De Lyon, où il s'est éteint, à Nkolo, son lieu de naissance, de Paris à Manchester (City) en passant par Lens, ou Londres, le monde du football n'était que larmes jeudi soir.
Il est 20h30 environ quand le médecin de la Fifa, le docteur Muller, entre en salle de presse dans les entrailles du stade Gerland, à Lyon, pour y délivrer d'une voix infiniment lente la terrible information. "J'ai une très triste nouvelle à vous annoncer. Le joueur Marc-Vivien Foé est mort". Cris de douleur des journalistes camerounais présents dans la salle. Juste au-dessus, les partenaires de Foé, encore sur la pelouse, hurlent leur détresse.
Sans un cri
Les supporters des Lions Indomptables, incrédules ou paralysés par l'effroi, sont pendus au téléphone. Il leur revient ces images terribles de leur idole qui s'effondre dans le rond central, à la 72e minute de jeu. Sans personne autour. Sans un choc, sans un cri. Victime d'un malaise cardiaque dont il ne se relèvera pas.
"Un jour très triste pour le football"
"C'est un jour très triste pour le football, la Fifa et pour la famille du joueur, c'est tout ce que nous pouvons dire pour le moment" précise le médecin officiel, avant d'ajouter : "Marc-Vivien Foé, victime d'un malaise, a été transporté au bloc médical du stade pour être placé en réanimation cardiaque pendant 45 minutes. Cela n'a pas été suffisant et il est décédé (...) Il est encore trop tôt pour déterminer les causes exactes de son décès. Il est vraisemblable qu'il sera procédé à une autopsie".
Les larmes de Coupet
Pendant ce temps, au Stade de France, les Bleus apprennent la nouvelle. Le visage déformé par la tristesse, Grégory Coupet tente de tenir le coup pendant la minute de silence à la mémoire de son pote, Lyonnais lors du 1er titre, la saison dernière. A côté de lui, Thierry Henry laisse couler une douleur que William Gallas ne parvient qu'à grand-peine à contenir. Sur la touche, Jacques Santini pleure un ancien joueur qu'il avait eu sous sa responsabilité pendant deux saisons. "C'est tellement dur pour tous ceux qui l'ont connu, on pense tellement à sa famille...", tentera d'ajouter le coach des Bleus, au micro de TF1 à la fin de la rencontre, entre deux sanglots.
Un roc
Marc-Vivien Foé était un roc. De ceux qui poussaient l'adversaire à faire demi-tour quand il se dressait devant eux. Mais qui les faisait venir autour de lui sitôt le coup de sifflet final. Sa gentillesse était légendaire. Son physique imposant ne cachait pas longtemps sa bonhommie, accentuée par cette voix un peu aigue et touchante.
Milieu de terrain défensif de devoir, ses qualités physiques l'avaient amené à quitter rapidement le Canon Yaoundé, où il avait été sacré champion du Cameroun en 1993. A 17 ans, Guy Roux le rappelait jeudi soir, il s'était présenté avec son père à l'AJA, avant de bifurquer vers Lens. C'est en terre nordiste qu'il avait conquis son premier titre de champion de France, avant de partir pour West Ham, puis de revenir à Lyon, pour y gagner une Coupe de la Ligue en 2001 et un titre de champion en 2002.
Jeudi, c'est sous le maillot des Lions, avec qui il comptait 65 sélections et une Coupe d'Afrique des Nations en 2002, que le destin a préféré le cueillir, à 28 ans, sans dire pourquoi. Un Lion est mort, ce soir.
Marc-Vivien Foé :
Né à Nkolo le 1er mai 1975, 28 ans.
1m90, 85 kg
Club : Manchester City
Palmarès :
. 65 sélections sous le maillot du Cameroun
. Vainqueur de la Coupe d'Afrique des Nations 2002
. Champion de France 1998 avec Lens et 2002, avec Lyon.
. Vainqueur de la Coupe de Cameroun en 1993 (Canon Yaoundé)
. Vainqueur de la Coupe de la Ligue en 2001 (Lyon)
. Finaliste de la Coupe de France en 1998 (Lens)
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