Le chemin vers la Coupe du monde 2006 est toujours long. Mais à mesure que l'on se rapproche de montagne, le sentier paraît bien moins escarpé qu'il y a encore quelques semaines. A un an du grand rendez-vous, l'Allemagne n'est pas aussi loin du compte que beaucoup le laissaient penser. En dix jours de compétition et avant de disputer la petite finale de la Coupe des Confédérations, la Mannchaft a pris de la consistance.
La presse allemande ne s'y est pas trompée. Souvent cassante, elle a tenu à rendre hommage et féliciter ses guerriers au lendemain de la défaite face au Brésil (2-3). Un court revers marqué par l'excellente tenue des hommes de Jürgen Klinsmann durant 75 minutes de jeu. "Gardez la tête haute" a publié Bild am Sonntag avant de lancer un "L'année prochaine, on vous aura " plein de confiance.
Des difficultés à convaincre
Il y a encore quelques mois, on était loin d'un tel optimisme. L'Allemagne traînait sa peine et ses problèmes aux quatre coins de l'Europe. Son Championnat d'Europe avait été catastrophique, ses matches amicaux laissaient sceptiques, son nouveau sélectionneur également. Buteur émérite de l'équipe d'Allemagne durant sa carrière, Jürgen Klinsmann connaissait des débuts difficiles. "Klinsi" était critiqué pour ses choix, son mode de vie (ndlr : Klinsmann habite aux Etats-Unis) et sa philosophie offensive qui n'avait pas convaincu beaucoup de monde avant cette quinzaine.
Pourtant, la greffe de l'esprit offensif a pris. Cette Coupe des Confédérations en est une preuve. Quatre buts face à l'Australie, trois face à la Tunisie et deux contre l'Argentine et le Brésil, les Allemands ont parfaitement assimilé ce que Klinsmann leur demandait. Et ça plait.
L'Allemagne n'a pas les meilleures individualités de la planète mais lorsque le bloc équipe commence à tourner, le onze d'outre-Rhin peut faire très mal. Les fans en sont conscients et quelque chose est en train de se créer autour des triples champions du monde (1954, 1974, 1990). "Le public sent qu'il y a une jeune équipe qui veut réaliser quelque chose, qui veut aller de l'avant, qui prend des risques et les supporters pardonnent lorsque parfois des erreurs sont faites", a déclaré le capitaine Michael Ballack.
A la recherche de la solidité
Mais un écueil se trouve sur la route allemande : le déséquilibre. Les coéquipiers du meneur de jeu du Bayern Munich ne doivent pas renier ce qui a fait leur force tout au long du XXe siècle : la solidité. "La force individuelle des Brésiliens et des Argentins avec le ballon va être difficile à atteindre par nous Allemands, analyse Ballack. Mais nous avons nos vertus et nous les avons fait valoir aujourd'hui: combativité, agressivité, jeu à un rythme élevé et la possession du ballon. " Ballack a raison : l'Allemagne n'est pas le Brésil et a besoin d'une défense solide.
Et pour le moment, ce n'est pas encore ça. Sans pointer du doigt ni s'acharner sur une personne en particulier, on ne peut être convaincu par la performance de Robert Huth. Le géant de Chelsea a réalisé une prestation catastrophique samedi. Entre sa faute grotesque sur Adriano qui a provoqué le penalty brésilien, ses tacles parfois très limites - n'est-ce pas Robinho - et son manque de vivacité, l'arrière central a montré ses limites au plus haut niveau. Certes, il est encore jeune mais son alter ego Per Mertesacker a été plus convaincant. Malgré les progrès, l'Allemagne a donc encore du pain sur la planche. "Nous savons où nous en sommes. Nous sommes depuis des mois sur la bonne voie, mais nous voulons nous rapprocher encore plus de l'élite mondiale."





















