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Football - Coupe du monde

Cinq joyaux au scanner

Allemagne, Argentine, Brésil, Espagne, Pays-Bas (par ordre alphabétique) sont les cinq "grandes nations" encore en lice pour gagner la Coupe du Monde. Toutes ont des raisons d'y croire. Toutes soulèvent des interrogations. Nous avons tenté de les cerner, à 48 heures du début des quarts de finale.

 
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ALLEMAGNE

Ce qu'elle a montré : Son jeu toujours porté vers l'avant (9 buts) et sa rigueur défensive (seulement 2 bus encaissés) font merveille. Seule véritable sélection à être entrée très vite dans la compétition, elle n'a pas traîné son accident contre la Serbie (0-1) comme un boulet. Son réalisme et sa maîtrise collective face aux Anglais ont aussi impressionné.
Ce qui lui manque : Une véritable star, au même titre que Messi, Kaka ou Robben. Un Ballack sans doute. Son collectif est tellement performant qu'aucune individualité aussi talentueuse ne se dégage. A moins qu'Özil accélère encore...
Hommes en forme / maillons faibles : Avec déjà trois buts à son actif, le jeune Thomas Müller (20 ans) explose. Lukas Podolski, omniprésent sur son côté gauche, ainsi que Miroslav Klose, qui en est à 12 buts inscrits en trois Coupes du monde, ne sont pas loin. Seul bémol, le poste de gardien. Titulaire par défaut, Manuel Neuer n'a pas vraiment rassuré lors de ses premières sorties.
Match-référence : Allemagne-Angleterre (4-1). Dans cette rencontre, les Allemands ont souffert certes, ils ont eu de la chance aussi (avec le but refusé à Lampard), mais ils ont surtout fait preuve d'une incroyable solidarité pour résister dans les mauvais moments, avant d'enfoncer le clou quand il fallait. Un chef d'oeuvre de démonstration collective.
Bilan : Malgré l'absence de son leader, Michael Ballack, forfait de dernière minute et remplacé à merveille dans son rôle par Bastian Schweinsteiger, l'Allemagne apparaît toujours aussi forte que dans ses meilleures années. Sa jeunesse ne l'empêche pas d'être favorite, au même titre que les plus expérimentés Brésil, Espagne et Argentine.

Cinq joyaux au scanner - Football - Coupe du monde ARGENTINE

Ce qu'elle a montré : Une force de frappe impressionnante avec 10 buts dont quatre de Gonzalo Higuain et deux de Carlos Tevez. En cas de coup dur, elle peut compter sur Sergio Aguero et Diego Milito qui, s'ils n'ont pas marqué, sont bien plus que des remplaçants de luxe.
Ce qui lui manque : Le Messi du Barça. Face au Mexique (3-1), il a disputé son plus "mauvais match", toute proportion gardée. Il n'a pas trouvé le chemin des filets, mais a grandement influencé le jeu de l'Albiceleste. S'il était aussi décisif et efficace qu'en Catalogne, l'Argentine pourrait voir loin.
Hommes en forme / Maillons faibles : Gonzalo Higuain a mis 4 buts de renard des surfaces. Toujours utile dans les matchs couperets. Point faible? Le gardien. Sergio Romero. Deux buts encaissés, seulement certes, mais cinq arrêts depuis le début de la compétition. Que vaut-il vraiment? Et aux tirs aux buts?
Match-référence : Corée du Sud (4-1). Un match maitrisé où l'Argentine a su endormir son adversaire pour mieux porter l'estocade.
Bilan : L'Argentine tourne bien. C'est sans doute celle qui a fait la meilleure impression jusque-là (4 victoires). Problème, elle n'a pas encore affronté de très gros calibres et les meilleures formations du premier tour sont rarement celles qui brillent dans les matchs couperets. Face à l'Allemagne, on verra ce que l'Albiceleste a vraiment dans le ventre. Et Messi, aussi.

