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Equipe de France : Ayez confiance en Deschamps

Ayez confiance en Deschamps

Le 11/10/2017 à 19:59Mis à jour Le 12/10/2017 à 11:24

COUPE DU MONDE 2018 - L’équipe de France s’est qualifiée pour la Coupe du monde, mardi en battant la Biélorussie (2-1). La soirée, loin d’être festive, aura globalement été à l’image de la campagne de qualification des Bleus. Inégale et souvent décevante. Faut-il brûler DD pour autant ? La réponse est non. Voilà pourquoi.

Voilà, c'est fait. Et c'est une bonne chose : l'équipe de France verra la Russie l'été prochain. Les Bleus disputeront une sixième Coupe du monde d'affilée et c'est bien là l'essentiel. Oui, l’essentiel. Voire même un peu plus que cela si l’on n’a pas la mémoire trop courte : pour la première fois depuis huit ans, les Tricolores n'auront pas à se coltiner un barrage au mois de novembre. Pas d'Irlande. Pas d'Ukraine. Pas de frisson. Pas de trouille non plus. Et, personnellement, ça ne me manquera pas.

Alors oui, les vice-champions d'Europe n'ont pas rendu des copies hyper sexy depuis la finale perdue de l'Euro. Personne n'ira avancer le contraire et surtout pas Didier Deschamps, qui ne peut être exonéré de la tournure des événements et de la qualité de jeu de ses ouailles. Le sélectionneur de l'équipe de France a réussi sa mission sur le fond : qualifier les Bleus. Sur la forme ? Bien moins. Mais pour DD, le football n'est pas un divertissement. Et, à défaut d'être le cadet de ses soucis, cela ne l'empêche pas de dormir.

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On pourrait écrire un livre sur les campagnes de qualification des Bleus. De tout temps, elles ont ressemblé à des montagnes russes et, surtout, rarement dit grand-chose de la suite. Vous en voulez une preuve ? Sans remonter aux calendes grecques, voici le bilan des vingt-cinq dernières années.

  • Euro 1992 : qualifications parfaites mais élimination au premier tour.
  • Euro 1996 : qualifications longtemps poussives, demi-finale.
  • Euro 2000 : qualifications poussives (remember Andorre et Islande), tournoi exceptionnel.
  • Euro 2004 : qualifications parfaites, quart de finale.
  • Coupe du monde 2006 : qualifications compliquées, finale.
  • Euro 2008 : néant sur toute la ligne.
  • Coupe du monde 2010 : néant abyssal.
  • Euro 2012 : qualifications réussies, quart de finale.
  • Coupe du monde 2014 : qualifications moyennes, quart de finale.

On pourrait aussi parler des deux années d'amicaux qui ont précédé les Coupes du monde 1998 et 2002. Et comparer les prestations des Bleus avec les résultats lors des tournois qui ont suivi. Pendant les qualif' de l'Euro 2000, Roger Lemerre était plus que contesté alors qu’il dirigeait l’une des plus belles armées de l’histoire du foot français. La suite lui a été plus favorable. Et sa revanche, savoureuse.

Roger Lemerre Didier Deschamps Euro 2000

Roger Lemerre Didier Deschamps Euro 2000AFP

DD est responsable de l'évolution de son équipe

Tout ça pour dire que la vérité d'avant-tournoi est rarement celle de la compétition. Une Coupe du monde est l'histoire d'une dynamique qui s'étend bien plus souvent sur un mois que sur une aventure au long terme. Parce que la vie d'une sélection n'est pas linéaire. Parce que sa légende s'écrit lorsqu'elle se retrouve au pied du mur et aux abords des rendez-vous estivaux qui sont son unique raison d'être. On peut progresser avant une compétition mais cela n’est jamais une garantie pour la suite.

En quoi cela exempte-t-il DD des prestations incolores des Bleus ? En rien. Le sélectionneur reste le responsable de l'évolution de son équipe et du (non-)jeu proposé. Mais cela aide à relativiser. Le juge de paix, c'est le Mondial. Pas avant. Didier Deschamps a ouvert sa sélection à la jeunesse, ce que personne ne pourra contester, il doit maintenant réussir à assembler les pièces d'un puzzle qui prendra forme au mois de juin. Avant, c'est tout sauf une sinécure. Et jusqu'au coup d'envoi du Mondial, les seuls perdants d'une stagnation ou d'un recul bleu seront les joueurs, qui jouent plus gros que l’équipe.

Corentin Tolisso, Antoine Griezmann

Corentin Tolisso, Antoine GriezmannGetty Images

Depuis son arrivée au poste de sélectionneur, Didier Deschamps a globalement atteint ses objectifs. Il a un quart de finale de Coupe du monde et une finale d'Euro à son actif. Le patron des Bleus sait gérer une phase finale. Néanmoins, beaucoup d'observateurs et de supporters en veulent plus, qualitativement parlant. C'est un droit qui ne se conteste pas. Mais ce n'est pas une raison pour tout remettre en cause.

"Je ne suis pas borgne ou aveugle", a-t-il expliqué en conférence de presse mardi soir. Didier Deschamps en tête sait que la production bleue est insuffisante pour espérer gagner le Mondial et, aujourd'hui, place ses ouailles derrière un petit groupe de meneurs, dont l'Allemagne, l'Espagne et le Brésil font partie. Il aurait probablement pu ajouter que l’identité de jeu des Bleus est de ne pas en avoir. La France ressemble à DD, elle est pragmatique, un qualificatif qui va finir par être usurpé tant il a été utilisé pour le qualifier. Mais c’est ainsi. En qualifications, le pragmatisme est un défaut. En Coupe du monde ou à l’Euro, ça ressemble souvent à une qualité. On en reparlera en juillet.

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