"C'est cardiaque sûrement, mais on a fait faire des examens complémentaires d'anatomie-pathologie et toxicologiques pour confirmer. Mais on ne peut pas tirer de conclusions", a ajouté le procureur. Un peu plus tôt, Jean-Marcel Ferret, le médecin de l'équipe de France de football, avait estimé pour sa part que ce malaise était a priori "d'origine plus neurologique que cardio-vasculaire". "Une autopsie était en cours ce matin, et on devrait en savoir plus demain (samedi)", a déclaré le docteur Ferret, qui se trouvait au Centre technique national de Clairefontaine-en-Yvelines avec les Bleus et qui est aussi membre de l'encadrement médical de l'Olympique lyonnais, l'ancien club de Foé. "A priori, il a fait un coma de type neurologique", a-t-il ajouté, évoquant comme il l'avait fait, jeudi soir, l'hypothèse d'un accident du type rupture d'anévrisme.
"Quand l'équipe (du Cameroun) est entrée sur le terrain, le joueur avait un bon pouls et une bonne tension. A priori, le malaise n'était pas cardio-vasculaire", a poursuivi le docteur Ferret, précisant que le joueur avait "fait un arrêt cardiaque à l'entrée du cabinet médical" du stade de Gerland. Le docteur Ferret a également affirmé que la polémique naissante sur la prétendue lenteur des équipes de secours était "une fausse polémique": "Il est vrai que les équipes médicales auraient pu entrer (sur le terrain) avant, mais la polémique ne tient pas car en cas de coma de type neurologique, il n'y a rien d'autre à faire que surveiller le pouls, la tension et la ventilation". "A ma connaissance, Marc-Vivien Foé n'avait pas de souci particulier", a ajouté le médecin.
Les dirigeants camerounais ont confirmé vendredi qu'ils n'envisageaient pas de forfait et Roger Milla, ex-joueur emblématique du Cameroun, a expliqué que le match se jouerait "à la mémoire de Marc-Vivien Foé". "Nous avons eu jeudi soir une réunion entre tous les joueurs et les dirigeants. Nous avons décidé de jouer à sa mémoire. Nous sommes tous très mal. C'était notre petit frère. Pour nous, c'est très dur. Il nous manque énormément", a-t-il indiqué. Le président Blatter a rendu visite dans la matinée à l'équipe camerounaise avant d'aller saluer à Lyon la veuve de Marc-Vivien Foé.
Le corps du joueur, décédé dans le bloc médical du stade de Lyon, a été transféré à l'institut médico-légal de la ville dans l'attente de l'autopsie. Le précédent le plus comparable remonte au Tour de France cycliste 1967 avec la mort, dans l'escalade du Mont-Ventoux, du coureur britannique Tom Simpson suite à un arrêt cardiaque. Sous l'effet de produits dopants, il était allé au-delà de ses capacités de résistance. En 1980, un footballeur professionnel français, Omar Sahnoun, avait été terrassé par une crise cardiaque à Bordeaux en plein entraînement.
Parmi les causes évoquées à chaud pour tenter d'expliquer la mort de Foé, certains ont accusé les "cadences infernales" imposées aux joueurs professionnels: compétitions multiples, saisons interminables, manque de temps de récupération entre les matches. L'argument ne semble pas tenir concernant Foé. Lors de la saison 2002/2003 et avant cette Coupe des Confédérations, il a disputé, outre quelques matches amicaux en sélection camerounaise, 38 rencontres avec son équipe, le club anglais de Manchester City.
Un régime raisonnable si on le compare à celui auquel a été soumis le joueur le plus utilisé en Angleterre pendant la même période, le Finlandais Sami Hyypia (Liverpool): 56 matches, toutes compétition confondues. A titre de comparaison, l'un des Français les plus sollicités, Thierry Henry (Arsenal) en a disputé 52 depuis août 2002.
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