L'intense et longue standing-ovation que réserva le Stade de France à l'image de Marc-Vivien Foé, portée sur le podium de cette Coupe des Confédérations par ses coéquipiers, fut belle. Simplement. Du haut de la tribune présidentielle, Marie-Louise Foé assista à la scène sans bouger. Droite, sublimement digne.
Finalement, au delà du deuil douloureux et partagé de Marc-Vivien Foé, ce Stade de France, qui avait célébré il y a cinq ans l'union des sangs au sein de l'équipe de France Black-blanc-Beur, ne se serait-il pas fixé pour objectif de devenir le stade de l'humanisme ?
Car ce partage du trophée, voulu par Marcel Desailly, cette invitation des Bleus aux Camerounais afin que ces derniers les rejoignent sur l'estrade, et ce tour d'honneur effectué ensemble, mais dans la main, maillots vert-jaune et bleus entremêlés autour de l'immense photo de Marc-Vivien Foé, renvoyèrent au monde entier le reflet d'un monde qui vibre, qui joue, qui souffre ensemble. Et qui peut s'aimer.
Le match
Un match, il y en eut un. Pas forcément palpitant. Mais joué avec vaillance et respect par deux équipes qui n'étaient pas certaines d'avoir envie d'entrer sur la pelouse trois jours après le décès subit du capitaine de route des Lions Indomptables. Entamée avec le frein à main, la première période n'accoucha que d'une action brillante. Servi dos au but, Henry réalisait un coup du sombrero retourné sur son vis-à-vis, puis reprenait en demi-volée sa passe à lui-même pour centrer vers Cissé dont la tête décroisée frôla la lucarne de Kameni (23e). On aurait pu noter également cette reprise d'Idrissou, que Barthez contra avec génie, si le Camerounais n'avait été hors-jeu sur l'action (41e).
Eto'o, le feu follet
Le second acte fut plus alerte, les deux formations ayant évacué leur gêne. Henry mit le feu une première fois (57e), puis le match bascula, en tout cas dans sa physionomie. Samuel Eto'o, qui avait joué, et gagné, la finale de la Coupe d'Espagne la veille en marquant deux buts dans le dernier quart d'heure, lança son festival. Un diable que l'on sort de sa boîte. Un poison qui manqua l'ouverture du score 3 minutes après sur un superbe centre d'Atouba (70e). Mbami, à son tour, tentait le lobe et mettait Barthez en danger, avant qu'Eto'o ne récidive et ne contraigne le portier tricolore à lui jaillir sous le nez (87e). Fin du temps réglementaire.
Henry 22
Finalement, c'est sur un but en or de Thierry Henry que l'équipe de France s'imposa. Sur un long centre en profondeur de Thuram, le Gunner se jetait devant le gardien des Lions et, de la rotule, détournait la balle pour la prolonger au fond des filets, marquer son 4e but de la compétition, son 10e en bleu cette saison et le 22e de sa carrière, ce qui lui permet de se hisser au rang de co-meilleur buteur en exercice des Bleus. Et, pour la 4e fois de son histoire, l'équipe de France s'imposait lors du but en or, exercice de style dans lequel elle ne s'est jamais inclinée."
- Sur ce sujet





















