Raymond Domenech a le droit de penser que son métier consiste d'abord et avant tout à gérer à la file les tuiles, les imprévus, les impondérables, et pour tout dire les emmerdements. Il n'aura pas tort. Si le forfait soudain de Lassana Diarra pour la Coupe du monde n'a pas le même impact que l'absence contrainte de Michael Ballack en Allemagne, par exemple, elle lui impose de réfléchir très vite à l'avenir de sa liste des vingt-trois et de son équipe-type. Actuellement à Tignes, où il avait d'abord retenu vingt-quatre joueurs, le sélectionneur est armé pour pallier le forfait de Gallas en défense centrale. C'est l'un de ses titulaires indiscutables au milieu qu'il s'agit de remplacer.
Samedi soir, le sélectionneur national s'est exprimé sur le sujet. Sur le site internet de la FFF, Domenech a confié qu'il était "dans la réflexion, ça vient d'arriver. C'est difficile de dire "dès qu'un joueur s'en va, on en prend un autre". On pèse le pour et le contre. On a encore quelques jours. Pour moi, il y a toujours la place de "Lass", c'est difficile d'effacer ça du jour au lendemain, sans prendre le temps de réfléchir". Qui dit réflechir, dit peser les différentes options qui s'offrent à lui. Elles sont au nombre de trois.
Option N.1 : ne rien changer
Diarra rentré, le groupe tricolore est de facto réduit à vingt-trois joueurs, exactement le nombre d'éléments retenus pour la Coupe du monde. Si Gallas confirme que son mollet répond, il n'y aurait pas de scandale, juste un défenseur de plus par rapport à la liste initiale, c'est-à-dire huit... comme Domenech l'avait décidé en 2006 et 2008. Marc Planus et Sébastien Squillaci cohabiteraient, simplement, au lieu de s'éliminer. L'impact direct de ce choix, c'est que Jérémy Toulalan serait condamné à évoluer au milieu. C'est son poste naturel, mais cela se heurte à l'air du temps, qui faisait de lui un défenseur central possible. Avec A. Diarra et Diaby, ils seraient trois récupérateurs disponibles, pour deux places a priori dans l'équipe-type. Sur le papier, Gourcuff est susceptible d'être le quatrième, mais rien jusqu'ici n'a montré que Domenech comptait sur lui dans ce registre. La seule situation dans laquelle le statu quo ne poserait pas le moindre souci de ''ressources'' serait d'évoluer dans un 4-4-2 en losange offensif avec un seul récupérateur (Toulalan ou A. Diarra), deux milieux relayeurs assez offensifs (Gourcuff, Malouda ou Ribéry), derrière une ligne de trois attaquants (Govou ou Valbuena, Anelka ou Gignac, Henry).
Option N.2 : Rappeler Yann Mvila
Le règlement manque de limpidité. A la lettre, Domenech ne peut piocher, jusqu'au 1er juin, que parmi sa liste de trente délivrée le 11 mai. Mais la FIFA dit aussi qu'un "joueur blessé" peut être remplacé par n'importe qui. Malade, Diarra appartient évidemment à cette catégorie, mais il n'est pas précisé formellement que cet l'emporte sur celui qui limite les choix à la liste des trente. S'il n'entend courir le risque, et s'il veut procéder à un remplacement poste pour poste assez naturel, Domenech se reportera sur Yann M'Vila, 19 ans, aucune sélection, la grande surprise de la liste initiale. Le Rennais se trouve actuellement en Argentine avec l'équipe de France Espoirs. Il est mobilisable à tout moment. Parmi les autres bannis (Landreau, Fanni, Briand, Rami et Ben Arfa) aucun n'a le profil pour combler ce trou, même avec un jeu de chaises musicales aux autres postes aujourd'hui bien difficile à imaginer. Tout juste le sélectionneur peut-il convoquer Rami s'il a toujours un doute énorme sur le mollet de Gallas, mais ce serait pour éviter de se retrouver subitement à vingt-deux. Et ce n'est pas le sujet...
Option N.3 : Mobiliser un réserviste...
Vieira, Flamini, Mavuba, Cheyrou, même Nasri, tout est envisageable si le sélectionneur acquiert la certitude, de la part du service juridique de la FFF, qu'il a le droit de remplacer L. Diarra par qui il veut à tout moment avant le 1er juin. Cela poserait un gros problème de cohérence vis-à-vis de M'Vila, mais Domenech a déjà eu des agissements étonnants pendant la phase de qualification, titularisant par exemple des appelés de dernière minute (Boumsong, Luyindula). Il est probable que la mise en oeuvre d'une telle solution prendrait un peu de temps. Il s'agit de rassembler toutes les garanties et d'évaluer le risque consistant à convoquer un joueur ''décroché'' suite à sa déception initiale.



DPPI






















C'est maintenant qu'il y pense juste avant le début du Mondial ! quel tocard !Le 23/05/2010 à 21:06
Désolé pour ce pauvre Lass qui va regarder la coupe du Monde à la TV, mais ça laisse de l'espoir pour voir CHEYROU enfin pris pour la coupe du monde.
Pourquoi Cheyrou?
Soyons clair, domenech semble clairement reconsidéré son systèeme de jeu et tente le 4/3/3.
Dans un tel système Cheyrou aura sa place devant Toulan bien plus que Diaby car Cheyrou est un VRAI relayeurLe 23/05/2010 à 00:11
La deuxième c'est de ne plus jamais revenir.Le 22/05/2010 à 23:23