sur une saison.

Grâce à lui, les Canaris se sont hissés hors de la zone rouge juste avant la trêve et comptent même un "joker" avec la réception de Caen, reportée au 18 janvier pour cause de brouillard. Un match qui devait être disputé avant l'arrivée de Conceiçao, au plus fort de la crise jaune et verte.

En cas de succès, Nantes pourrait même caresser un rêve européen complètement fou via la Coupe de la Ligue. Avec l'apport de Felipe Pardo, l'ailier colombien sur le point d'être prêté par l'Olympiakos, et d'autres renforts espérés, Sergio Conceiçao a réussi en quelques semaines à redonner à Nantes des raisons d'espérer pour cette deuxième partie de saison, ce qui est déjà en soi un exploit.

0
0