Cinq joyaux au scanner - Football - Coupe du monde BRESIL

Ce qu'il a montré : Solidité, puissance, réalisme et efficacité. C'est la patte Dunga. Elle ne plaît pas aux amoureux de la Seleçao mais c'est celle qui permet d'aller loin. Face au Chili et la Côte d'ivoire, c'était flagrant: six tirs cadrés, trois buts. A chaque fois. Question défense, le Brésil est la formation qui a le plus taclé juste derrière l'Algérie, selon les statistiques FIFA.
Ce qui lui manque : Un soupçon de joga bonito? Oui, pour les puristes. Mais plutôt une frayeur. Comment réagira cette équipe dos au mur, menée?
Hommes en forme / maillons faibles : C'est une Coupe du monde bizarre pour Kakà. Un carton rouge, de la nervosité mais trois passes décisives malgré tout. Son entente avec Luis Fabiano rappelle celle qu'ils avaient à Sao Paolo. Robinho est aussi dans tous les bons coups. Un tryptique qui fonctionne. Côté déception, Michel Bastos pâtit de la comparaison avec le côté droit où Maicon et Alves sont hors-catégorie.
Match-référence : Côte d'Ivoire (3-1). Après le petit succès sur la Corée du Nord (2-1), le Brésil rassure. Des buts, de la maîtrise et un message lancé aux autres formations. Certains voyaient les Ivoiriens inquiéter la Seleçao. Ils n'ont pas existé.
Bilan : Le Brésil monte en puissance. Moins impressionnante que l'Allemagne ou l'Argentine, la Selaçao est solide et brillante à sa façon. C'est de cette façon qu'elle a gagné l'édition 1994 avec Dunga comme capitaine. Même si on l'oublie, la réalité est là : la moitié des joueurs est capable de faire la différence sur un exploit individuel.

ESPAGNE

Cinq joyaux au scanner - Football - Coupe du monde Ce qu'elle a montré : L'Espagne n'a pas paniqué après sa défaite face à la Suisse (0-1). Ensuite, face à elle, toutes les équipes ont défendu à dix ou presque et elle a pourtant trouvé la faille à chaque fois. Et sans s'énerver (un seul carton jaune en 4 matchs).
Ce qui lui manque : De la fraîcheur. Beaucoup de joueurs, notamment les Barcelonais, cherchent de jus. Il faut dire que depuis deux ans, ils enchaînent les longues saisons européennes et les compétitions internationales (Euro, Coupe des Confédérations) sans vacances ou presque.
Hommes en forme /Maillons faibles : David Villa, auteur de quatre buts, est le leader de l'équipe, alors que Vicente del Bosque s'obstine à le placer à gauche de l'attaque et à faire jouer Fernando Torres, le maillot faible. El Nino, qui revient de blessure, ne pèse pas sur le jeu. Inexistant.
Match-référence : Chili (2-1). Après une défaite et une victoire sans la manière, l'Espagne était au pied du mur pour se qualifier. Elle a bien géré pour s'adjuger la première place et éviter le brésil dès les huitièmes.
Bilan : Les champions d'Europe ne dominent pas outrageusement comme ils nous y avaient habitués depuis deux ans. On sent que la saison a été longue, mais heureusement la qualité individuelle fait la différence. Cela pourrit suffire pour écarter le Paraguay. Après, viendra l'Allemagne ou l'Argentine. Et là...

PAYS-BAS

Cinq joyaux au scanner - Football - Coupe du monde Ce qu'ils ont montré : De la solidité, et une faculté à faire la différence dès qu'elle accélère le jeu. La recette a été indigeste pour tous les adversaires. Quatre matches, quatre victoires, comme l'Argentine.
Ce qui lui manque : Selon les nostalgiques, de la folie par rapport au talent dont elle dispose en attaque, même si les stars néerlandaises répondent présent. Dans le jeu, ceux qui espéraient un "football total" dans la lignée des années Cruyff restent sur leur faim. Mais les Oranje n'ont jamais été inquiétés jusqu'ici : ils n'ont pas eu à forcer leur talent.
Hommes en forme /Maillons faibles : Wesley Sneijder, dans la foulée de sa magnifique saison à l'Inter, est impeccable dans son rôle d'organisateur, avec en plus deux buts décisifs face au Japon (1-0) et à la Slovaquie (2-1). Arjen Robben, blessé en début de compétition, ne semble pas avoir perdu son rythme (but face à la Slovaquie, 2-1). Dirk Kuyt s'est rendu indispensable par son abattage, et Eljero Elia dans son rôle de joker. En revanche, Rafael van der Vaart n'est pas au niveau de ses coéquipiers offensifs. La défense, qu'on attendait comme le point faible des Néerlandais, a par ailleurs donné satisfaction jusqu'ici. Tout comme le gardien Martin Stekelenburg.
Match-référence : Pays-Bas-Slovaquie (2-1). Un match bien contrôlé, un coup de génie de Robben, et un but de Sneijder sur une belle inspiration de Kuyt. Idéal pour entamer le deuxième tour du Mondial.
Bilan : Un parcours plus discret, mais comparable à celui des Argentins, une efficacité à l'image de celle du Brésil, sans la pression des cinq titres de champion du monde à porter. Les Pays-Bas ont confirmé jusqu'ici leur statut de sérieux outsider. Celui de favori attend les Oranje s'ils prennent un virage victorieux en quart face aux Brésiliens dans la partie la plus abordable du tableau final, sur le papier en tout cas.

 
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