GALLAS ET ABIDAL SE CHERCHENT
La charnière centrale mise en place par Raymond Domenech peut être perçue comme le point faible de l'équipe de France. A 32 ans, William Gallas n'est pas encore cuit. Mais il n'est plus le stoppeur de classe mondiale sur lequel les Bleus pouvaient compter lors de la Coupe du monde 2006. Son état de forme est une inconnue qui attise les spéculations après deux blessures musculaires au mollet, et ses toutes récentes sorties prématurées à l'entraînement. Sa participation à l'épreuve sud-africaine a longtemps été remise en question. Il n'est pas plus une référence mondiale aujourd'hui que son partenaire Eric Abidal. Depuis son départ de Lille en 2004, "Abi" a été décalé en position d'arrière gauche, à Lyon et à Barcelone. Il n'a pas forcément tous ses repères dans l'axe, où sa vitesse est un atout qui ne fait que compenser quelques lacunes (placement, concentration). Cette charnière n'a été alignée qu'à sept reprises et son manque d'automatismes pourrait coûter cher. Derrière, Sébastien Squillaci, longtemps blessé cette saison, et Marc Planus, inexpérimenté à ce niveau, manquent aussi d'épaisseur internationale.
ESPAGNE, BRESIL ET ARGENTINE TRES GAILLARDS
On gagne rarement une Coupe du monde sans une grande défense centrale. Et les favoris désignés pour l'épreuve sud-africaine ne manquent pas d'arguments dans ce domaine. L'Espagne peut s'appuyer sur la charnière du FC Barcelone, Puyol-Piqué, la plus imperméable de Liga avec 24 buts encaissés. Un duo solide et complémentaire qui a fait ses preuves ces deux dernières saisons. Carlos Marchena, invaincu avec la Roja, constitue une bonne solution de rechange. Le Brésil est bien armé lui aussi. Lucio (Inter) et Juan (Roma) sont titulaires au sein des deux meilleures équipes de Serie A italiens, et leur association est d'une efficacité remarquable en Seleçao. A tel point que Luizao (Benfica) a été poussé vers le banc. Il était pourtant titulaire lors de la Coupe des confédérations 2009 remportée par les Brésiliens et a été sacré champion du Portugal. Enfin, l'Argentine présente elle aussi l'une des meilleures charnières du tournoi. Si Martin Demichelis (Bayern) et Walter Samuel (Inter) ne sont pas les défenseurs les plus rapides du monde, ils font partie des plus solides. La complémentarité et l'expérience de cette doublette en font l'une des plus fiables du plateau, sur le papier en tout cas.
LES OUTSIDERS MIEUX ARMÉS QUE LES BLEUS
Ces trois nations ne sont pas les seules à offrir plus garanties que la France. Les Anglais John Terry (Chelsea) et Rio Ferdinand (Manchester United) sont des références au poste. Seul leur état de forme pose question. Au Portugal, l'inconnue concerne Pepe, blessé la quasi-totalité de la saison. S'il revient en forme au bon moment, son association avec Bruno Alves (Porto) aura certainement de quoi séduire. Vieillissante, la paire italienne Cannavaro-Chiellini présente l'avantage de ses automatismes, même si elle sort d'une saison compliquée avec la Juventus, seulement septième de Serie A. Ça semble quand même plus solide que Gallas-Abidal. La question peut se poser pour la doublette néerlandaise Heitinga-Mathijsen, également considérée comme le point faible des Pays-Bas. La lenteur des deux joueurs avait été pointée du doigt lors de la défaite en quart de finale de l'Euro 2008. Mais elle a au moins l'avantage de ce vécu au moment d'aborder la Coupe du monde en Afrique du Sud. Globalement, la défense centrale des Bleus parait un cran en dessous des autres favoris, à part peut-être celle de l'Allemagne (Mertesacker-Friedrich).



AFP





















