Eto'o sera présent
Les Camerounais se présenteront au grand complet pour livrer un hommage vibrant à leur frère tombé lors de la demi-finale face à la Colombie. Même Samuel Eto'o, auteur samedi d'un doublé avec Majorque lors de la finale de la Copa del Rey, fera le voyage pour saluer une dernière fois la mémoire de Foé. Les hommes de Winfried Schäffer arboreront d'ailleurs tous un maillot blanc floqué du nom de l'ancien lensois et lyonnais. Lors de la minute de silence qui sera observée avant le coup d'envoi, les joueurs des deux équipes formeront un cercle autour du rond central en alternant un joueur de chaque nationalité. Enfin, Joseph Blatter, président de la FIFA, remettra à chaque champion d'Afrique une médaille pour Foé à la fin de la rencontre. En revanche, toutes les festivités autour de la finale ont été annulées.
"Nous avons le devoir d'aller au bout"
Lors de leur première conférence de presse depuis le départ de leur coéquipier, les Camerounais sont apparus très accablés mais ont insisté sur la nécessité de disputer cette finale. La victoire sera cependant anecdotique. "Il n'y a plus d'enjeu. Que le Cameroun ou la France gagne, cela ne changera rien au fait que quelqu'un est parti. Mais Marco aurait souhaité aller au bout, et nous avons le devoir de respecter sa mémoire", a expliqué Lucien Mettomo. L'ancien Stéphanois, compagnon de chambrée de coéquipier de Foé à Manchester City, s'est montré particulièrement affecté. "Je continue à parler de lui au présent, a poursuivi Mettomo. Quand je rentre dans ma chambre ou au détour d'un couloir, je me dis que je vais le trouver là. Je n'arrive pas à comprendre qu'il soit parti. Mais nous devons jouer pour respecter sa mémoire, comme sa mère et son épouse nous l'ont demandé. Si on avait renoncé, Marco nous regarderait de là où il est en se demandant: 'Je suis tombé pour quoi ?''".
"Un grand frère"
"La décision de jouer est un signe de respect envers Marco, renchérit Rigobert Song. Cela a été une décision collective, prise avec toute la délégation". En montrant une photo datant de l'époque où lui et Foé jouaient en équipe cadets, la capitaine des Lions a également évoqué la personnalité attachante du milieu de terrain. "C'était un grand frère, quelqu'un de très cool qui ne se prenait pas la tête. Il était mon aîné d'un an, nous avons grandi dans le même quartier et avons partagé beaucoup de choses". "Sa mort est une chose sur laquelle je dois travailler dans ma tête, l'évacuer. Il était très proche de moi" , a tristement conclu le défenseur. Quant à Schäffer, il a reconnu qu'il disputera son "match le plus difficile en tant qu'entraîneur (...) Mais nous allons essayer de faire un grand match pour Marco qui est parti et pour tout le Cameroun".
Les Bleus sous le choc
L'équipe de France sera bien-sûr solidaire de ce dernier hommage comme l'attestent les nombreux appels téléphoniques et faxs envoyés à leurs adversaires d'un soir. La plupart des Tricolores ont en effet côtoyé Marc-Vivien Foé en France, lorsqu'il évoluait à Lens puis Lyon, ou en Angleterre. "Il aurait aimé que l'on soit sur la pelouse", a ainsi estimé Marcel Desailly. Mikael Silvestre renchérit pour sa part : "Foé était un grand compétiteur et la meilleure façon de lui rendre hommage, c'est de jouer cette finale à fond". Le défenseur de Manchester United s'était pourtant interroger sur la nécessité de disputer cette finale : "Je ne sais pas si c'est un hommage de disputer la finale, il y a des impératifs qui nous dépassent. Si c'est seulement les impératifs commerciaux qui imposent de jouer cette finale, c'est aberrant. Mais si les Camerounais le veulent, c'est avec un énorme plaisir que j'irai sur le terrain".
Les Lions ont décidé seuls de jouer
Les Camerounais ont toutefois tenu à préciser qu'ils avaient bien pris seuls la décision de jouer la finale, mettant fin aux rumeurs de pression de la FIFA. Lucien Mettomo a simplement trouvé Joseph Blatter "maladroit" lorsque ce dernier a déclaré que le match se jouerait bel et bien sans avoir consulté les Camerouais. "Mais j'apprécie qu'il soit venu nous voir, ainsi que la famille de Marco", a-t-il pourtant concédé avant de réaffirmer que "s'arrêter là aurait été un acte de trahison envers Marco qui est tombé les armes au poing".





















